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Childéric 1er - Clovis - Saint Benoît de Nursie -

 

Childéric 1er (v. 440-481)

Childéric 1er de son vrai nom Hilde-Rik signifiant "puissant à la guerre"; était le fils de Mérovée. Dernier roi païen, il succède à son père  en 457. Ce fut le dernier roi Franc Salien avant que Clovis ne conquiert une grande partie de la Gaule.
En 457, il règne sans partage, ce qui lui vaut l'animosité de ses parents, des grands et de ses sujets. De plus, indignés par ses moeurs, les Francs le détrônent. Il quitta son petit royaume de Tournai et se réfugia en Thuringie*chez le roi Basin. Il s'éprend de Basine, la fille de ce dernier qui finira par l'épouser. Elle lui donnera 1 fils, Clovis, et 3 filles.
Les Francs choisissent alors
Aegidius, envoyé par Rome comme maître de milice, pour lui succéder. En 481, Childéric 1er meurt et son fils Clovis lui succède.
Son règne fut marqué d'une part par la désagrégation de l'Empire romain d'Occident sous l'expansion du royaume wisigothique, qui s'empara de l'ensemble du Sud de la Gaule et une grande partie de la péninsule ibérique, et de l'expansion du royaume Burgonde autour de la Savoie. D'autre part, il poursuivit l'expansion franque en étendant son aire d'influence située à l'origine autour de la Lys et de la Sambre par la conquête d'un vaste espace entre l'embouchure du Rhin et le Nord de la Normandie. Seul un lambeau romain inséré entre les Francs et les Wisigoths survivait encore sous la conduite d'Aegidius.
Tout en respectant et assimilant les caractères et les formes de la civilisation romaine, il entreprit de consolider son royaume. En 463, il apporta son aide pour aider Aegidius à vaincre l'expansion wisigothique vers la Loire à Orléans qui menaçait leurs 2 royaumes. Se sentant assez puissant, il assiégea Paris en 463 mais dut se retirer. Un peu plus tard, en 469, il respecta à nouveau son alliance avec le successeur romain d'Aegidius, le comte Paul, pour arrêter une fois de plus la poussée wisigothique. En outre, devant une migration des Saxons désireux de s'installer en Gaule et menaçant son royaume, Childéric 1er et Paul entreprirent de les arrêter en 466 à Angers puis en 470. Pourtant, les Saxons les vainquirent. Le comte Paul y trouva la mort. Le fils d'Aegidius,
Syagrius, lui succéda. Entre-temps, Angers fut prise. Cependant, Childéric poursuivit la guerre tout en s'emparant des îles de l'embouchure de la Loire. Puis, il parvint à les refouler en Germanie en 475.
Lorsque l'empereur d'Occident et souverain nominal des Francs,
Romulus Augustule fut déposé par Odoacre en 476, une ambassade gallo-romaine partit à Constantinople supplier l'empereur d'orient de désigner un nouvel empereur d'occident. Or, l'empereur d'Orient refusa de procéder à cette nomination et choisit de devenir le suzerain nominal de l'Empire romain. Cependant, l'éloignement de Constantinople permettait de facto une totale indépendance des royaumes barbares tandis que Syagrius perdait tout espoir de soutien. En revanche, Childéric 1er en profita pour conclure une alliance avec Odoacre contre les Alamans.
A sa mort en 481, vers l'âge de 45 ans, Childéric 1er légua à son fils un royaume certes encore restreint mais déjà puissant et respecté tandis que le royaume des Francs rhénans, après avoir pris Trèves en 480, se structurait autour de Cologne. Childéric fut enterré à Tournai.

 

Clovis (vers 463-27 nov. 511)

Roi des Francs (481-511)

Clovis serait le descendant de Mérovée, roi légendaire d’une tribu de Francs Saliens, qui a donné son nom à la dynastie mérovingienne. Les Francs apparaissent au courant du 3ème siècle comme un regroupement de petits peuples germaniques pas encore convertis au christianisme. Dans leur langue, le francique, plus proche de l’actuel néerlandais que de l’allemand, leur nom signifierait “libres” ou “hardis. Hardis, les Francs le sont certainement, et brutaux et belliqueux. On redoute la saisissante adresse et efficacité de leurs guerriers. Pour eux,  c’est un jeu de lancer dans l’espace leur francisque*, de mesurer du regard l’endroit qu’ils sont sûrs de frapper, de faire tourner leur bouclier, de bondir plus vite que les javelots qu’ils ont décochés et d’atteindre l’ennemi avant eux. 

A la mort de son père Childéric 1er, Clovis est élevé sur le pavois par ses soldats, comme le veut la coutume franque. Il a 15 ans. Il hérite d’un royaume resserré entre la mer du Nord, l’Escaut à l’Est, les diocèses de Thérouane et de Boulogne à l’Ouest et le diocèse de Cambrai au Sud. Ce modeste héritage, Clovis ne tardera pas à l’étendre. En 20 ans, par la diplomatie ou par la force, il va devenir maître de la Gaule. A son avènement en 481 ou 482, sa situation est claire aux yeux des Gallo-romains, que commande Syagrius. Clovis est reconnu rex*, autrement dit chef militaire d’un peuple allié de l’Empire. Cependant, Syagrius lui-même, dernier représentant de l’autorité romaine en Gaule du Nord, est dans une position délicate. Son père, Aegidius, ayant rompu avec Rome, il ne peut plus compter militairement que sur ses propres forces, privé d’ordres, d’hommes ou de subsides venant de la capitale.

Clovis profita de cet état de faiblesse, et en 486, près de Soissons, il attaqua et écrasa Syagrius qui dut se réfugier chez les Wisigoths en Aquitaine. Clovis avait le champ libre pour occuper la Gaule du Nord jusqu’à la Loire et obliger ce qui restait de l’armée romaine à passer à son service. L’épisode quasi légendaire du “vase de Soissons  n’est pas qu’une belle histoire. Il témoigne de la volonté politique de Clovis.

En refusant le partage égal du butin à la mode germanique, il imposa à ses guerriers son pouvoir supérieur. En réservant un vase liturgique pour le restituer à l’évêque de Reims, il s’assura l’alliance essentielle avec le haut clergé de Gaule. Cette même intelligence politique fit choisir à Clovis de ne pas poursuivre aussitôt sa conquête vers le sud, mais d’affermir ses positions à l’est. Des luttes sanglantes, mal connues eurent lieu, pour soumettre les autres tribus franques et les Thuringiens, pour contenir la poussée des Alamans. Ces derniers sont vaincus et dispersés en 496 à la bataille dite de Tolbiac* et la partie rhénane de leur royaume passa sous protectorat franc. Après cette victoire, il est convenu de situer le baptême de Clovis, avec 3 000 de ses guerriers, par Saint Rémi, évêque de Reims. Cet acte décidera non seulement de l’avenir de Clovis, mais aussi de notre histoire nationale. Probablement influencée par la reine Clotilde, princesse Burgonde et catholique, épousée en 496, cette conversion plaça Clovis, le barbare païen, dans l’ordre religieux du côté de ses sujets gallo-romains. Quel meilleur parti pouvait-il prendre pour gagner la sympathie du peuple de la Gaule et obtenir le soutien des évêques, alors seule force véritablement agissante ? D’ailleurs, l’évêque de Vienne, Avit écrivit au nouveau baptisé : “Votre foi est notre victoire.” Désormais, Clovis put exploiter le mouvement d’opinion en sa faveur et sa campagne décisive contre les Wisigoths  apparaîtra comme une croisade pour la Chrétienté. Plus que la neutralité du royaume des Burgondes, il obtint la participation de quelques contingents de soldats ainsi que celle de troupes rhénanes. Fort d’une puissante armée, et après une étape à Tours où il se mit sous la protection de Saint Martin, il attaqua le royaume wisigoth. A Vouillé, près de Poitiers, il mit en déroute l’armée du roi Alaric II. Alaric meurt dans la bataille en 507. Son peuple reflua vers l’Espagne, laissant les villes de Bordeaux et de Toulouse aux mains de Clovis, qui s’empara bientôt de toutes les régions situées entre la Loire et les Pyrénées à l’exception du bas Languedoc, sous protectorat ostrogoth.

Revenu à Tours, Clovis y fit une entrée triomphale, à la manière d’un général romain et reçut les insignes royaux par l’empereur d’Orient, Anastase. Son pouvoir fut désormais légitimé. Il remonta sur Paris, dont il fit, à la place de Soissons, sa capitale. C’est là qu’il engagea la construction d’une basilique dédiée à sainte Geneviève et destinée à recevoir son propre tombeau et celui de la reine Clotilde. Dernier acte politique de son règne, Clovis fit réunir à Orléans un grand concile des évêques de Gaule en juillet 511. En échange de toutes sortes de largesses, il se vit reconnaître le contrôle des ordinations. A sa mort, le 27 novembre 511, on l’enterra dans la basilique des Saints Apôtres à Paris. Sa femme Clotilde se retira dans un monastère à Tours.

Clovis était le maître de presque toute la Gaule. Sa sagesse de ne pas avoir réduit les vaincus en servitude, de ne pas les avoir spoliés de leurs terres, et son habileté à faire collaborer l’aristocratie militaire franque avec l’élite gallo-romaine, civile ou ecclésiastique, avaient largement contribué à assurer son autorité de roi des Francs. Le royaume, qui sera longtemps considéré comme un bien patrimonial, sera partagé entre ses quatre fils : Thierry, Clodomir, Childebert 1er et Clotaire 1er.

 

Saint Benoît de Nursie (480-547)

Fondateur de l'ordre bénédictin, il fut le grand législateur des moines d'Occident. La règle qu'il établit au Mont Cassin fut rapidement adoptée par la plupart des couvents.

Surnommé le Patriarche des moines d'Occident, il est né à Nursie*, ville épiscopale d'Ombrie. Il est issu d'une famille noble et fut envoyé à Rome, pour recevoir une éducation libérale, mais les désordres de ses compagnons d'étude le scandalisèrent et l'effrayèrent. Il abandonna donc ses études vers 500 et s'enfuit avec sa nourrice à quarante milles à l'est de Rome, en Sabine, dans une ville des montagnes Simbrucini, Enfide*.

Retiré dans une solitude sauvage, dans le voisinage de Subiaco, à deux milles seulement d'Enfide, vivant dans une caverne et visité seulement de temps en temps par un pieux ermite, Romanus, qui lui faisait descendre du pain dans un panier et l'en avertissait par un tintement de cloche. La renommée de la sainteté de Benoît s'étant répandue dans les alentours, les moines d'un couvent voisin, Vicovaro, près de Tivoli, le pressèrent, malgré sa jeunesse, de se charger de sa direction, suite au décès de leur abbé. Il résista d'abord, puis finit par céder à leurs insistances. Mais, sa sévérité les poussa à vouloir l'empoisonner.

Il s'établit alors vers 529 sur le mont Cassin, en Campanie, où il fonda le monastère chef de l'ordre des bénédictins, en établissant les principes de la règle monastique. Benoît y vécut 12 ou 13 ans, jusqu'à sa mort, y écrivant la fameuse règle regula monachorum qu'on lui a attribuée. Cette règle, sera très retouchée, codifiée par Benoît d'Aniane, c'est cette règle qui constituera, et qui constitue encore, la règle bénédictine.

Benoît et ses moines défrichèrent et fertilisèrent autour d'eux des terres depuis longtemps incultes et pendant une famine ils nourrirent les populations voisines. Il fonda 2 autres monastères vers la fin de sa vie, l'un près de Terracina, sur la côte, à environ quarante milles du Mont Cassin, et l'autre à Rome.

Il fut proclamé «père de l'Europe et patron de l'Occident» en 1958

 

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