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Boson V de Provence - Loup de Ferrières dit Loup Servat - Heiricus Autissiodorensis dit Heiric d'Auxerre - Adrien II - Photios 1er de Constantinople - Nicolas 1er dit le Grand - Engelberge d‘Alsace -

 

Boson V de Provence (vers 844-887)

Comte de Troyes en 870

Gouverneur du Lyonnais et du Viennois en 871

Comte du Berry en 872

 

Fils de Bivin de Gorze, il épousa en 876 Ermengarde, fille de l'empereur Louis II le Jeune. Sa sœur Richilde d'Ardennes fut la concubine et la seconde épouse du roi des Francs Charles II le Chauve, lequel accorda à son nouveau beau-frère l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, qui avait été détenue par son oncle maternel Hucbert.

À l'automne 870, il est l'exécuteur testamentaire du duc Girart de Roussillon, en compagnie du marquis Bernard de Gothie et du comte Eudes d'Orléans. Charles le Chauve lui confie l'administration du comté de Troyes. En janvier 871, Charles II le Chauve le nomme gouverneur du Lyonnais et du Viennois, en succession de Girart de Roussillon. En 872, Charles le Chauve le nomme conseiller et chambrier de son fils Louis le Bègue, roi d'Aquitaine depuis 867. Il reçoit aussi le comté du Berry. et les fonctions du comte Gérard d'Auvergne, déposé par le roi.

En 875, à la mort de l'empereur Louis II le Jeune, il accompagne le roi Charles le Chauve qui part en Italie pour recevoir le titre d'empereur du pape Jean VIII. Le nouvel empereur, le nomme, duc en Italie, et duc de Provence. En février 876, à Pavie, Charles le Chauve avant de repartir pour le royaume de France, nomme Boson vice-roi du royaume d'Italie. Cette même année il épouse Ermengarde, la fille unique de l'empereur décédé Louis II le Jeune.

En mars 877, il retourne en France, rappelé par Charles le Chauve. Ce dernier confie alors le royaume d'Italie et le duché de Provence à Hugues dit l'Abbé, fils de Conrad 1er de Bourgogne. Charles le Chauve a soin d'associer Richard le Justicier, frère de Boson à Hugues. Cette même année, à la mort de son oncle, le comte Ecchard, il reçoit le comté de Mâcon et le comté de Chalon. Avec ses 2 nouveaux fiefs, il est désormais possesseur de la quasi-totalité de la vallée du Rhône, de la vallée de la Saône et de la Provence. De plus, Charles le Chauve, avant sa mort, signe le capitulaire de Quierzy, qui rend héréditaire les charges comtales, ce qui est le véritable acte de naissance de la féodalité.

En mai 878, le pape Jean VIII menacé par les Sarrasins et des nobles italiens, vient se réfugier à Arles auprès du duc Boson et de sa femme Ermengarde. Celui-ci l'accompagne à Troyes où est organisé un grand concile pour statuer sur les troubles dans l'empire et notamment la révolte de Bernard de Gothie et les ambitions du bâtard Hugues qui veut reconquérir la Lotharingie*. Le pape propose à Louis le Bègue de l'accompagner à Rome où il pourra le couronner empereur, mais le roi déjà très malade, et craignant de mourir en route, se voit obligé de refuser cet honneur. Boson, toujours vice-roi d'Italie, passe un accord secret avec le pape, et le raccompagne dans le but de se faire reconnaître roi d'Italie, mais la manœuvre échoue devant la mauvaise volonté des évêques et des grands seigneurs italiens.

Dès la mort de Louis II le Bègue, les droits de succession de ses fils Louis III et Carloman II sont sérieusement contestés. Le 15 octobre 879, des grands ecclésiastiques et seigneurs se réunissent en concile au château de Mantaille, entre Anneyron et Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme afin de choisir l'homme le plus apte à protéger l'Église et le pays. Ils choisissent Boson comme roi et décident de la restauration du royaume de Burgondie* constitué des vastes possessions de Boson, mais aussi des diocèses des religieux présents Aix, Arles, Autun, Avignon, Beaune, Besançon, Chalon, Dijon, Genève, Grenoble, Langres, Lausanne, Lyon, Macon, Marseille, Tarentaise, Tonnerre, Troyes, Valence, Vienne.

Il est couronné quelques jours plus tard à Lyon, par Aurélien, l'archevêque de cette ville. Il installe sa capitale à Vienne, ancienne capitale de la Gaule romaine, et se dote d'une chancellerie.

Dès 879, la nouvelle administration du royaume se met en place comme l'attestent les nombreux actes concernant les comtés. En juillet 880, Boson, nomme un abbé de confiance, Gilon de Tournus, comme évêque de Langres.

Cependant, l'ambition dévoilée de Boson et son couronnement, ont pour effet de créer contre lui une nouvelle alliance des rois carolingiens Louis III de France, Carloman II et leurs cousins Charles III le Gros et Louis le Jeune, qui vont se rencontrer en juin 880 à Gondreville en Lorraine.

Fin 880, les troupes de l'alliance, après avoir repris Autun, Besançon, Chalon, Mâcon et Lyon, se trouvent devant Vienne. Boson se réfugie avec la plus grande partie de ses troupes dans les montagnes, laissant la défense de la ville sous le commandement de son épouse. Alors que Charles III le Gros est parti recueillir la couronne d'Italie, Louis III et Carloman II abandonnent le siège de la ville et permettent ainsi le retour de Boson dans sa capitale.

Charles III le Gros, nouvellement élu empereur d'Occident, fait reprendre la guerre dès le mois d'août 881. Les troupes du roi Carloman II entament à nouveau le siège de Vienne, mais apprenant la mort de son frère le roi Louis III, survenue le 5 août, il lève aussitôt le siège pour aller recueillir la succession. Cependant les troupes de l'empereur Charles III le Gros arrivent à leur tour et réussissent à prendre la ville qui est pillée et incendiée. Richard le Justicier, frère de Boson, prend sous sa protection sa belle-sœur et sa nièce Engelberge et les emmène à Autun. Boson se réfugie en Provence.

En 884, à la mort de Carloman II, qui n'a pas de fils, l'empereur Charles III le Gros est appelé pour assurer la régence du royaume de France. Il propose à Boson de le reconnaître comme roi de Provence sous la simple condition d'un hommage au royaume des Francs.

Boson, sort honorablement de sa lutte contre les Carolingiens, et meurt le 10 janvier 887. Il est inhumé dans la cathédrale Saint-Maurice de Vienne.

À sa mort, son fils unique Louis (futur Louis III l'Aveugle) est dans le plus tendre enfance. Sa 2ème épouse Ermengarde, secondée par Aurélien, l'archevêque de Lyon et Barnoin, l'évêque de Vienne, assure la régence du royaume de Provence. Son beau-frère, Richard II de Bourgogne dit Richard le Justicier qui a hérité des « honneurs » de Boson, n'hésite pas à se déclarer le protecteur naturel de son neveu Louis, et se saisit du gouvernement des états de Boson. L'empereur Charles III le Gros est le seul prince régnant en position de contester les droits de Louis à l'héritage paternel. Pour prévenir toute opposition de sa part, Ermengarde, se rend en 887, auprès du monarque pour lui présenter Louis et implorer sa protection. Privé d'héritier légitime, Charles III le Gros comble les espérances de la reine. Il adopte Louis comme son fils, et lui confère le titre de roi ce qui lui permet de retourner régner en Provence sous la régence de sa mère.

 

Loup de Ferrières dit Loup Servat (vers 805-862)

Ecclésiastique

 

Né à Ferrières dans le diocèse de Sens, il est élevé et éduqué à l’école de l’abbaye Saint-Pierre de Ferrières. À l’âge de 25 ans, l'abbé Aldric l’envoie étudier la théologie outre-Rhin. À l’abbaye de Fulda, tout en étudiant, il donne lui-même des cours de lettres qui lui apportent une grande célébrité. Il y fait aussi la connaissance de Rabanus Maurus et d'Eginhard, savants de grand renom.

Sa bonne réputation, qui a précédé son retour à Ferrières, lui vaut la faveur de l'impératrice Judith de Bavière qui le nomme précepteur du fils de Louis le Pieux, le futur Charles II le Chauve, pour lequel il représenta toujours une certaine autorité.

Abbé de l'abbaye Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières-en-Gâtinais dans le Loiret, il est fait prisonnier le 14 juin 844 au cours d'une bataille près d'Angoulême, bataille remportée par Pépin II d'Aquitaine contre une armée envoyée en renfort pour soutenir Charles II le Chauve qui assiégeait Toulouse. L'abbaye de Ferrières verse alors une forte rançon afin qu'il puisse retrouver la liberté.

En décembre 844, lors du synode des évêques de Francie occidentale à Ver-sur-Launette, ses décisions formulées contre les nobles, pilleurs des biens de l’Église, ne furent pas acceptées par le roi Charles le Chauve, car il les trouvait trop radicales.

Il joua un rôle prépondérant comme théologien augustinien et organisateur de l'Église de France, et assista en 853 au concile de Soissons.

Grand lettré féru d'Antiquité, il est souvent considéré comme le précurseur des humanistes de la Renaissance. Contribuant énormément à la copie de textes anciens des auteurs principaux latins et grecs, il a permis de faire revivre les lettres antiques. Il a comme élève, Heiric d'Auxerre, un des quatre grands maîtres de l'école monastique de l'abbaye Saint-germain d'Auxerre.

 

Heiricus Autissiodorensis dit Heiric d'Auxerre (841-vers 876)

Moine bénédictin, poète et érudit

 

Originaire de Bourgogne, d’un lieu proche d’Auxerre. Il est offert par ses parents comme oblat* à l'abbaye vers 848, au moment de la construction de la nouvelle crypte par l'abbé laïc Conrad, oncle de Charles le Chauve. Il est tonsuré à Noël 850 et ordonné sous-diacre le 22 septembre 859. Il suit les cours d'Haymon d'Auxerre de 855 à 859, dont il reçoit un enseignement surtout théologique, puis ceux, plus tournés vers les humanités classiques, de Loup de Ferrières à l'abbaye Saint-Pierre de Ferrières de 859 jusqu’à la mort de ce dernier en 862.

Il est ordonné prêtre en 865 et revient à Auxerre. Il succède à Haymon, devenu abbé de Cessy-les-Bois, comme écolâtre* de l'école abbatiale de 865 à sa mort vers 876.

Il est le contemporain et le témoin privilégié des travaux de réaménagement de l'abbaye de 841 à 865. Sa production littéraire se concentre sur une dizaine d’années, entre 865 et 876. Vita sancti Germani* (Vie de saint Germain), écrite à la demande de Lothaire le Boiteux, fils de Charles le Chauve et abbé laïc de Saint-germain d’Auxerre de 863 à 866, elle est achevée en 873-874 et dédiée à Charles le Chauve. Miracula sancti Germani* (Miracles de saint Germain), en prose. Collectanea, un recueil de notes de cours prises auprès d’Haymon d’Auxerre et de Loup de Ferrières et un florilège d’auteurs latins. Glose des Categoriae decem, le résumé latin du 4ème siècle des Catégories d’Aristote, alors attribué à saint Augustin.

 

Adrien II (792-872)

Pape de 867 à 872

 

Né à Rome, Fils d'un certain Tarare, il fut élu pape le 14 décembre 867, après avoir refusé 2 fois le pontificat. Il leva l'excommunication lancée contre Lothaire II, roi de Lotharingie*, qui avait répudié sa femme. Il réconcilia la papauté avec l'archevêque de Trèves, Theutgaud, et l'évêque d'Anagnia Zacharie excommuniés par son prédécesseur.

Il tint en 869 un concile à Rome contre Photios, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer et soumettre à la pénitence publique. Il eut des démêlés avec l'empereur d'Orient Basile 1er et avec le nouveau patriarche grec au sujet du schisme provoqué par Photius. Il força Lothaire le Jeune a demander un pardon général pour ses errements matrimoniaux. En revanche, après avoir pris le parti de Carloman, révolté contre son père Charles le Chauve, il dut finalement céder devant l'hostilité des évêques de France.

Malgré une conception assez large de l'autorité pontificale, il laissa à sa mort un bon souvenir en raison de son désintéressement et de sa générosité pour les plus pauvres.

 

Photios 1er de Constantinople (vers 810-vers 893)

Patriarche de Constantinople de 858 à 867 puis de 877 à 886

Né dans une famille noble, il serait le neveu du patriarche iconophile Taraise, dont la famille, est connue depuis la fin du 7ème siècle; sa mère, Irène, de la famille des Môrocharzanioi, est la soeur du patriarche iconoclaste Jean VII le Grammairien.

Il acquit une culture encyclopédique et enseigna la philosophie, les mathématiques, la logique, la dialectique et la théologie, avant d'occuper la position importante de prôtasèkrètis dans l'administration, c'est-à-dire chef de la chancellerie impériale. Il participa à une ambassade auprès des musulmans en 838, 845 ou 855. Bien qu'étant encore simple laïc, il fut élu à la succession du patriarche Ignace lorsque celui-ci fut déposé en 858. Il jouissait du soutien de l'empereur Michel III et du césar Bardas. L'abdication d'Ignace ouvrit une lutte d'influence à l'intérieur de l'Église, le parti d'Ignace réussissant à obtenir le soutien du pape Nicolas 1er. En 863 ce dernier le dépose, il riposte en décrétant la rupture avec Rome et exhorte dans une encyclique le roi Louis II à déposer le pape. Mais c'est Photius qui est condamné et exilé en 867, tandis qu'Ignace retrouve le trône du patriarcat constantinopolitain grâce au soutien de l'empereur Basile 1er qui a besoin de l'aide des Italiens contre les armées musulmanes.

Néanmoins, en 876, il est rappelé à Constantinople pour s'occuper de l'éducation des enfants de l'empereur. Et lorsque Ignace meurt en 878, c'est Photius qui est élu patriarche. L'année suivante, en novembre 879, un concile est réuni dans la capitale byzantine, auquel assiste le pape Jean VIII qui reconnaît formellement Photius comme patriarche, mais ne cède pas sur la question de la juridiction ecclésiastique sur la Bulgarie. La période d'hostilité qui s'ouvre après l'assassinat de Jean VIII à Rome est parfois considérée comme les prémisses du schisme de 1054.

Dans le conflit qui oppose Basile à son fils Léon VI, il prend le parti du père et se retrouve donc de nouveau déposé et exilé à la mort de celui-ci en 886.

Grand érudit, excellent connaisseur de la littérature antique, il est à l'origine d'un renouveau des études classiques dans la capitale byzantine. Il explique et commente des auteurs antiques, tel Aristote, et réunit le fruit de ces recherches dans son œuvre majeure la Bibliothèque, encore appelée Myriobiblon, dédiée à son frère Tarasios.

Il est également l'auteur d'un Lexikon, une compilation des termes et expressions remarquables qu'il notait au cours de ses lectures. Tout comme le Myriobiblon, cette œuvre est antérieure au patriarcat.

En tant que patriarche, son ouvrage le plus connu est la Mystagogie du Saint Esprit, dans lequel il développe l'argumentation orthodoxe contre la doctrine du filioque.

Il est aussi l'auteur d'un traité contre les Pauliciens*; de Nomocanon et d'un recueil de 300 réponses exégétiques adressées à l'archevêque de Cyzique, Amphilochus, les Amphilochia.

 

Nicolas 1er dit le Grand (vers 800-867)

Pape du 24 avril 858 à sa mort

 

Issu d'une famille modeste, il commence sa carrière au palais du Latran, au service du pape. Sous le pontificat de Léon IV, il est ordonné sous-diacre. À la mort de Benoît III, il est élu pape grâce à l'appui de l'empereur Louis II.

Pendant son pontificat, il s'impose comme patriarche d'Occident. Il interdit aux princes bretons de transformer Dol en archevêché, rappelle aux métropolites son autorité sur eux et excommunie en 861 l’archevêque Jean VIII de Ravenne, coupable d'avoir empiété sur les prérogatives spirituelles et temporelles du pape. En Orient, il s’immisce dans le conflit entre les partisans du nouveau patriarche de Constantinople, Photios 1er et les partisans de l'ancien, Ignace, déposé par Michel III et le césar Bardas. Quand Boris, prince des Bulgares, se convertit au christianisme, prenant le contre-pied de la politique de Photios, il envoie des évêques pour l'aider à constituer son Église. Dans sa Lettre aux Bulgares, il explicite les principales divergences entre les 2 Églises. En réaction, Photios convoque en 867 un synode qui excommunie Nicolas 1er.

Il fait figure d’autorité morale. A ce titre, Charles le Chauve requiert son arbitrage quand son frère Louis le Germanique envahit la France, de même que lors de la révolte de ses fils Louis et Charles (Charles l'enfant). Il intervient également dans le divorce de Lothaire II, roi de Lotharingie*. Il excommunie les archevêques de Trèves et de Cologne, qui avaient annulé le premier mariage et résiste même aux assauts armés de Louis II, frère de Lothaire.

 

Engelberge d'Alsace (morte vers 897)

impératrice d'Occident et reine d'Italie

 

Elle épouse vers 851 ou 852 Louis II le Jeune, que son père Lothaire 1er a investit de la dignité impériale en 850. Lothaire meurt en 855 et Louis hérite de l'Italie. Vers 868, elle organise une entrevue entre le pape Adrien II et son beau-frère Lothaire II qui cherche à résoudre sa situation matrimoniale, espérant répudier son épouse Teutberge pour épouser sa maîtresse Waldrade et légitimer leurs enfants. Mais l'entrevue est un échec et Lothaire II meurt le 8 août 869 sans fils légitime.

Il semble qu'Engelberge accompagnait son mari lors d'une expédition contre Adalgis, prince de Bénévent, lorsque ce dernier fut capturé en août 871. C'est l'évêque de Bénévent qui réussi à négocier et obtenir sa libération. Louis II meurt le 12 avril 875.

Veuve, elle devient religieuse en rejoignant l'abbaye Saint-Sauveur de Brescia en 868, où elle succède à sa fille Gisèle. En 880, son gendre Boson se proclame roi en Provence et l'empereur Charles le Gros la soupçonne de le soutenir, aussi la fait-il enfermer dans un couvent en Alémanie*, pour lui permettre de revenir en Italie en 882, après la défaite de Boson. Elle favorise l'accession de son petit-fils Louis à la tête du royaume, avant de se retirer dans l'abbaye Saint Sixte de Plaisance en 896.

 

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