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Le 5ème Siècle est marqué par de grandes invasions et la fin de l’empire Romain

Longtemps pendant la période dite du Bas Empire, le déclin des villes et celui de la population, l’affaiblissement du commerce et celui de la vie culturelle, ont permis que peu à peu les Barbares prennent place en Gaule.

Le 31 décembre 406 a lieu l’invasion des Vandales*. Puis les années suivantes, les Burgondes et les Francs venus d’Allemagne pénètrent dans la Gaule romaine, suivis par les Wisigoths venus du Danube.

 C’est en 407 que les Alamans, les Alains, les Suèves et les Vandales, tribus de Germains, ont déferlé sur la Gaule. Temps de massacres, de pillages. C’est en 412 que les Wisigoths ont pris place dans le sud du pays et en 451 les hordes des Huns d’Attila à leur tour déferle sur la Gaule.

C’est le 7 avril 451 qu’Attila met à sac la ville de Metz. A la tête des Huns, il poursuit dans la Gaule qu’il envahit, ses sujets Wisigoths qui ont fui l’Ukraine sans son accord et qui ont atteint l’Aquitaine, royaume fondé par Théodore 1er, roi des Wisigoths, et l’Espagne. Mais il est battu aux Champs Catalauniques le 20 juin 451. Cette défaite entraîne l'éviction des Huns hors de Gaule et leur départ laisse le champ libre aux Francs de Clovis. Les Huns sont des nomades apparentés aux Mongols. Surgis de la lointaine Asie, ils se sont installés au 3ème siècle de notre ère dans la région du Danube en poussant devant eux les Germains. Sous leur pression, ces derniers se sont mis à leur tour en marche vers l'ouest et ont pénétré dans l'Empire romain.

Attila était un prince Hun, élevé à la cour de l'empereur romain d'Orient, à Constantinople. En 445, de retour chez les siens, il devint roi de tous les Huns après avoir assassiné son propre frère. Attiré par les richesses de l'empire romain à son crépuscule, il prend part aux combats que livrèrent les Barbares aux troupes de Constantinople. Ayant obtenu un énorme tribut de Constantinople, il tourne ses regards vers l'Occident gallo-romain et le royaume wisigoth de Toulouse. C'est ainsi qu'il franchit le Rhin et attaque la Gaule. Après sa défaite, il revient vers le Rhin avec ses troupes composites de 200.000 hommes de toutes origines. Il est alors attaqué par Aétius, un général romain qui fut son compagnon d'armes dans sa jeunesse, et Théodore 1er , le roi wisigoth de Toulouse. Ce dernier trouve la mort aux «Champs Catalauniques» après une mêlée confuse de plusieurs jours, sans véritable vainqueur.

Le roi des Huns refait ses forces et poursuit sa route. Il tente en vain de prendre Rome, mais le pape Léon 1er le Grand, principale autorité locale, va à sa rencontre aux portes de la ville. Les deux hommes parlent agréablement en latin et le redoutable guerrier se laisse convaincre de rebrousser chemin. Il s'en va avec ses troupes, ses femmes et ses serviteurs. Il meurt peu après sur les bords du Danube, mystérieusement, la nuit même de ses noces officielles.

Le 4 septembre 476 marque la fin de l’Empire romain d’Occident. Odoacre, qui s’est emparé de Rome, dépose le dernier empereur Romulus Augustule et renvoie les insignes du pouvoir à Byzance. 6 siècles de domination sur la Gaule s’achèvent.
Odoacre, roi des Hérules, une tribu germanique, est un ancien dignitaire de la cour d'Attila. Entré au service des Romains, il a porté au pouvoir le patrice
Oreste et mis sur le trône le fils de ce dernier, Romulus Augustule. Les revendications de la garde germanique n'ayant pas été satisfaites, Odoacre entre presque aussitôt en conflit avec Oreste. S'étant fait proclamer roi par ses troupes le 23 août 476, il bat et tue Oreste à Pavie avant de déposer son fils le 4 septembre 476. Celui-ci quitte son palais de Rome pour un couvent napolitain, avec une confortable pension.
Respectueux des formes, Odoacre renvoie les insignes de la fonction impériale à Zénon, l'empereur d'Orient qui règne à Constantinople, signifiant de la sorte que les deux moitiés de l'empire romain sont désormais réunies. Elles avaient été séparées à la mort de
Théodose, près d'un siècle plus tôt en 395. Dans les faits, la déposition de Romulus Augustule enregistre la mort de l'empire romain d'Occident.
Odoacre, qui a reçu de Zénon le titre de patrice des Romains, s'établit à Ravenne et réorganise à son gré et sous son autorité la péninsule italienne. Il conquiert la Sicile et la Dalmatie, menaçant à terme l'empereur d'Orient lui-même. Ce dernier appelle à la rescousse
Théodoric, le roi des Ostrogoths, qui viendra difficilement à bout d'Odoacre.

En 486, près de Soissons, Clovis attaque et écrase Syagrius qui doit se réfugier chez les Wisigoths en Aquitaine. Clovis a le champ libre pour occuper la Gaule du Nord jusqu’à la Loire et obliger ce qui reste de l’armée romaine à passer à son service. L’épisode quasi légendaire du “ vase de Soissons ” n’est pas qu’une belle histoire. Il témoigne de la volonté politique de Clovis.

Mais des luttes sanglantes, mal connues ont lieu, pour soumettre les autres tribus franques et les Thuringiens, pour contenir la poussée des Alamans. Ces derniers sont vaincus et dispersés en 496 à la bataille dite de Tolbiac* et la partie rhénane de leur royaume passe sous protectorat franc.
C’est le 25 décembre 496 ou 498, à la suite de sa victoire à Tolbiac contre les Alamans qu’a lieu le Baptême de Clovis et de trois mille de ses guerriers à Reims par Saint Rémi.
Ce n’est que dans les dernières années du 5ème siècle et dans les premières du 6ème que Clovis, qui l’emporte en 507 sur les Wisigoths à Vouillé, parvient à rassembler autour de lui et de la branche salienne, des Francs implantée à Tournai ainsi que la presque totalité des peuples de Gaule ,les Ostrogoths exceptés, autour de chefs qui ne se contentent plus d’être des chefs de guerre mais qui deviennent les propriétaires de vastes territoires.

Les royaumes barbares qui se mettent en place, avec les Francs au nord, les Burgondes le long de la Saône et du Rhône, les Wisigoths au sud, renversent les hiérarchies que la paix romaine avait établies. C’est à cette époque que l’évêque de Clermont Sidoine Apollinaire écrivait à l’un de ses amis.“ Maintenant, en effet, qu’ont été abolis les degrés des dignités grâce auxquelles on avait l’habitude de distinguer les grands des humbles, le seul signe de noblesse sera désormais la connaissance des lettres ”.

 

Les Mérovingiens

 

Dynastie issue des Francs Saliens, tirant son nom de Mérovée ancêtre de Clovis. La puissance des premiers Mérovingiens se réduisait à l’origine aux seuls royaumes de Cambrai, tenu par Chlodion, et de Tournai, échu à Childéric. Clovis, fils de ce dernier, l’étend bientôt à l’ensemble de la Gaule. Sa conversion au christianisme sous l’influence de sa femme Clotilde, princesse Burgonde, facilite la reconnaissance de son autorité par la population gallo-romaine. Partagé par les 4 fils de Clovis qui en poursuivent l’expansion, le royaume mérovingien est de nouveau réuni sous l’autorité de Clotaire 1er. Les fils de ce dernier se répartissent à nouveau l’héritage, mais 2 d’entre eux, Chilpéric 1er, roi de Neustrie, mari de Frédégonde, et Sigebert 1er, roi d’Austrasie, mari de Brunehaut, entament un long conflit qui ne prendra fin qu’à l’avènement de Clotaire II. Le fils de celui-ci, Dagobert 1er, règne jusqu’en 639. Il eut pour trésorier Saint Éloi, qui multiplia les fondations religieuses et charitables dans son diocèse de Noyon. Dès cette époque s’affirme l’autorité croissante des maires du palais, représentants des grands propriétaires terriens et des officiers royaux. Ceux-ci tiennent sous leur coupe les derniers rois mérovingiens, appauvris et débauchés, les fameux " rois fainéants " , qui seront peu à peu évincés par les Carolingiens. L’origine troyenne attribuée aux Francs n’est qu’une légende, remontant au 7ème siècle et développée par les chroniqueurs de l’époque capétienne en vue de rehausser le prestige de la royauté.

 

 

*Francs saliens: Tribu franque d’origine germanique installée au 4ème siècle en Toxandrie, région comprise entre la Meuse et l’Escaut. Avec les Francs ripuaires, ils constituent la principale peuplade franque. Ils envahissent la Gaule au 5ème siècle sous l’impulsion de leur chef Mérovée, ancêtre des Mérovingiens. Sous le règne de Clovis, ils se rendent maîtres d’une grande partie de la Gaule et rédigent leurs coutumes dans un texte connu sous le nom de loi salique.

* Bataille de Tolbiac: A l’issue de l’épisode légendaire du  vase de Soissons , Clovis choisit avec intelligence de ne pas poursuivre aussitôt sa conquête vers le sud, mais d’affermir ses positions à l’est. Luttes sanglantes, mais mal connues, pour soumettre les autres tribus franques et les Thuringiens, pour contenir la poussée des Alamans. Ces derniers sont vaincus et dispersés en 496 ou 506 à la bataille dite de Tolbiac aujourd’hui Zülpich et la partie rhénane de leur royaume passe sous protectorat franc. Après cette victoire, il est convenu de situer le baptême de Clovis, avec 3 000 de ses guerriers, par saint Remi, évêque de Reims. Cette conversion place Clovis, le barbare païen, dans l’ordre religieux du côté de ses sujets gallo-romains.
 

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