5ème

 

Sebastianus: Usurpateur romain vers 412/413 - Conan Mériadec: Roi légendaire de la Bretagne romaine - Taurin d'Évreux : Évêque et évangélisateur d'Évreux - Léontia Porphyrogénète - Korioun dit Skantchéli ou L'Admirable : Religieux et historien arménien - Pierre l'Ibère : Moine d'origine ibère - Vahram V ou Bahram V Gour : Roi sassanide de Perse de 420 à 438/439 - Veh Mihr Chapour ou Vêh Mihr Châhpouhr : Seigneur iranien-Premier marzbân d'Arménie de 428 à 442 - Hovsep 1er de Holotsim ou Joseph 1er de Holotsim : Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 439/440 à 452 - Châhpûhr de Perse ou Shāpur : Roi d'Arménie de 415 à 421 - Marutha ou Maruthas de Maïpherkat : Évêque, diplomate et écrivain religieux - Mar Isaac : Catholicos de Séleucie et Ctésiphon de 399 à 411 - Mar Ahhaï, Abda ou Aba : Catholicos de Séleucie et Ctésiphon de 411 à 415 - Abdas de Suse : Évêque de Suse en Perse - Mihr Narseh : Grand vizir de l'Empire sassanide - Yazdgard II ou Yazdegerd II : Roi sassanide de Perse de 438 à 457 - Ardabur (fils d'Aspar) dit Ardabur Iunior : Général byzantin - Léonce (usurpateur) : Général de l'Empire romain d'Orient - Khosro l'Usurpateur - Péroz 1er : Empereur sassanide de Perse de 457 à 484 - Giout d'Arahez ou Giout Arahezatsi : Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 461 à 478 - Rufius Antonius Agrypnius Volusianus : Proconsul d'Afrique en 413/414-Préfet du prétoire-Préfet urbain de Rome de 417 à 418-Préfet de Constantinople - Thorismond : Roi des Wisigoths de 451 à 453 - Ildegonde ou Hildegonde de Cologne - Hermias d'Alexandrie : Philosophe néoplatonicien - Domninos de Larissa : Mathématicien helléniste juif syrien - Marinos de Néapolis : Philosophe néo-platonicien - Simplice dit Saint Simplice : Pape du 3 mars 468 au 10 mars 483 - Gélarith : Roi des Vandales et des Alains d'Afrique - Godard de Rouen dit Saint Godard : Évêque de Rouen - Éleuthère de Tournai ou Saint Éleuthère - Gento ou Genzon - Ostrogotho - Gunthamund ou Gundamund : Roi des Vandales et des Alains d'Afrique de décembre 484 à 496 - Eugène de Carthage dit Saint Eugène : Évêque de Carthage de 480 à 484 et de 487 à 495 - Deogratias de Carthage : Évêque de Carthage sanctifié du milieu du 5ème  siècle - Victor de Vita : Évêque en Byzacène - Théudric - Gondemar 1er : Prince burgonde - Thraustila (roi) : Roi des Gépides de la seconde moitié du 5ème siècle et du début du 6ème - Patrice (fils d'Aspar) ou Flavius Julius Patricius : Homme politique de l'Empire romain - Pamprépios : Homme politique-Poète Sainte Nonne ou Mélarie de Dirinon : Sainte bretonne mythique de l'Armorique - Vakhtang 1er d'Ibérie ou saint Vakhtang Gorgasali : Roi d'Ibérie - Al-Mundhir ibn al-Nu'man : Septième roi lakhmide de 418 à 461 - Mar Dadisho 1er dit  Dadicho 1er : Catholicos de l'Église de l'Orient de 421 à 456 - Vasak de Siounie ou Vasak Siouni : Prince de Siounie de 410 à 452-Second marzbân d'Arménie de 442 à 452 - Théodose le Cénobiarque ou Théodose le Grand : Fondateurs du monachisme oriental - Mélité de Manazkert ou Mélité Manazkertsi-Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 452 à 456 - Paulin de Milan - Ildut ou Iltud dit Ildut de Llantwit : Moine breton - Ereuleva Karaton ou Aksungur : Considéré comme le premier roi des Huns de 412 à 422 environ - Einion Yrth ap Cunedda dit Einion ap Cunedda : Roi de Gwynedd - Cunedda ap Edern dit Cunedda : Roi breton guerrier du pays des Gododdin - Nicomachus Flavianus le jeune : Fonctionnaire romain-Préfet de Rome-Grammairien - Suren Pahlav : Noble iranien de la famille Suren - Flavius Ardaburius Senior dit Ardaburius ou Ardabur le Vieux : Général romain sous le règne de Théodose II-Consul en 427 - Erménéric ou Hermenericus : Homme politique de l'Empire romain - Gondicaire ou Gonthaire : Roi des Burgondes de Gaule romaine de 413 à 437 - Brigitte d'Irlande dite Sainte Brigide d'Irlande ou Brigide de Kildare - Hormizd III : Roi sassanide d'Iran ayant régné de 457 à 459 - Jean le Scythe : Général et politicien de l'Empire romain d'Orient - Raham Mihran : officier militaire iranien de la Maison de Mihran - Sukhra ou Sufaray : Noble iranien de la maison de Karen - Chahpouhr Mihran : Général iranien membre de la maison des Mihrān - Sahak II Bagratouni : Prince arménien de la famille des Bagratides-Marzban d'Arménie de 481 à 482 - Flavius Apallius Illus Trocundes : Homme politique de la Rome antique-Consul pour l'Orient en 482 - Jean Stobée ou en latin Ioannes Stobaeus : Doxographe et compilateur grec de l'Antiquité - Chahpouhr de Reyy : Général iranien - Varsken de Gogarène : Vice-roi  de Gogarène - Adhour Gouchnasp ou Adhur Gouchnasp : Seigneur iranien du royaume sassanide de Perse-Quatrième marzbân d'Arménie de 465 à 481 - Philoxène de Mabboug : Evêque syrien monophysite - Hovhannès 1er Mandakouni : Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 478 à 490 - Lazare de Pharbe ou Ghazar de Pharbe : Religieux et historien arménien - Moïse 1er de Manazkert ou Movsès 1er Manazkertsi : Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 456 à 461 - Anicia Juliana : Grande aristocrate romaine - Flavius Areobindus Dagalaiphus : homme politique de l'Empire romain - Pierre le Foulon : Premier patriarche miaphysite d'Antioche - Reine Pédauque : Reine mythique - Claudius Rutilius Namatianus dit Rutilius Namatianus : Poète et homme politique latin du début du 5ème siècle - Téodegonde Amalasunta des Amales dite Téodegonde Amalasunta : Reine des Wisigoths - Timothée II d'Alexandrie dit Timothée Élure : Patriarche d'Alexandrie des monophysites de mars 457 à janvier 460 et de 475 à 477 - Tonantius Ferreolus (préfet) : personnage important de la Gaule du 5ème siècle - Masties ou Mastiès : Chef militaire (dux) et tribal berbère - Asclépiodote d'Alexandrie : Philosophe grec néoplatonicien de la seconde moitié du 5ème siècle - Caecina Decius Maximus Basilius : Homme politique romain - Blossius AEmilius Dracontius dit Dracontius : poète latin chrétien de la fin du 5ème siècle - Fulgence de Ruspe : évêque de la ville de Ruspe - Quodvultdeus de Carthage : Evêque de Carthage et père de l'Église nord-africain du 5ème siècle - Loup de Soissons ou saint Loup - Ceredig ap Cunedda dit aussi Xanthus : Fondateur du royaume gallois de Ceredigion - Balenduxt ou Balendoukht : Princesse sassanide-Reine d'Ibérie -

Coel Hen ou Coel le Vieux ou l'Ancien : Roi semi-légendaire de l'île de Bretagne, avant l'invasion saxonne - Ardaric : Roi des Gépides - Pitzia, Pitza : Chef militaire ostrogoth-Général du roi Théodoric le Grand - Chouchanik ou Shoushanik : Sainte et une martyre chrétienne de l'Arménie médiévale - Chrysaphios : Eunuque - Proclus de Constantinople : Patriarche de Constantinople de 434 à 446 - Mithridate ou Mihrdat V d'Ibérie : Roi d'Ibérie de la dynastie des Chosroïdes ayant régné de 435 à 447 - Al-Nu'man I ibn Imru 'al-Qays dit al-A'war ou le borgne ou le vagabond : Roi des Arabes Lakhmide de vers 390 à 418 - Adhour Hordmidz ou Adhur Hordmidz : Troisième marzbân d'Arménie, de 452 à 465 - Yéghichê ou Élisée : Historien arménien - Sabas le Sanctifié - Bican Farchog de Bretagne : Prince de Bretagne - Arthur Pendragon dit le Roi Arthur - Frédébal : Roi des Vandales du début du 5ème siècle - Paladius Rutilius Taurus Emilianus dit Palladius - Musée le Grammairien dit le Grammairien : Poète égyptien de langue grecque - Jacques de Saroug : Évêque syrien et écrivain religieux Olympiodore de Thèbes : Historien grec - Cadwallon Lawhir ap Einion dit Cadwallon ap Einion : Roi de Gwynedd - Meirion : Roi de Meirionydd vers 490 - Gwawl  ou Gwawl Fab Clut dit Gwawl fils de Clut - Vortigern : Roi de l’île de Bretagne du 5ème siècle - Flavius Plintha : Homme politique de l'Empire romain - Patrick d'Irlande dit saint Patrice ou saint Patrick : Saint semi-légendaire - Saint Pammaque ou Pammaque : Sénateur romain - Dubrice de Llandaf dit Dubrice : Premier évêque de Llandaf - Zarmihr Karen : Général iranien - Valash ou Balash : Empereur sassanide d'Iran de 484 à 488 - Pothin : Évêque de Sirmium en Pannonie - Ambrosius Aurelianus ou Ambroise Aurélien : Chef de guerre breton du Haut Moyen Âge - Brieuc ou Brioc : Moine breton - Oreste (préfet d'Alexandrie) - Saint Magloire - Conall Gulban : Roi Irlandais - Gennade 1er de Constantinople : Patriarche de Constantinople d'août-septembre 458 au 20 novembre 471 - Aršouša de Gogarène : Vitaxe (vice-roi) de Gogarène - Hmayeak Mamikonian : Général arménien de la famille des Mamikonian - Vahan 1er Mamikonian -

 

Babgen d'Otmous (mort en 515/516)

Catholicos de l'Église apostolique arménienne de 490/491 à 515/516

 

Babgen est originaire du village d'Otmous* (ou Othmous), dans le canton de Vanand* (région de Kars, nord-ouest de l'Arménie médiévale).

 

Il succède en 490 ou 491 au catholicos Hovhannès 1er Mandakouni. Comme ce dernier, il collabore étroitement avec le marzpan* Vahan Mamikonian.

 

Babgen est principalement connu pour avoir convoqué le premier concile de Dvin* en 505/506, qui réunit à Dvin*, le siège catholicossal*, des évêques arméniens, ibères* et albaniens*. La raison de cette convocation n'était pas la réception de l’Henotikon* de l'empereur byzantin Zénon en 482, alors que l'Église arménienne et l'Église byzantine sont toujours en communion, mais de parer aux changements récents dans l'Église de l'Orient, à savoir l'introduction du nestorianisme* par Barsauma.

 

Babgen a pour successeur Samuel d'Ardzké en 515 ou 516

 

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Nina G. Garsoïan, L'Église arménienne et le grand schisme d'Orient, Louvain, Peeters, coll. « Corpus scriptorum Christianorum Orientalium » (no 574), 1999, 631 p. (ISBN 978-90-429-0674-7)

 

Tonantius Ferreolus (sénateur) ou Tonance II Ferréol (vers 450-517)

Aristocrate et sénateur gallo-romain

 

C'est grâce au poème de Sidoine Apollinaire, intitulé Panégyrique de Narbonne que nous connaissons Tonantius Ferreolus. Il est sénateur de la Gaule narbonnaise* de 479 à 517 et vit presque toute sa vie à Narbonne.

 

Son père, Tonantius Ferreolus, est préfet du prétoire* des Gaules à Arles*, de 450 à 452/453. Il est un descendant par sa grand-mère paternelle de la grande famille des Syagrii*. Il est aussi un proche de Sidoine Apollinaire, par sa mère, Papianilla. Son père a des terres aux alentours de Nîmes*, et une villa appelée Prusianus sur les bords du Gardon*, dont Sidoine Apollinaire, décrit la beauté.

 

Les Acta Firmini, rédigées au 12ème siècle indiquent que son fils Saint Firmin d'Uzès âgé de 12 ans rejoint son parent Roricius, 3ème évêque d’Uzès.

 

Pendant son enfance il vit entre 469 et 475 à Rome. Grâce à l’importante bibliothèque de son père il peut lire Varron, Horace et tous les auteurs de l’antiquité. Il séjourne assez souvent comme toute sa famille dans leur villa de Prusianus, sur les bords du Gardon, entre Nîmes et Clermont en Auvergne*.

 

Tonantius Ferreolus se marie avec une certaine Industria.

 

Tonantius Ferreolus se distingue, selon Sidoine Apollinaire, par son inclination naturelle et son goût pour les lettres. Il est vir clarissimus* entre 507 et 511, puis sénateur romain entre 479 et 517. Il vit à Narbonne, ville dont il est le représentant au Sénat romain. À Rome, le Sénat continuera d'exister jusqu'à la fin du 6ème siècle. Tonantius Ferreolus rend visite à son cousin Saint Apollinaris de Valence en 517.

 

Les Apollinaire et les Ferréol cherchent à sauver l'empire, leur pays et leurs vies. Ils réussissent pendant quelques courtes périodes à maintenir une certaine indépendance entre les Francs et les Wisigoths*.

 

Les invasions barbares du 5ème siècle ne font pas disparaître d’un coup, les structures romaines de l’Occident. Les barbares ne représentent en effet que 5 % de la population de l’Occident. L’interdiction des mariages mixtes par les Francs montre la peur de perdre leur identité. D’ailleurs leurs unions avec des femmes gallo-romaines restent relativement rares. Elles sont plus fréquentes avec les autres peuples qui envahissent l’empire.

 

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, Paris, 1989, (ISBN 2-906483-28-1)

2° édition, revue et corrigée, Oxford, P & G, Prosopographia et Genealogica, coll. « Occasional Publications / 16 », 2014 (1re éd. 1989), 347 p. (ISBN 978-1-900934-15-2)

 

Barsauma ou Bar Sauma ou Barsumas (mort en 491)

Dignitaire religieux syrien du 5ème siècle

Évêque métropolitain de Nisibe de 460 environ jusqu'à sa mort

 

Barsauma avait été auparavant élève, puis professeur, de l'école théologique d'Édesse*, sous la direction spirituelle d'Ibas, d'abord professeur de l'école, puis évêque d'Édesse de 435 à 457.

 

Après le concile d'Éphèse*, l'école d'Édesse, tenue par des partisans de Théodore de Mopsueste, se trouva isolée dans une Syrie de plus en plus dominée par les partisans de Cyrille d'Alexandrie.

 

Après la mort d'Ibas en 457, même le siège épiscopal d'Édesse échut à un cyrillien. Les professeurs et les élèves de l'école se réfugièrent en grand nombre sur le territoire perse, notamment à Nisibe*.

 

Barsauma, élève de l'école d'Édesse, l'aurait quittée après 457. Il devint favori et conseiller de Péroz 1er, roi des Perses de 459 à 484 ; peut-être même exerça-t-il la fonction de gouverneur* (marzbana) de la région frontalière de Nisibe, avec la mission de surveiller les mouvements des troupes byzantines.

 

Cependant le roi était très hostile aux chrétiens qui maintenaient des relations avec l'Église de l'Empire romain, ce qui était le cas du catholicos Babowaï, élu en 457, qui avait le tort supplémentaire à ses yeux d'être un ancien mazdéen* converti. Babowaï fut emprisonné à plusieurs reprises et soumis à des mauvais traitements. Homme autoritaire, il entra en conflit personnel avec Barsauma sur la question du mariage des évêques, car l'évêque de Nisibe avait épousé une femme du nom de Mamoï, ce qui suscita également l'indignation dans l'Église de l'Empire.

 

Narsaï, directeur de l'école d'Édesse, avait dû se réfugier en Perse en 471, date de l'intronisation comme évêque d'Édesse d'un certain Qura (ou Cyrus), cyrillien très intolérant. Il voulut se retirer dans un monastère, mais Barsauma vint le chercher dans sa retraite et lui proposa de refonder une nouvelle école à Nisibe, où serait poursuivi l'enseignement de la doctrine de Théodore de Mopsueste. Ce fut l'origine de l'école de Nisibe*.

 

En avril 484, Barsauma parvint à réunir autour de lui le concile de Beth Lapat* : il était formé d'évêques qui étaient comme lui hostiles à Babowaï, et qui étaient pour la plupart ses anciens condisciples ou collègues à Édesse. Le concile décida la déposition de Babowaï ; l'autorisation du mariage pour tous les évêques et tous les prêtres, y compris après leur ordination ; l'adoption comme théologie officielle de l'Église de l'Orient de la doctrine de Théodore de Mopsueste. Babowaï excommunia les rebelles.

 

La suite des événements est peu claire. On sait que la même année, qui fut la dernière de son règne, Péroz 1er promulgua un édit stipulant que le mazdéisme devait être la seule religion autorisée. Il s'ensuivit une violente persécution contre les chrétiens, mais elle ne concerna apparemment que le Beth Aramayé*, la Basse-Mésopotamie* où les chrétiens étaient minoritaires. D'autre part, partant pour l'expédition contre les Huns Hephthalites* au cours de laquelle il devait trouver la mort, Péroz fait un massacre de chrétiens dans le Beth Madayé* (la Médie), où il détruit églises et monastères. Cependant, Barsauma sollicite du roi la mise à sa disposition d'un corps de troupe pour imposer les décisions du concile de Beth Lapat, et il l'obtient. D'avril à juillet 484, il mène une expédition sanglante dans le Beit Garmaï* (la région de Kirkouk).

 

S'agissant de la mort du catholicos Babowaï, exécuté sur l'ordre de Péroz avant son départ en campagne contre les Huns, on ignore si l'implication de Barsauma qui est rapportée par la tradition relève ou non de la calomnie. Selon la Chronique de Séert*, dans une lettre adressée à l'empereur Zénon le priant d'intervenir auprès de Péroz, le catholicos aurait comparé le gouvernement du roi perse à celui de Nabuchodonosor, roi impie, et que Barsauma ou un de ses partisans, ayant intercepté cette lettre à la frontière, l'aurait fait remettre à Péroz. Babowaï fut suspendu par le doigt portant l'anneau par lequel il avait scellé la lettre, et on le laissa mourir dans cette position.

 

La mort de Péroz mit fin à la persécution : son successeur Valash était mieux disposé envers le christianisme. Un synode réuni à Ctésiphon* élut comme catholicos, contre le gré de Barsauma, un certain Acace de Séleucie, un de ses anciens condisciples à Édesse, mais qui n'était pas de ses partisans.

 

Les partisans de Barsauma auraient tenté de convaincre le nouvel élu de fornication, mais il s'en serait disculpé en montrant qu'il était eunuque*. En août 485, un nouveau concile a lieu à Beth Edraï*, près de Ninive*, au cours duquel Barsauma et Acace se réconcilient ; on prévoit de se réunir à nouveau pour régler les problèmes en suspens.

 

Le concile projeté se tient en 486 à Ctésiphon, mais il ne rassemble qu'une dizaine d'évêques autour du catholicos ; Barsauma a de nouveau rompu avec celui-ci et n'y participe pas. Pourtant, le concile avalise deux de ses positions : l'adoption de la théologie de Théodore de Mopsueste comme doctrine officielle, et le mariage de tous les clercs. Ce dernier point, en rupture avec la tradition de l'Église chrétienne, semble être une adaptation à la mentalité des Perses, pour qui le mariage et l'engendrement des enfants étaient considérés comme sacrés et le célibat comme choquant. Mais les conséquences de cette règle furent très négatives dans les décennies suivantes, tant sur l'épiscopat que sur le monachisme, à l'époque de forme érémitique*, qui fut entièrement dénaturé.

 

Cependant la doctrine monophysite* se répand dans la région de Nisibe, et Barsauma est en butte à l'hostilité d'une bonne part des chrétiens de sa province. En 487, le catholicos est envoyé à Constantinople* comme ambassadeur du roi Valash. Le patriarche exige qu'il excommunie Barsauma avant d'entrer en communion avec lui. Mais Barsauma, en difficulté dans sa province, négocie avec le catholicos son maintien sur son siège.

 

Après la fermeture de l'école d'Édesse en 489, il reçoit ses professeurs et élèves à Nisibe et fait de l'école de cette ville le grand centre de formation de l'Église de l'Orient*. Le successeur de Valash, Kavadh 1er, roi à partir de 488, se convainc que l'adoption du nestorianisme* par l'Église de l'Orient est dans l'intérêt de son État ; il interdit toute autre doctrine chrétienne et fait arrêter les évêques et abbés monophysites.

 

Barsauma meurt vers 491, assassiné, dit-on, par une religieuse à coups de clef, dans l'église du monastère de Tur-Abdin*.

 

Il avait été l'artisan de l'affirmation de l'Église de l'Orient comme Église nestorienne, séparée doctrinalement des Églises de l'Empire romain. En fait, il s'agissait de la préservation de la tradition de l'école théologique d'Antioche*, proscrite du côté romain de la frontière.

 

Mais Barsauma ne fit pas l'unanimité parmi les évêques contemporains de Perse, et il ne devint jamais catholicos. Sur la question du mariage des clercs, un concile réformateur réuni en 544 par le catholicos Mar Aba 1er imposa à nouveau le célibat des évêques. Quant au mariage des moines, il fut combattu ensuite par le mouvement de réforme monastique d'Abraham de Kachkar et de son disciple Babaï le Grand.

 

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Raymond Le Coz, Histoire de l'Église d'Orient, Éditions du Cerf, 1995.

 

Euphémius de Constantinople ou Euphème

Patriarche de Constantinople de 490 à 496

 

Syrien originaire d'Apamée*, prêtre de l'Église de Constantinople*, il était administrateur d'un hospice pour les pauvres à Néapolis*, localité proche de la capitale.

 

Il succéda au patriarche* Fravitas, mort en mars 490 après un pontificat de seulement 4 mois. Celui-ci avait déjà écrit au pape Félix III pour tenter de renouer les liens après la rupture de 484 due à la promulgation de l'Hénotique* par le patriarche Acace.

 

Euphémius lui-même était un partisan convaincu du concile de Chalcédoine*. Il rompit la communion avec le patriarche d'Alexandrie* qui acceptait l'Hénotique, mais l'interprétait dans le sens d'une annulation du concile litigieux, et rétablit le pape sur les diptyques de son Église. Il fit valoir ces mesures auprès de Félix III, mais ce dernier répondit de manière intransigeante. Il exigeait, non seulement que l'Hénotique fût abrogée, mais qu'Acace fût rayé des diptyques comme hérétique. Ce dernier point pouvait causer de grands troubles dans l'Église de Constantinople, relativement aux personnes qui avaient été baptisées ou ordonnées par Acace. En fait, Euphémius était dans l'incapacité de satisfaire les exigences du pape.

 

L'empereur Zénon mourut le 9 avril 491, sans fils survivant. Son frère Longin pouvait espérer lui succéder, mais l'impératrice Ariane, soutenue par le sénat, mit en avant un fonctionnaire de second ordre appartenant au corps des  silentiaires*, un homme de 61 ans appelé Anastase.

 

C'était un homme très pieux, assistant très souvent à des offices religieux même nocturnes et féru de théologie. Il était rangé parmi ceux qu'on appelait les hésitants (ceux qui sympathisaient en fait avec les monophysites) et exprimaient de la défiance à l'égard du patriarcat. C'était au point qu'en 488 il se trouvait à Antioche à la mort de Pierre le Foulon et qu'on avait failli l'élire comme successeur, tant il inspirait confiance aux monophysites. De retour à Constantinople, il manifesta une attitude très critique à l'égard d'Euphémius et se mêlait même de venir prêcher dans un coin de Sainte-Sophie*. L'apprenant, Euphémius fit cesser cette prédication.

 

Pendant les jours où se décida la succession de Zénon, Euphémius se montra très hostile à Anastase, essayant de dissuader l'impératrice et le sénat de le placer sur le trône. Voyant qu'il ne pourrait pas empêcher son avènement, il exigea de lui un document écrit et signé disant qu'il ne changerait rien à la foi et maintiendrait la validité du concile de Chalcédoine ; sinon, il refusait de le couronner. Anastase dut s'exécuter, mais un rapport de franche détestation s'établit d'emblée entre le nouvel empereur et le patriarche.

 

Les Isauriens*, compatriotes de Zénon et de son frère Longin, très nombreux dans la capitale, furent très mécontents de la succession, et ils étaient appuyés par les deux principales factions du cirque*, les Bleus et les Verts.

 

Longin fut arrêté et exilé en Égypte, où on lui imposa la prêtrise, et les Isauriens expulsés en masse de Constantinople. Se mettant en état d'insurrection, ils tentèrent de marcher sur la capitale, mais furent repoussés et se réfugièrent dans les monts Taurus*, où leur révolte dura plus de 6 ans. Parmi eux se trouvait Conon, métropolite* d'Apamée, qui était Isaurien de naissance et avait abandonné sa charge pour participer à l'insurrection.

 

À Constantinople, Euphémius, voulant pousser son avantage, réunit peu après l'avènement d'Anastase un synode où fut re-proclamée solennellement la validité du concile de Chalcédoine. Mais l'empereur mécontent commença très vite à faire courir le bruit que le patriarche, nommé sous Zénon, était partisan de Longin, et de mèche avec les Isauriens.

 

Du côté de la papauté, les choses ne s'arrangeaient pas : à Félix III succéda le 1er mars 492 Gélase 1er, qui était de toute façon l'inspirateur de la politique d'intransigeance sous le pontificat précédent. Le nouveau pape s'abstint de notifier son élévation à Euphémius ; celui-ci lui envoya une lettre de reproche au ton très conciliant ; il s'attira une réplique extrêmement dure.

 

Anastase insista de plus en plus auprès d'Euphémius pour qu'il lui rende le document qu'il lui avait fait signer avant son couronnement, et qui était enfermé aux archives du patriarcat. Euphémius refusait obstinément.

 

Les accusations de trahison portées contre le patriarche allèrent au point qu'une tentative d'assassinat eut lieu contre lui. Au printemps 496, l'empereur parvint à réunir dans la capitale un synode d'évêques qui proclama la déchéance d'Euphémius.

 

Celui-ci, réfugié dans le baptistère de la cathédrale et craignant pour sa vie, n'en sortit qu'avec la promesse solennelle d'Anastase qu'aucune violence ne lui serait faite.

 

Il fut exilé aux Euchaïta*, dans la province du Pont*, et mourut finalement en 515 à Ancyre*. Flavien, le patriarche d'Antioche*, et Élie, celui de Jérusalem*, ne reconnaissant pas sa déposition, continuèrent à le considérer comme le patriarche de Constantinople légitime.

 

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Euphémius de Constantinople/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories : Patriarche de Constantinople

 

 

 

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