le 19ème en France : Création de la Banque de France - Le 14 juin 1800 Bonaparte victorieux de justesse à Marengo - La France du 17 juin au 1er décembre 1800 - Bataille de Hohenlinden le 3 décembre 1800 - 24 décembre 1800 L'attentat de la rue Saint-Nicaise - Le 19ème siècle du 9 février 1801 au 12 avril 1803 - Bonaparte cède la Louisiane aux Américains Le 19ème siècle du 29 mai 1803 au 9 août à Novembre 1803 - Une reforme de l’armée mise en place par Napoléon - Napoléon et son état-major - Les écoles militaires - Corps de la Garde impériale - Les Mamelouks - Chevau-légers lanciers -

 

Les gendarmes d’élite et d’ordonnance

 

Les gendarmes d’élite

 

Conçue pour la garde des palais et des quartier généraux, la légion de gendarmerie d’élite avait été formée le 29 juillet 1804. Elle possédait un état-major, 2 escadrons à 2 compagnies chacun et un demi-bataillon de 2 compagnies à pied, qui fournissaient un effectif total de 632 gendarmes. A partir de 1806, il n’y eut plus que deux escadrons alignant 456 cavaliers.

 

Le service ordinaire comprenait : deux piquets à cheval aux Tuileries et à la Malmaison, qui devait servir d’estafettes ou de patrouilles précédant la voiture de l’Empereur.

 

Un poste à pied sur la terrasse des Tuileries du côté des jardins ouverts au public et 2 postes à la prison d’Etat de la tour du Temple*.

 

En service extraordinaire, la gendarmerie d’élite assurait des missions de sécurité telles que l’escorte du pape et le cortège du sacre. La sûreté de l’Empereur et de sa suite, sur les routes, lui incombait également.

 

Arrivés sur le champ de bataille, les gendarmes d’élite combattaient avec la cavalerie de la Garde. Ils avaient ensuite la garde des prisonniers et des trophées lors de leur présentation à l’Empereur.

 

Les gendarmes d’ordonnance

 

C’est en septembre 1806 que Napoléon accorda aux jeunes gens rentrés d’émigration l’honneur fort recherché d’entrer dans sa Garde. Encore fallait-il qu’ils eussent assez de fortune pour s’équiper, s’acheter un cheval et faire la route à leurs frais jusqu’à Mayence*.

 

L’arrivée de cette cohorte d’aristocrates élégants fut fort mal acceptée par l’armée tout entière. Les 3 premières compagnies combattirent avec honneur, mais sans beaucoup de brio semble-t-il.

 

La 4ème compagnie arriva en Allemagne juste à temps pour apprendre la dissolution du Corps le 12 juillet 1807.

 

Une première compagnie à pied exista nominalement mais fut dissoute en avril 1807, faute d’éléments, les riches volontaires préférant tous la caracolante cavalerie.

 

Les lanciers de Berg et les Tartares lituaniens

 

Le 17 décembre 1809, Napoléon adjoignit à sa garde un régiment formé en 1807 par Murat, duc de Berg, sous le nom de chevau-légers de Berg.

 

Intégrés dans la Garde impériale, ils furent dotés de la lance et appelés dès lors lanciers de Berg.

 

Entraînés au maniement de la lance par des sous-officiers du régiment polonais de la Garde, ils participèrent, au prix de lourdes pertes, à la chasse aux guérilleros et à la guerre contre les Anglais.

 

Rentrés d’Espagne, ils prirent part à la désastreuse campagne de Russie sous la dénomination de chevau-légers de Berg, 1er et 2ème régiments.

 

Ils furent quasiment anéantis devant Borissow. Les survivants n’en continuèrent pas moins à s’illustrer sur les champs de bataille d’Allemagne, ou ils finirent par disparaître jusqu’au dernier.

 

Depuis le 24 août 1812, une compagnie de Tartares lituaniens avait été attachée aux lanciers polonais. Cette compagnie était ce qui restait d’un escadron levé en Lituanie et qui se composait de nobles mahométans descendant de familles tartares installées dans ce pays depuis le Moyen Age. Ils étaient destinés à jouer le rôle d’éclaireurs.

 

Presque entièrement détruit en Russie, le corps des Tartares lituaniens versa ses rescapés dans les rangs du 3e régiment d’éclaireurs à la fin de 1813.

 

Après l’abdication de Napoléon, les deniers Tartares regagnèrent leur Lituanie natale.

 

L’artillerie et le génie de la Garde Impériale

 

Artillerie à pied

 

Par décret impérial du 7 avril 1808, 4 compagnies d’artillerie à pied furent incorporées dans l’artillerie de la Garde. Elles furent portées à 8 en 1810, à 9 en 1812 et le tout organisé en un régiment.

 

L’année suivante, on créa un 2ème régiment que l’on attacha à la Jeune Garde. Versée dans l’artillerie de ligne en 1814, l’artillerie à pied de la Garde, reconstituée, ne comptait plus que 6 compagnies en 1815.

 

Pour être admis dans ce corps d’élite, il fallait sortir de l’artillerie de ligne, avoir s6 ans de service et mesurer 5 pieds 5 pouces* (1,76 m).

 

Artillerie à cheval

 

L’artillerie à cheval entra dans la Garde le 29 juillet 1804, on ajouta une seconde compagnie à celle qui existait déjà dans la Garde consulaire. Chaque compagnie comptait 98 hommes. En avril 1806 fut créé un régiment de 3 escadrons de 2 compagnies.

 

L’escadron représentait alors 100 vieux canonniers et 20 vélites*. L’introduction de l’artillerie à pied dans la Garde réduisit le régiment à 4 compagnies.

 

Pour être admis, il fallait 8 ans de service et mesurer 5 pieds 5 pouces* (1,76 m). Toute l’artillerie de la Garde représentait 198 pièces réparties en 26 batteries.

 

Train

 

Le train d’artillerie comptait 6 compagnies formant un bataillon en 1806 ; 8 compagnies en 1812. Au retour de Napoléon, il fut réorganisé en un escadron de 8 compagnies.

 

Génie

 

La compagnie de sapeurs du génie de la Garde vit le jour le 16 juillet 1810 et fut chargée du service des pompes dans les palais impériaux.

 

En effet, un corps de garde du palais de Saint-Cloud*, ou logeait précisément l’Empereur, avait mis le feu à un salon en surchauffant inconsidérément un poêle. Pour prévenir la répétition de pareil incident, Napoléon ordonna d’affecter une garde de nuit spéciale à toutes les résidences impériales.

 

La compagnie du génie de la Garde était de 250 hommes en 1813. En 1814, les sapeurs devinrent un bataillon fort de 400 soldats et officiers. Dissous après la première abdication, ils furent reformés en une compagnie de 200 hommes.

 

Les marins

 

Le 30 fructidor an XI* (17 septembre 1803) fut créé un bataillon de matelots appelé à faire partie de la garde des Consuls, il se composa de 5 équipages et d’un état-major. Les hommes furent pour la plupart recrutés dans le Midi et en Corse.

 

Leur armement était de 3 types, répartis par tiers de bataillon ; il consistait en sabres, haches et piques. Chaque matelot portait en plus une paire de pistolets à la ceinture.

 

Il est probable que le fusil ne leur fut accordé qu’après que le bataillon eut été incorporé dans la Garde impériale, le 29 juillet 1804.

 

Destinés tout d’abord à armer les bâtiments qui transporteraient l’Empereur et son état-major en Angleterre, les marins quittèrent les camps des côtes de l’Océan avec la Grande Armée.

 

Ils avaient assisté à la capitulation d’Ulm le 20 octobre, et plus tard à la bataille d’Austerlitz, sans toutefois y prendre une part active. Ils rentrèrent à Paris en 1806.

 

Le 16 septembre 1810, un décret porta le corps des marins de la Garde à 1.136 hommes. Une nouvelle organisation les répartit en 6 compagnies, auxquelles 2 autres s’ajoutèrent ensuite en 1811.

 

Ils furent licenciés à Fontainebleau en avril 1814, mais un détachement de 35 matelots accompagna l’Empereur en exil.

 

Aux Cent-Jours, Napoléon rétablit les marins de sa Garde. Il n’y eut plus cependant qu’un seul équipage de 150 hommes.

 

Après avoir pris une part active et très billante à la défense de Paris, les marins furent ramenés au-delà de la Loire et licenciés définitivement.

 

Les gardes d’honneur

 

Napoléon, revenu de la désastreuse campagne de Russie ou il avait perdu une énorme quantité de soldats et des milliers de chevaux, se vit menacé par les Coalisés qui voyaient le moment venu d’en finir une fois pour toutes avec lui.

 

 Toutes les classes de la société furent appelées à reformer l’armée impériale. Jusqu’alors, les familles des membres des ordres impériaux et la riche bourgeoisie avaient fourni des remplaçants à leurs fils. Napoléon décida de fléchir ces réfractaires et de les inciter à le servir en leur offrant de revêtir un brillant uniforme et l’honneur d’entrer dans sa garde personnelle.

 

 De gré ou de force et en dépit des désertions, 4 régiments furent mis sur pied tant bien que mal. Les départements français, qui englobaient certains territoires annexés, amenèrent aux régiments de gardes d’honneur de nombreux, Hollandais, Italiens et Belges. Ces derniers, les plus nombreux, constituèrent 25% des effectifs des 1er et 2e régiments.

 

Comme les gendarmes d’ordonnance, les gardes d’honneur furent mal accueillis par les anciens de la Garde ; mais leur conduite valeureuse balaya les objections et les idées préconçues.

 

Ils furent admis dans la Garde le 29 juillet 1813 ; le 1er régiment fut attaché aux chasseurs à cheval, le 2e aux dragons, le 3e aux grenadiers à cheval et le 4e aux lanciers.

 

 Peu assurés encore sur leur selle, les gardes d’honneur chargèrent les Russes à Hanau*. Plus tard, en mars 1814, quoique ne faisant plus partie de la Garde, ils se feront acclamer par les vieux grenadiers qui les verront charger les Russes à Reims. Fidèles à la parole donnée et conquis par l’extraordinaire magnétisme du maître, ils sabreront encore l’ennemi sous les murs de Paris.