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Rabanus Maurus Magnentius dit Raban Maur - Anschaire 1er d'Ivrée ou Anschier 1er - Haymon d'Auxerre - Lothaire le Boiteux - Willa de Provence ou Willa de Vienne - Rodolphe 1er de Bourgogne - Basile 1er dit le Macédonien - Théobald d'Arles ou Thibaut d'Arles - Bardas - Michel III dit l'Ivrogne - Ignace de Constantinople - Jean VII le Grammairien dit Jean Hylilas -

 

Rabanus Maurus Magnentius dit Raban Maur (vers 780-856)

Moine bénédictin, archevêque de Mayence (Allemagne) et théologien

 

Il est l'auteur de l'encyclopédie De la Nature des choses. Il a également rédigé des traités d'éducation et de grammaire et des commentaires de la Bible. Il est l'un des plus importants professeurs et auteurs de la Renaissance carolingienne. Il est considéré comme saint en Allemagne.

Après des études à Fulda, il reçoit le diaconat et part à Tours, pour y être éduqué par Alcuin. C'est Alcuin qui, voyant son sérieux et la pureté de ses mœurs lui donna le surnom de Maurus, d'après Saint Maur, disciple préférée de Benoît.

Au bout de 2 ans, il retourne à Fulda, où on lui donne la charge de l'école, qui gagne en efficacité et devient l'une des principales écoles d'Occident. Y sont notamment formés Walahfrid Strabo, Loup de Ferrières, Rudolf de Fulda et Otfried de Wissembourg. C'est probablement à cette période que la grammaire de Priscien, livre très populaire au Moyen Âge, est compilée.

En 814, il est ordonné prêtre par saint Haistulph ou Astolphe. Après un désaccord avec Ratgar, il est banni quelque temps de Fulda. Ce bannissement est l'occasion d'un pèlerinage en Palestine, qui éclaire ses commentaires sur Josué. À l'élection d'un nouvel abbé, Eigil, en 817, il retourne à Fulda. Il devient lui-même abbé en 822, et son abbatiat efficace s'achève en 842, quand il se retire à l'abbaye voisine de Saint-Pierre pour se consacrer pleinement à la prière et à l'écriture.

En 847, il est élu pour succéder à Otgar, archevêque de Mayence‎. Il y réprima beaucoup d'abus ecclésiastiques, chercha, mais en vain, à réconcilier Louis le Débonnaire et ses fils, et présida plusieurs synodes. Il déploya aussi une charité sans bornes lors de la famine de 850. Il meurt à Winkel, sur le Rhin, en 856.

Ses travaux comprennent des commentaires sur les Écritures canoniques ou apocryphes et divers traités relatifs à la doctrine et à des sujets pratiques, dont plusieurs séries d'homélies.

 

Anschaire 1er d'Ivrée ou Anschier 1er (860-902)

Comte d'Oscheret de 867 à 887

Margrave d'Ivrée de 888 à 902

 

Fondateur de la maison d'Ivrée. Fils du comte Amédée d'Oscheret, il hérite en 867 du titre de comte d'Oscheret au décès de son père.

Il est conseiller de Boson V de Provence, comte de Mâcon, comte de Chalon et vice-roi d'Italie. Il serait également frère de Foulques le Vénérable, archevêque de Reims et fervent soutien de la dynastie carolingienne en France.

À partir de 887, à la déchéance de l'empereur carolingien et roi d'Italie, Charles III le Gros, il soutient Guy de Spolète qui, à l'instigation sans doute de Foulques le Vénérable, brigue la place de roi de France contre Eudes 1er. C'est un échec rt le comté d'Oscheret est alors donné à la maison de Vergy à Manassès 1er de Chalon.

Parti en Italie en 888 dans l'entourage de Guy qui le remercie en fondant le marquisat d'Ivrée, il lutte alors contre Arnulf de Carinthie venu pour s'assurer le titre d'empereur et roi d'Italie en 894. Il apporte son soutien à Lambert de Spolète, fils de Guy qui vient de décéder. En 896, il s'oppose une seconde fois à Arnulf de Carinthie. À la mort de Lambert en 898, c'est à Bérenger 1er de Frioul qu'il apporte son appui et devient son conseiller en chef. Il épousa Volsia de Suse. Il meurt en mars 902.

 

Haymon d'Auxerre (840-860)

Moine bénédictin du 9ème siècle

 

Surtout connu pour avoir été maître à l'école de l'abbaye Saint-Germain d'Auxerre. Élève de Murethach, il prend la succession de ce dernier vers 840. Il compte parmi ses élèves Heiric, dont il complète l'éducation entamée auprès de Loup de Ferrières, et apprend à ce dernier les sciences scriptiraires. Il cède la place à Heiric avant de terminer sa carrière comme abbé de Cessy-les-Bois entre 865 et 875.

Les œuvres d'Haymon sont souvent confondues avec celles notamment de Haymon d'Halberstadt. On lui attribue néanmoins aujourd'hui des commentaires scripturaires et d'autres commentaires exégétiques. Haymon pratique la méthode de la quaestio, dont l'essor est intimement lié à l'école exégétique d'Auxerre.

 

Lothaire le Boiteux (vers 850-866)

 

Quatrième fils du roi carolingien Charles le Chauve et d'Ermentrude d'Orléans. Né infirme, il est destiné à la vie religieuse et devient abbé de Montier-en-Der et de Saint-germain d'Auxerre.

 

Willa de Provence ou Willa de Vienne (vers 873- vers 920)

 

Fille de Boson V de Provence et de Ermengarde d'Italie. Elle épouse en premières noces Rodolphe 1er de Bourgogne, fils de Conrad II de Bourgogne. Veuve de Rodolphe, en 912 elle épouse en secondes noces Hugues d'Arles.

 

Rodolphe 1er de Bourgogne (vers 859-911)

Roi de Bourgogne de 888 à sa mort

 

Fils de Conrad II de Bourgogne, comte d'Auxerre dont il hérita l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, ce qui en fit le personnage le plus puissant de Haute Bourgogne. Après que Charles le Gros eut été déposé et soit mort, les nobles et les principaux membres du clergé de Haute Bourgogne se réunirent à Saint-Maurice et, en janvier 888, proclamèrent Rodolphe pour roi. Au printemps 888, il est couronné roi de Bourgogne et de Lotharingie à Toul par l'évêque Arnaud. Apparemment, profitant de la légitimité conférée par son élection, Rodolphe affirma ses droits sur l'ensemble de la Lotharingie, prenant la plus grande partie de l'Alsace et de la Lorraine. Son ambition fut contestée par Arnulf de Carinthie, qui força rapidement Rodolphe à abandonner la Lotharingie en échange de sa reconnaissance en tant que roi de Bourgogne. Cependant, les hostilités entre Rodolphe et Arnulf semblent avoir continué avec intermittence jusqu'en 894.

Il entretint de bien meilleures relations avec ses autres voisins. Sa sœur Adélaïde se maria avec Richard le Justicier, duc de Bourgogne. Il épousa avant 885 Willa de Provence, fille de Boson V de Provence

 

Basile 1er dit le Macédonien (811-886)

Empereur byzantin de 867 à 886

 

Issu d'une famille de paysans arméniens établis en Macédoine, il serait également descendant d'un lignage arménien illustre, celui des Arsacides. Il aurait été capturé avec sa famille par Krum, khan des Bulgares, lors de la prise d'Andrinople avant de revenir dans sa patrie. Quittant la Macédoine pour Constantinople, il est enrôlé par un homme du nom de Théophilitzès, proche de l'empereur Michel III et du César Bardas. Remarqué par l'empereur, il devient d'abord simple écuyer, et devient, grâce à sa beauté et à son adresse à dresser les chevaux, son favori, le faisant prôtostrator et lui faisant épouser sa maîtresse, Eudocie Ingérina.

Très proche de l'empereur, il pousse celui-ci à éliminer son oncle maternel, Bardas, en mai 866. Michel III le nomme alors co-empereur le 26 mai 866, avant de se faire lui-même assassiner par Basile, avec la complicité de son épouse, le 23 septembre 867. Basile fonde ainsi la dynastie macédonienne sous laquelle l'empire byzantin atteint son apogée.

Il est un homme sans scrupule mais un politique sage et avisé. Il rétablit par des économies drastiques le trésor précédemment dilapidé par Michel III. Il refoule méthodiquement les Arabes de l'Asie mineure, détruit leur allié paulicien avec la prise de Téphrikè en 878 et rétablit l'autorité byzantine sur l'Italie du sud. Il s'empare de Tarente en 880.

Dans le domaine religieux il relègue dans un premier temps le patriarche Photius, cousin de son prédécesseur, dans un couvent, puis le rétablit dans ses prérogatives en 878 et le confirme à son poste par le pseudo-synodus photiana en 879 au 8ème concile œcuménique des Grecs. Les relations avec Rome s'améliorent aussi quand l'empereur accepte en 869/870, lors du concile de Constantinople qui avait condamné Photius, de rétablir Ignace comme patriarche et de rentrer dans la communion romaine.

Enfin dans le domaine législatif il entame la grande œuvre poursuivie par ses successeurs par la publication du Prochiron et de l'Épanagogè. Ce recueil des lois impériales est connu sous le nom de Basiliques.

On a de lui un traité de l'Art de régner adressé à son fils Léon. Enfin, c'est sous son règne que la Nouvelle Église de la Néa est construite, et consacrée en 880. Il meurt le 29 août 886, à l'âge de 73 ans, après un règne de 19 ans.

Il eut deux épouses. Maria fille de Kônstantinos Maniakès, répudiée pour que Basile puisse épouser Eudoxia Ingérina issue de la famille des Martinakioi.

 

Théobald d'Arles ou Thibaut d'Arles (vers 860-vers 895)

Comte d'Arles

 

Fils de Hucbert d'Arles, abbé de Saint-Maurice en Valais, il appartient à la famille des Bosonides qui constitue la première maison de Bourgogne.

Il est déjà comte d'Arles en juillet 879 et se trouve parmi les Bourguignons de l'entourage de Boson, initialement duc, puis après le coup d'État du 15 octobre 879 roi de Provence. Après le coup d'État de Mantaille, le parti de Boson doit faire face à une coalition des Carolingiens.

Avec son allié et beau-frère Hugues le bâtard, il est pourchassé par les troupes royalistes. Toutefois Hubert réussit à échapper aux troupes carolingiennes avant la bataille que livre seul Théobald.

En 883, il figure toujours parmi les comtes qui soutiennent la nouvelle rébellion de Hugues. Mais après la défaite définitive de ce dernier en 885 et les actes de représailles contre ses partisans, il s'enfuit probablement en Provence dans les états de son parent Boson. Après sa mort, sa femme Berthe se remarie après 895 avec Adalbert, marquis de Toscane.

 

Bardas (mort en 866)

 

Oncle de l'empereur Michel III, il exerça le pouvoir réel dans l'Empire byzantin de 856 à 866. fils de Marinos ou Marianos, drongaire d'origine arménienne sans doute issu de la grande famille des Mamikonian, et de Théoctiste Phorina, née dans une famille noble de Paphlagonie. Il était le frère de Théodora, l'épouse de l'empereur byzantin Théophile et la mère de Michel III.

En 837 il est général en Abkhazie. Il est nommé patrice en 843. Exilé à la suite d'une défaite militaire en 844, il réussit à revenir à la cour et à persuader son neveu Michel III de faire assassiner le 20 novembre 855 le tout puissant ministre Théoctiste. Il fait également écarter sa soeur la régente Théodora, qui est dépouillée de son titre d'Augusta en mars 856 et confinée dans un couvent en août ou septembre 857, et il gouverne l'empire en se faisant octroyer les charges de domestique des scholes, magistros, curopalate et enfin de césar le 6 avril 858. Il fait également octroyer à ses 2 fils des charges prestigieuses, celle de monostratège à l'aîné et celle de domestique des scholes à Antigonos, le plus jeune.

Il gouverna l'Empire pendant 10 ans. Le patriarche Ignace ayant refusé de procéder à la tonsure de Théodora contre son gré, puis ayant refusé la communion à Bardas pour avoir noué publiquement une liaison avec la veuve de son fils aîné mort en 857, un comportement assimilé à un inceste par l'Eglise, Bardas, il le fit destituer et remplacer par Photius, un haut fonctionnaire laïc qui était d'ailleurs de sa parenté. Cet abus produisit un schisme dans l'Eglise.

Bardas, présidant à une cour aux moeurs très libres, favorisa la culture profane. Plus particulièrement, il permit l'établissement de Léon le Mathématicien et d'autres professeurs d'arts libéraux dans le palais de la Magnaure, à une date incertaine. Cette période, avec les figures de Léon le Mathématicien et de Photius, tous deux protégés de Bardas, fut le vrai début de la Renaissance humaniste byzantine du 9ème siècle.

La faveur grandissante de Basile le Macédonien, nouveau favori de son neveu Michel III, lui apparaît comme un danger, mais il n'a pas le temps de réagir et il est assassiné par son rival le 21 avril 866.

 

Michel III dit l'Ivrogne (840-867)

Empereur byzantin de 842 à 867

 

Il succède à son père l'empereur Théophile à l'âge de 3 ans le 21 janvier 842. En tant que régente, sa mère Théodora exerce dans un premier temps la réalité du pouvoir avec l'aide de son frère le patrice Bardas et impose le rétablissement définitif du culte des images qui termine ainsi la crise iconoclaste le 11 mars 843. Conseillée par le logothète Théoctiste, Théodora déclenche cependant une terrible persécutions envers les Pauliciens, qui furent massacrés et leurs biens confisqués, les survivants se réfugièrent auprès de l'émir de Malatia, Omar Ibn-Abdullah.

D'autre part, l'impératrice néglige totalement l'éducation de son fils qui devient rapidement un débauché. Bardas incite alors Michel III à enfermer Théodora dans un couvent pour gouverner seul en 856. En réalité c'est Bardas qui gouverne, laissant son neveu à ses femmes et ses banquets.

Le règne personnel de Michel III commence après le meurtre, sur son ordre, le 20 novembre 855, de Théoktistos. La même année il épousa Eudoxie Décapolitaine.

Incapable de gouverner, il laisse le gouvernement des affaires à son oncle Bardas, qui se révèlera d'ailleurs assez efficace, sous son règne, et sous l'influence du patriarche de Constantinople Photios, saint Cyrille et saint Méthode commencent l'évangélisation des peuples slaves à partir de 863. En 864 le tsar de Bulgarie Boris 1er se convertit lui aussi au christianisme. Militairement Michel III est confronté à une révolte des peuples slaves de l'empire, écrasée en 849 par le général Théoktistos Vriennon, puis à l'expansion russe dont la flotte est détruite en 865 par une tempête opportune. Quant à l'expansion arabe en Asie mineure, elle est contenue par la grande victoire d'un autre oncle maternel de l'empereur, Petronas en 863, et compense la défaite de l'armée byzantine dirigée par Michel III en personne en 860. Par contre, la Crète n'est pas reprise.

Le nouveau favori de l'empereur, Basile le Macédonien, pousse l'empereur à se débarrasser de son oncle Bardas en 866. Ce crime sonna la fin de la dynastie amorienne car Michel III fit de son favori le co-empereur. Rapidement lassé du comportement de Michel III, incapable de le contrôler, Basile le fait assassiner le 23 septembre 867 par son cousin Asylaion et devient seul empereur sous le nom de Basile 1er, mettant ainsi fin à la dynastie amorienne au profit de la dynastie macédonienne. Michel est inhumé au monastère de Chrysopolis.

 

Ignace de Constantinople (mort en 877)

Patriarche de Constantinople du 3 juillet 847 au 23 octobre 858 et du 23 novembre 867 à sa mort

 

Fils de l'empereur Michel Rhangabé et petit-fils par sa mère de Nicéphore 1er. Au moment de la déposition de son père, en juillet 813, il fut châtré et enfermé dans un monastère, où il reçut le nom d'Ignace. Il devint ensuite un moine très rigoriste, très attaché au culte des images, et fonda 3 monastères dans les îles des Princes où il avait été relégué. En 847, l'impératrice Théodora le choisit pour succéder au patriarche Méthode. Il était soutenu par les moines du monastère de Stoudios, tenants d'une ligne très rigoriste, et suscita rapidement les résistances des éléments plus modérés de l'Eglise. Ce conflit se cristallisa autour de la déposition de l'archevêque de Syracuse, Grégoire Asbestas. Celui-ci fit appel au pape Léon IV, ce qui causa par ailleurs de nouvelles frictions entre le patriarcat de Constantinople et la papauté, les 2 revendiquant la juridiction de la Sicile.

Quand l'impératrice Théodora fut écartée du pouvoir, puis enfermée dans un monastère, Ignace entra rapidement en conflit avec le nouveau maître du palais, le césar Bardas. Il refusa de tonsurer Théodora contre son gré, puis reprocha à Bardas de loger chez lui Eudocie Ingérina, maîtresse du jeune empereur Michel III. Il refusa de lui donner la communion quand il quitta son épouse pour entretenir une liaison avec la veuve de son fils. Il fut exilé en 857 dans l'île de Térébinthe. Michel III lui extorque sa démission le 23 novembre 858. La désignation du laïc Photius comme patriarche de Constantinople déclenche un schisme dans le clergé grec. Ignace dut comparaître devant un synode en juin 861 et fut condamné et dégradé.

Le 23 novembre 867, Basile, après avoir assassiné Bardas, puis Michel III, et s'être proclamé empereur, rétablit Ignace au patriarcat de Constantinople, où il présida en 869 un concile qui condamna Photius comme hérétique et déposa les prêtres qu'il avait ordonnés. Mais Ignace, malgré l'appui que lui avait apporté la papauté pendant son exil en refusant de reconnaître la légitimité de Photius, poursuivit la politique de concurrence avec l'Eglise latine menée par celui-ci, notamment pour la conversion des Slaves. Après sa mort, le 23 octobre 877, Photius, revenu en grâce, le remplaça, rétablit les clercs déposés en 869 et organisa en 879 un autre concile contradictoire avec le précédent. L'hostilité entre "ignatiens" et "photiens" dura plusieurs décennies.

 

Jean VII le Grammairien dit Jean Hylilas (mort vers 867)

Patriarche de Constantinople ayant exercé ses fonctions de 837 au 4 mars 843

 

Il serait le fils de Pankratios et frère d'Arsaber fait patrice par l'empereur Théophile. Il apparaît au grand jour au printemps 814, lorsque l'empereur Léon V l'Arménien le charge, avec Antoine Kassymatas, évêque de Syllaion, de retrouver et réunir des textes religieux soutenant la doctrine de l'iconoclasme, un travail qu'il mène à bien jusqu'au mois de décembre de la même année. Le jour de Noël 814, une dispute est organisée au palais, en présence de l'empereur, entre la commission iconoclaste et un groupe de défenseurs des images menés par le patriarche Nicéphore, avec notamment à ses côtés Théodore Studite. Il est alors lecteur et moine dans le monastère urbain des Hodègoi. Après la déposition du patriarche Nicéphore, en mars 815, et la convocation d'un synode destiné à re-proclamer l'iconoclasme comme doctrine officielle, il n'est apparemment pas possible de le faire élire à la succession, mais il est nommé higoumène du monastère des Saints-Serge-et-Bacchus, dépendant du palais, et il reste l'homme de confiance de l'empereur.

Il était renommé pour sa grande science et pour sa maîtrise rhétorique dans les débats relatifs à la querelle des Images. Il fut chargé par l'empereur Michel II de l'instruction de son héritier Théophile, et c'est sous son influence que celui-ci acquit de fortes convictions iconoclastes. A l'avènement de Théophile, il fut nommé synkellos, une position qui faisait de lui le successeur attendu du patriarche. Un nouveau synode fut réuni dès 831 pour confirmer et rendre plus rigoureux le bannissement des images, et l'intransigeance de Théophile dans ce domaine fut ensuite attribuée à l'influence de son maître et mentor Jean.

En 830, il effectua une ambassade auprès du calife al-Mamun, mais il n'empêcha que partiellement une guerre entre l'Empire byzantin et les Abbassides. Il rapporta les plans du palais abbasside de Badgad, et, après avoir persuadé l'empereur Théophile de l'en charger, supervisa la construction d'un édifice semblable, le palais de Bryas, dans la banlieue asiatique de Constantinople.

La période de son patriarcat est très mal connue. Il accéda à cette dignité en 837 ou 838 avec le soutien de Théophile. La mort prématurée de son ancien élève fut suivie un peu plus d'un an après de sa chute, sa déposition sur l'ordre de la veuve de Théophile, Théodora, est le prélude à la fin de l'iconoclasme. Il ne participa pas à la réunion tenue le 4 mars 843 chez le ministre Théoctiste, et fut déposé en son absence. Il aurait vécu ensuite jusqu'au début des années 860, mais il ne joua plus aucun rôle public.

Il est connu essentiellement par les écrits des iconophiles, généralement très hostiles à son endroit. Dans de très nombreux textes, il est présenté comme un magicien ou un sorcier.

 

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