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Ermengarde ou Irmingarde de Tours - Alfred le Grand - Rollon ou Robert 1er le Riche dit Rollon le Marcheur - Baudouin 1er dit Bras de Fer ou le Bon - Judith de France -

 

 

Ermengarde ou Irmingarde de Tours (804-851)

Impératrice

 

Fille du comte Hugues III de Tours et de la Haute Alsace. Noble et très pieuse, elle est élevée par sa mère, Ava, dans l'esprit de la religion chrétienne, au milieu d'un monde encore semi barbare. Elle passe probablement une grande partie de sa jeunesse au monastère de Sainte Julie à Brixen*, dans la province autonome de Bolzano au nord de l'Italie où elle achève son éducation. À la mort d'Amalperge, elle est élue pour lui succéder au siège abbatial.

Lorsqu'en 817 Louis le Débonnaire associe son fils aîné Lothaire 1er à l'empire, ce dernier demande sa main. Le mariage a lieu le 15 octobre 821 à Diedenhofen*. La cérémonie se déroule en présence de 32 prélats et seigneurs, dont l'évêque Adeloch de Strasbourg.

Par la suite Lothaire concède à son épouse le protectorat de l'abbaye de Brixen, qu'elle va défendre toute sa vie. À la mort du vénérable abbé Wala de Corbie, précepteur de Lothaire 1er le 31 août 836, elle y fait faire des prières pour le repos de son âme. Les premières années de son mariage sont assez heureuses. Lors de la révolte des fils de Louis le Débonnaire contre leur père, son époux ayant fait partie de conjuration est frappé de disgrâce. Elle se trouve aussi fortement affectée par le divorce suivi du mariage avec Waldrade de son fils Lothaire II de Lotharingie et le rapt de sa fille Irmengarde de Germanie en 846 par Gislebert de Maasgau, comte de Maasgau.

Plus tard en 836, un an avant le décès de son père, elle reçoit de celui-ci en accord avec son oncle paternel Leuthard de Sundgau de vastes terres situées en Alsace, dont entre autres Échery au Petit Rombach. Elle y fait construire un petit sanctuaire qu'elle remet en pleine plénitude à l'abbaye de Gorze avec l'approbation de son époux. L'appartenance de ses biens à l'abbaye de Gorze est confirmée plus tard par son fils Lothaire II dans un diplôme envoyé de Strasbourg le 15 octobre 859. En 849, elle fonde l'abbaye d'Erstein, fondation que Lothaire 1er reçut en 817 de son père Louis le Pieux par un diplôme daté de Remiremont et qu'il accorda à son épouse. Elle se retire ensuite dans ce monastère, oubliant les angoisses qu'elle avait éprouvées, et y meurt le 20 mars 851. Ses restes mortels sont inhumés dans l'église abbatiale. À sa mort, c'est sa fille cadette qui est nommé abbesse d'Erstein.

 

Alfred le Grand (846-899)

Roi du Wessex de 871 à 899

Roi de tous les Anglo-Saxons à partir de 878

 

Né à Wantage, dans l'Oxfordshire. 4ème fils du roi Ethelwulf de Wessex et de Osburga. En 853, il aurait été envoyé à Rome pour y être confirmé par le pape Léon IV. A l'accession au trône de son 3ème frère, Ethelred, en 866, commence la vie publique d'Alfred, il travaille à délivrer l'Angleterre des Danois. En 868 il épouse Ealhswith, fille d'Aethelred Mucill.

La même année, combattant aux côtés de son frère Ethelred, il tente sans succès de libérer la Mercie de la pression des Danois. Pendant presque 2 ans, le versement d'un tribut aux Danois permet au Wessex d'être épargné. Mais fin 870 un conflit éclate.

9 batailles sont menées avec divers résultats. Une embuscade couronnée de succès, à Englesfield dans le Berkshire le 31 décembre 870, est suivie d’une défaite cuisante à la bataille de Reading le 4 janvier 871, puis, 4 jours plus tard, par la brillante victoire d’Ashdown, près de Compton Beauchamp, dans la région de Shrivenham. Le 22 janvier 871, les Anglais sont à nouveau vaincus à Basing, et le 22 mars 871 à Marton, dans le Wiltshire.

En avril de la même année, Ethelred trouve la mort, et la charge de poursuivre les combats revient alors entièrement à Alfred. Il succède à son frère Ethelred en tant que roi du Wessex et de Mercie

Une trêve est convenue entre les 2 camps. Pendant les 5 années suivantes, les Danois partent guerroyer dans d’autres parties de l’Angleterre, et il se contente de poster plusieurs garnisons aux frontières du royaume.

En 876, le nouveau chef des Danois, Guthrum l'Ancien, rompt finalement la trêve en lançant une attaque contre Wareham, dont il s’assure le contrôle. Depuis cette ville, et sous prétexte de venir parlementer, les Danois entament au début de 877 une forte poussée vers l’ouest qui se solde par la prise d’Exeter. Alfred les assiège dans cette ville et, une flotte de renfort danoise ayant été dispersée par une tempête, les Danois doivent se soumettre et se replier en Mercie. Dès le mois de janvier 878, les guerriers danois organisent une contre-attaque contre le bourg fortifié de Chippenham, où il passe justement l’hiver. Battu il dut ainsi abandonner la place forte de Chippenham.

Dès le mois de mai 878, il effectue sa sortie du fort d’Athelney, rejoint sur la route par d’autres troupes levées dans le Somerset, le Wiltshire et le Hampshire. Les Danois, de leur côté, sortent de Chippenham, et les 2 armées se confrontent lors de la bataille d'Ethandun ou Edington. il y remporte une victoire décisive, et obtient la soumission des Danois. Le roi Guthrum et 29 de ses partisans acceptent même de recevoir le baptême. À l’issue d’une entrevue entre les 2 camps, un compromis durable coupant l’Angleterre en deux est trouvé, le sud-ouest pour les Anglo-Saxons et le nord-est, baptisé Danelaw, sous la domination des Danois. Respectant l’accord, les Danois évacuent dès l’année suivante le Wessex et l’ouest de la Mercie.

Bien que le nord-est de l’Angleterre, y compris Londres, reste encore sous le contrôle des Danois, l’événement marque un retournement des rapports de force. Les quelques années suivantes sont pacifiques, les Danois étant tenus occupés sur le continent européen. Un débarquement des Anglais dans le Kent, en 884 ou 885, bien qu’infructueux, pousse les Danois à la révolte. Alfred parvient à réprimer l’insurrection et s’empare de Londres en 885 ou 886. Le traité dénommé Paix d’Alfred et de Guthrum est alors signé, consacrant l’expansion territoriale des Anglais et la prise de Londres.

Une fois de plus suivent quelques années de trêve. À l’automne 892 et 893, un conflit survient. Les Danois, dont les implantations en Europe deviennent de plus en plus précaires, se replient en 2 grandes vagues sur l’Angleterre. Les réfugiés de la première vague, plus nombreux, s’installent à Appledore, et ceux de la 2ème vague, menés par Haesten, à Milton dans le Kent. Le fait que les nouveaux envahisseurs amènent femmes et enfants montre qu’il ne s’agit pas d’un simple raid de pillage, mais d’une tentative concertée, avec les Danois déjà sur place, de conquérir l’ensemble de l’Angleterre. Alfred, en 893 ou 894, positionne ses troupes de façon à pouvoir observer les 2 populations. Tandis qu’il entame des négociations avec Haesten, les Danois d’Appledore entrent en guerre et poussent leurs forces vers le nord-ouest. Mais le fils aîné d’Alfred, Édouard le futur Édouard l'Ancien, les bat lors d’une bataille à Farnham. Subissant défaites après défaites, ils vont trouver refuge sur l’île de Thorney dans l’Hertfordshire, puis dans l’Essex, puis rejoignent les forces menées par Haesten, à Shoebury.

Alfred, en route vers Thorney pour apporter des renforts à son fils, apprend que d’autres Danois mettent le siège à Exeter. A l’issue d’une marche forcée vers l’ouest, il y met fin à temps. Au même moment, les troupes menées par Haesten remontent la vallée de la Tamise, peut-être avec l’idée de porter secours à leurs compatriotes. Mais ils sont interceptés par une grande armée sous commandement des ealdormen de Mercie, Wiltshire et Somerset, qui les repousse vers le nord-ouest, avant finalement de les cerner à Buttington, non loin de l’embouchure de la Wye. Les Danois tentent d’enfoncer les lignes anglaises, au prix de lourdes pertes, les rares qui parviennent à passer retournent se barricader à Shoebury. Après avoir rassemblé des renforts, ils entament une rapide traversée de l’Angleterre pour aller occuper les ruines romaines de Chester. En plein hiver, les Anglais renoncent à un siège, et se contentent de détruire tous les moyens de subsistance dans les environs. Au début de 894, la faim pousse les Danois à se retirer une fois de plus en Essex. Dès la fin de l’année, néanmoins, ils remontent la Tamise en bateau et établissent un camp fortifié à environ 30 kilomètres en amont de Londres. Une attaque frontale de la part des Anglais échoue, mais plus tard dans l’année Alfred découvre un moyen d’obstruer le fleuve afin de bloquer toute sortie aux embarcations ennemies. Réalisant qu’ils sont cernés, les Danois fuient vers le nord-ouest et passent l’hiver à Bridgnorth. L’année suivante, ils renoncent à lutter. Quelques-uns se retirent en Northumbrie, d’autres dans l’est de l’Angleterre. Ceux qui n’ont aucun lien antérieur avec l’île retournent sur le continent.

Après sa victoire sur l'envahisseur danois, il tourne son attention vers le renforcement de la marine royale, et des navires sont construits selon les plans du roi lui-même, d'un côté pour réprimer les assauts des Danois de l'Est-Anglie et de Northumbrie sur les côtes du Wessex, de l'autre pour empêcher le débarquement de nouvelles hordes.

On attribue à Alfred une certaine réorganisation de la société, spécialement dans les régions dévastées par les raids danois. En homme instruit, il soutient l'éducation et améliore le système judiciaire du royaume. Il meurt le 26 octobre 899.

 

Rollon ou Robert 1er le Riche dit Rollon le Marcheur (né vers 860-vers 926)

 

Chef viking à l'origine du duché de Normandie. En 911, en contrepartie de l'arrêt de ses pillages, il reçoit du roi Charles le Simple un territoire autour de Rouen. Environ 100 ans plus tard, cette concession deviendra le duché de Normandie.

Selon toute vraisemblance, il prend la tête d'une bande de Vikings, essentiellement des Danois et quelques Norvégiens, il s'attaque principalement aux côtes de la Mer du Nord et de la Manche. Il noue des contacts avec les représentants du pouvoir carolingien et de l'Église. Il épouse Poppa, la fille du comte de Bayeux Bérenger (Bérenger II de Neustrie), après la prise de la ville et après avoir tué celui-ci.

En 910-911, l'armée de Rollon échoue à prendre Chartres suite à l'intervention conjointe des grands aristocrates du royaume, Robert, duc des Francs, Richard le Justicier, duc de Bourgogne et Manassès, comte de Dijon. C'est le moment que choisit le roi carolingien Charles le Simple pour négocier avec le puissant chef scandinave. Les négociations aboutissent au traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Le roi cède à Rollon une partie de la Neustrie*, certainement le comté de Rouen, base du futur duché de Normandie. En échange, Rollon s'engage à bloquer les incursions vikings menaçant le royaume franc. Il se fait baptiser en 912 en la cathédrale de Rouen sous le nom de Robert, du nom du duc Robert, son parrain de baptême et ancêtre des futurs rois capétiens.

Considéré par les historiens comme le premier duc de Normandie et le fondateur du duché normand, il ne porte pourtant pas le titre de duc de Normandie mais seulement celui de “jarl des Normands”, l'équivalent du français prince. Il hérite aussi de la charge carolingienne de “comites Rothomagenses”, comte de Rouen ou de “marchiones”, marquis, titre de celui qui défendait la Seine contre les incursions vikings.

Il restaure la paix et la sécurité en Normandie. Il s'appuie sur l'archevêque de Rouen pour relancer l'Église séculière et rétablir la vie monastique. Les moines de Saint-Ouen de Rouen osent revenir avec leurs reliques. La normalisation sur le plan religieux reste toutefois à ses prémices.

L'installation de Rollon à Rouen n’inaugure pas la colonisation scandinave dans l’actuelle Normandie. Elle la renforce. En effet, des Danois s’étaient déjà installés à l’embouchure de la Seine, sans compter la colonisation régulière et indépendante sur les côtes du Cotentin.

Il partage la terre entre ses chevaliers et des étrangers. Les colons s'établissent près des côtes et en Basse Seine. Mais le pays est loin d'avoir été déserté par la population locale. Celle-ci avait fui les affrontements, mais une fois la paix rétablie et les nouveaux seigneurs installés, la vie reprit son cours normal.

Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte, il poursuit ses expéditions de pillage ou ses tentatives plus ou moins réussies d'extension territoriale. Il fait également preuve de sévérité à l’égard des hommes du roi.

Lors de la déposition momentanée de Charles le Simple, les Normands de Rouen lui restent fidèles. Conformément aux clauses du traité, aucune flotte scandinave ne remonte la Seine pour piller le royaume franc. Mais en 923, Rollon et ses hommes trahirent leur serment de 911. Ragenold, chef des Vikings de la Loire, convainc ses compatriotes de Rouen de mener une entreprise de pillage jusqu’à Beauvais, ce qu’ils firent.

La réaction ne se fit pas attendre, dès 924 le comte Herbert II de Vermandois et du roi Raoul, menèrent une expédition punitive sur le comté de Normandie. Rollon réagit à cet affront en poussant son armée cette fois-ci bien au-delà de l’Oise. Pour trouver une issue favorable, la diplomatie prit à ce moment-là toute son importance, et ce furent les ambassadeurs normands qui eurent le dernier mot, puisque le roi fut contraint de payer un tribut aux Normands. Rollon reçut également en réparation les régions du Bessin et de l’Hiémois.

La répression franque ne s’arrêta pas pour autant. Arnoul 1er de Flandre s'empara de Bresles, et dirigea l’ensemble de ses forces sur la forteresse normande d’Eu. Rollon y envoya des renforts. Les Francs eurent raison de la forteresse, qui tomba sous leur contrôle, et finit par être brûlée avec ses occupants. C’est grâce à l’intervention de Hugues le Grand que les hostilités cessèrent. Les Normands acceptèrent les termes de l’accord et rendirent les terres qu'ils venaient fraîchement de conquérir. Les fils de Baudouin II le Chauve, Arnoul 1er de Flandre et Adolphe de Boulogne (Adalolphe de Boulogne), reprirent leurs possessions. Raoul de Gouy et Helgaud de Ponthieu (Helgaud III) en firent autant. Cette défaite normande ne fut pas cuisante puisque le comté de Normandie ne fut amputé d’aucune concession territoriale. Rollon meurt vers 926. En 927, son fils Guillaume Longue-Épée, prête serment de fidélité pour les Normands.

 

Baudouin 1er dit Bras de Fer ou le Bon (mort en 879)

Marquis ou comte en Flandre de 863 à 879

 

Fils du forestier* appelé Odacre. Il succède à son père comme forestier à sa mort en 837, et s’illustre comme redoutable guerrier, ce qui lui vaut son surnom. Il participe notamment à la bataille de Fontenoy en Puisaye en 841, dans le camp de l’empereur Lothaire lequel est vaincu par ses frères Louis le Germanique et Charles le Chauve. Il lutte activement contre les Normands, qui depuis 810 dévastent les régions dont il est en charge.

Lors d’un séjour à la cour royale à Senlis vers 862, il enlève la princesse Judith, fille du roi Charles le Chauve et d'Ermentrude d'Orléans. Judith n'a pas encore 20 ans mais elle est déjà la veuve de 2 rois anglo-saxons, Ethelwulf et le fils de ce dernier Ethelbald de Wessex rois de Wessex. Afin de commettre le rapt, il s'est assuré de l'aide du frère de Judith, le prince Louis, le futur Louis le Bègue. Il l’épouse secrètement à Harelbeke, puis le couple, effrayé des conséquences de ses actes, se réfugie auprès de Louis II le Jeune, tandis que le Bègue se met en sécurité en Bretagne. L’excommunication est prononcée par une assemblée d’évêques réunie à Soissons. Baudouin et Judith gagnent alors Rome et plaident leur cause auprès du pape Nicolas 1er. Le pontife intercède longuement auprès du roi de Francie occidentale, qui finalement se laisse convaincre. Le mariage est solennellement ratifié à Auxerre, en l’absence toutefois du roi. Charles le Chauve attribue de plus au forestier la marche de Flandre en bénéfice dotal.

Avant sa mort, il fortifie Arras, Gand et Bruges, sa capitale, où il fonde, selon la légende, l’église Saint Donat, à l’emplacement d’une ancienne chapelle dédiée à la Vierge. Il fait également bâtir un couvent de bénédictines à Furnes, qui reçoit les reliques de sainte Walburge.

Il meurt en 879 à Sithiu*, alors qu’il a pris l’habit monacal à l’abbaye Saint Bertin. Il est enterré dans cette abbaye, son cœur et ses entrailles étant portés en l'église Saint-Pierre à Gand.

 

Judith de France (vers 843-870)

Reine de Wessex puis comtesse de Flandre

 

Fille de Charles le Chauve et Ermentrude d'Orléans. Elle épouse successivement : Ethelwulf, roi de Wessex le 1er octobre 856 à Verberie. Puis, Ethelbald roi de Wessex en 858, fils du précédent.

Le 13 décembre, 862 ou 863, en 3ème noce Baudouin Bras de fer, comte de Flandre. Bien qu'elle eût été enlevée de son plein gré par Baudouin Bras de fer, elle fut, à la demande du roi de France, excommuniée avec son ravisseur par un concile d'évêques. Intercédant tous les 2 auprès du pape Nicolas 1er, celui-ci donna son accord à leur mariage.

 

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