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Radagaise ou Radogast - Serena - Héraclien - Gaïnas - Alaric 1er - Flavius Eugenius dit Eugène - Arbogast - Vettius Agorius Praetextatus dit Prétextat - Flavia Justina Augusta dite Justine -

 

Radagaise ou Radogast (mort en 406)

Chef barbare d'origine gothique

 

À la tête d'une nombreuse armée hétéroclite composée entre autres de Goths, de Vandales, d'Alamans et d'Alains, il entre en force en Italie au début de l'année 406, balayant les défenses frontalières, et commettant de nombreux pillages et massacres dans la plaine du Pô. Se dirigeant vers le sud, il est arrêté près de Florence par le général romain Stilicon, et est sévèrement battu près de Fiesole. Son armée, affaiblie par la famine et manquant d'espace pour combattre ou battre en retraite, est exterminée en grande partie, le reste enrôlé de force dans l'armée romaine. Radagaise est capturé et exécuté avec les principaux chefs en août 406.

 

Serena (morte en 408)

 

Fille d'Honorius, petite-fille de Théodose l'Ancien et nièce de l'empereur Théodose 1er. Elle épouse le patrice Stilicon en 384. Elle diffère constamment la consommation du mariage entre Flavius Honorius et sa fille Marie. Chrétienne, elle s'attire les foudres des païens en profanant le temple de Rhéa à Rome vers 405.

Après l'assassinat de son mari en 408, elle s'enfuit rapidement de Rome. Détestée de sa cousine Galla Placidia, elle est accusée de collusion avec le chef wisigoth Alaric 1er qui ravageait l'empire, et étranglée sur ordre du Sénat de Rome en novembre.

 

Héraclien (mort en 413)

 

Officier de l'empereur romain Flavius Honorius de Ravenne. Il se charge froidement de l'élimination de Stilicon en lui tranchant la tête le 22 août 408 à Ravenne. Il supprime ensuite son fils Eucher peu après. En récompense, il est nommé comte d'Afrique. Il se comporte rapidement comme un prince indépendant. En 409-410, il bloque les expéditions de blé et d'huile pour Rome et l'Italie.

Bien que voyant arriver les têtes des différents usurpateurs à Carthage et se voyant conférer le consulat par Ravenne pour l'an 413, contre toute attente, il pousse sa chance en solitaire et au printemps, il débarque grâce à son imposante flotte en Italie avec une petite armée comme prétendant à l'empire. Mais à Otricoli en Ombrie, ses troupes sont anéanties par le comte Marin. Poursuivi en Afrique par celui-ci, il est capturé et décapité à Carthage dans le temple de la Mémoire en juin 413.

 

Gaïnas (mort en 400)

Général goth

 

Au service de l'Empire romain d'Orient sous les règnes de Théodose 1er et d'Arcadius. Il meurt en décembre 400 après avoir été poussé à la fuite par l'entremise d'Eudoxie.

Il commence sa carrière comme simple soldat, mais commande le contingent barbare de l'armée de Théodose contre l'usurpateur Eugène en 394. En 395, il s'allie à Stilicon et Eutrope pour provoquer la chute de Rufin, et en récolte les fruits en devenant comes rei militaris. Nommé en 399 magister utriusque militiae, il est envoyé combattre le chef goth Tribigild, mais s'entend en fait avec ce dernier et provoque ainsi la chute d'Eutrope. La faction anti-germanique de la cour représentée par Aurélien s'étant momentanément emparé du pouvoir, Gaïnas obtient l'exil de ce dernier, et avec l'appui de Kaisarios, ex préfet du prétoire, il entre à Constantinople avec une armée de Goths. L'opposition religieuse entre les Goths ariens et la population orthodoxe de la capitale est attisée par le patriarche Jean Chrysostome puis par Synésios de Cyrène.

Le 12 juillet 400, excitée par l'impératrice Eudoxie qui le trouve trop dangereux, la populace massacre un contingent de troupes de Gaïnas qui, paniqué, se retire en Thrace. Un autre général goth, Fravitta est envoyé à sa poursuite, mais Gaïnas est tué près du Danube par le chef hun Uldin qui renvoie sa tête à Constantinople le 12 décembre 400. Le parti goth de Constantinople est ainsi défait et Arcadius célèbre cette victoire en faisant élever sur le forum qui porte son nom une colonne dont les bas-reliefs représentent la fuite et la défaite des Goths de Gaïnas.

 

Alaric 1er (vers 370-410)

Roi des Wisigoths de 395 à 410

 

Né à Pteros dans le delta du Danube, à l'époque où les Wisigoths se trouvaient près de la Mer Noire et du Danube, en position de fœderati*. il appartient à une noble famille wisigothique, membre du clan balthe. En 394, sous le règne de l'empereur romain Théodose, il devient chef des fœderati et participe à la campagne contre l'usurpateur Eugène. En 395 Théodose meurt, laissant un empire fragilisé, partagé entre ses 2 fils, Arcadius à l'est et Honorius à l'ouest.

Il espère recevoir un grand commandement à l'occasion du changement de régime, mais on le lui refuse. De leur côté, les fœderati sont furieux de se voir spoliés de leur part de butin. Ils acclament Alaric roi, et celui-ci envahit et pille la Thrace, la Macédoine et le Péloponnèse en 395/396, mettant à sac les prestigieuses cités grecques et vendant leurs habitants comme esclaves. Aux frontières de l'Élide et de l'Arcadie, il est arrêté par l'énergique Stilicon. Sans doute dans l'espoir de le neutraliser, Arcadius le nomme préfet de l'Illyrie, importante province romaine.

En 400, allié avec le chef ostrogoth Radagaise, il marche sur l'Italie, dévastant toute la partie nord avant d'être arrêté de nouveau par Stilicon. Étrangement, ce dernier n'extermine pas les troupes d'Alaric, peut-être en espérant en tirer des mercenaires. Après une autre défaite à la bataille de Vérone, Alaric quitte l'Italie en 403 pour revenir en Illyrie. À cause de son invasion, la capitale de l'empire d'Occident passe de Milan à Ravenne.

En 408, Arcadius meurt. Alaric en profite pour demander à être payé pour cesser la guerre et réclame la somme de 2 000 kg d'or, que Stilicon fait promettre au Sénat romain de payer. Quelques mois plus tard, Honorius, jaloux du pouvoir de son ambitieux général et influencé par ses favoris, fait tuer Stilicon et ses proches. Dans la confusion qui s'ensuit, les troupes romaines massacrent les familles des fœderati, qui rejoignent alors en grand nombre les troupes d'Alaric. En septembre 408, Alaric franchit de nouveau les Alpes et assiège Rome. Les habitants affamés finissent par accepter de payer plus de 1 000 kg d'or, de la soie, du cuir et du poivre.

Il réclame également un vaste territoire entre le Danube et la Vénétie, ainsi que le titre de commandant en chef de l'armée impériale. Irrésolu et protégé à Ravenne, Honorius refuse. En 409, il met de nouveau le siège devant la Ville éternelle. Le Sénat romain s'accorde alors avec lui pour instituer un nouvel empereur, le faible Priscus Attale, qui s'avère vite incompétent et perd la riche province d'Afrique, grenier de l'Empire, tenue par les partisans d'Honorius. Alaric doit faire face à des émeutes frumentaires à Rome et à des légions envoyées par le neveu d'Honorius, Théodose II. Il chasse Priscus Attale et tente d'ouvrir de nouveau des négociations avec Honorius. Devant leur échec, il fait une 3ème fois le siège de Rome, en 410.

Il prend la ville sans grande difficulté, on lui ouvre tout simplement l'une des portes et c'est le célèbre sac de Rome d'août 410, le premier sac depuis des siècles, longtemps après la prise de la ville par des Celtes au 4ème siècle av. jc. Cette violation de l'ancienne capitale impériale, aux mains des Barbares, porte un coup terrible dans les esprits des deux empires.

Peu de temps avant sa mort, il pille l'Italie du Sud et tente d'envahir l'Afrique, quand ses navires sont détruits par une tempête. Lui-même meurt d'une fièvre à la fin de l'année 410. Son successeur est son beau-frère Athaulf.

 

Flavius Eugenius dit Eugène (mort en 394)

Rhéteur et grammairien

Proclamé empereur en 392 contre Théodose 1er

 

Il professait la rhétorique à Vienne en Dauphiné. Sa compétence fut remarquée par le franc Richomer. Celui-ci le recommanda à son neveu, le général Arbogast, qui le nomma secrétaire dans l’administration de Valentinien II. Lorsque le jeune Valentinien II est trouvé mort dans sa chambre en mai 392, Arbogast craint d’être accusé de ce décès, l'usurpation du pouvoir est sa seule issue, mais ses origines franques lui interdisent l’accès au titre impérial. Il proclame donc Eugène au titre d’Auguste, en août 392, à Vienne ou à Lyon.

Dans un premier temps, Eugène cherche l’entente avec Théodose 1er, qui règne à Constantinople. Mais Théodose refuse ces propositions, probablement influencé par son épouse Galla, sœur de Valentinien II, et par le préfet du prétoire Rufin, qui déteste Arbogast.

En Italie même, l’évêque Ambroise de Milan, autorité morale de l’époque, lui refuse son soutien. En revanche le comte Gildon qui gère l'Afrique romaine, précédemment révolté contre Valentinien, reprend ses livraisons de ravitaillements à Rome, mais ne le reconnaît pas comme empereur. Quand en novembre 392ou en janvier 393, Théodose élève son fils Honorius au rang d'Auguste d'Occident, l’affrontement est inévitable.

Eugène et Arbogast assurent d’abord leurs arrières sur le limes du Rhin par des accords de paix avec les Francs et les Alamans. Début 393, ils marchent sur l’Italie avec une armée de fédérés francs et alamans. A Milan, Ambroise persiste dans son attitude de refus, mais l'aristocratie sénatoriale de Rome, dirigée par Symmaque et Nicomaque Flavien, leur fait bon accueil, dans le contexte de réaction païenne face à l’interdiction du paganisme promulguée fin 392 par Théodose 1er. Eugène, chrétien modéré, rend aux sénateurs païens les biens qu’on leur avait confisqués, tout en laissant aux églises les biens pris aux temples. L’autel de la Victoire que Gratien avait fait enlever en 382 est replacé dans la Curie, tandis que se multiplient les cérémonies aux cultes anciens.

En Orient, Théodose prépare longuement son expédition et quitte Constantinople en mai 394, avec une armée commandée par Stilicon et Gaïnas, constituée en majorité de Wisigoths, renforcée de contingents de Huns. La rencontre a lieu le 6 septembre 394, à la bataille de la Rivière Froide près d'Aquilée. Malgré un succès initial, Arbogast et Eugène sont trahis par la défection d’une unité franque et vaincus. Eugène est décapité. Arbogast se donne la mort, ainsi que Nicomaque Flavien.

Cette bataille marque la fin des tentatives pour rétablir le paganisme dans l'empire romain, qui se voit réunifié pour quelque mois sous le pouvoir de Théodose, qui meurt peu après en janvier 395 à Milan.

 

Arbogast ( ?-394)

 

Officier des armées romaines sous Théodose 1er et Valentinien II. Il est d’origine franque, et serait le fils de Bauto, neveu de Richomer, consul en 384.

Il serait devenu ensuite comte militaire et lieutenant de son parent Flavius Bauto, maître de la milice en 380 et consul en 385. Il aurait commencé à résider à Bodegem, sur le domaine de Bauto son protecteur, une des 3 préfectures létiques de Belgique dont Bauto avait la tenure fiscale, et qui porte son nom comme c'était l'usage.

2 ans après la bataille d’Andrinople où Valens est tué, l’empereur Gratien envoie Bauto et son adjoint Arbogast en Orient avec des troupes afin d’aider Théodose 1er et Richomer à lutter contre les Wisigoths. Des succès rapides permettent de rétablir la situation.

En 388, Richomer et Arbogast commandent l’armée de Théodose 1er qui affronte l'usurpateur Maxime. Envoyé en Gaule après la défaite de Maxime, Arbogast capture et exécute son fils Victor. Théodose met le jeune Valentinien, âgé alors d'à peine 20 ans, sous la protection d’Arbogast, tandis que lui-même séjourne à Milan de 388 à 391, puis repart à Constantinople. En 388, Arbogast repousse une invasion de Francs commandés par Gennobaud, Marcomer et Sunnon.

En 392, il doit passer en Gaule avec Valentinien, pour une expédition punitive afin de contrer les attaques de pillards francs. En mai 392, Valentinien reçoit à Vienne l’appel à l’aide d’Ambroise de Milan, car l’Italie est sous la menace d'une invasion venue de Pannonie. Valentinien veut intervenir mais Arbogast s’oppose à toute sortie de Gaule. Les 2 personnalités s’opposent totalement, entre le militaire aguerri, barbare et païen, et le jeune empereur, dévot ascétique. Le 14 mai 392, Valentinien présente une lettre de renvoi à Arbogast, qui furieux la déchire. Le lendemain de cette altercation, l’empereur est trouvé mort.

Plusieurs mois s’écoulent, pendant lesquels Théodose et son fils Arcadius règnent sur tout l’Empire, tandis que Arbogast observe ses adversaires politiques à Constantinople. Lorsque le préfet du prétoire Tatianos, païen comme lui est remplacé par son adversaire le chrétien Rufin, Arbogast se décide à usurper le titre impérial en août 392. Comme son origine barbare lui interdit l’accès au trône, il proclame empereur Eugène, un haut fonctionnaire recommandé par Richomer.

Après de vaines tentatives de conciliation avec Théodose, il s’organise pour le conflit. Il assure la paix sur le limes du Rhin, et passe en Italie avec des contingents de fédérés francs et alamans. Si l’évêque Ambroise de Milan manifeste une neutralité plus que distante, l’aristocratie romaine païenne est enthousiaste, car elle préfère un chrétien modéré comme Eugène à Théodose, qui a multiplié les mesures et les confiscations anti-païennes. Le sénateur Nicomaque Flavien anime à Rome une violente réaction païenne, les cérémonies en l’honneur des dieux antiques reprennent.

La bataille décisive avec l’armée réunie par Théodose 1er a lieu près d'Aquilée, à la Rivière froide. Arbogast est vainqueur le premier jour, mais la trahison de groupes francs entraîne sa défaite le lendemain, et le réduit à se donner la mort.

 

Vettius Agorius Praetextatus dit Prétextat (vers 310-384)

 

Sénateur romain de la seconde moitié du 4ème siècle, parvenu jusqu'à la préfecture de la Ville et le consulat, prêtre de plusieurs collèges religieux et initié à plusieurs cultes à mystères. Il est l'un des derniers représentants de la haute noblesse romaine cherchant à défendre la religion romaine, alors que le christianisme triomphe sous le règne de Théodose II.

Il est préfet de la Ville de 367 à 369, puis passe 15 ans sans exercer de fonction avant d'être nommé préfet du prétoire d'Illyricum, d'Italie et d'Afrique en 384, année de sa mort.

 

Flavia Justina Augusta dite Justine

Impératrice romaine

 

Fille de Justus, gouverneur de Picénum. Elle épousa successivement l'usurpateur Magnence, l'empereur Valentinien 1er en 368 et après la mort de ce dernier, elle fit proclamer empereur Valentinien II, avec qui Gratien consentait à partager l'empire.

Elle tenta à diverses reprises d'établir l'arianisme dans ses états, mais saint Ambroise empêcha l'exécution de ce projet.

L'usurpateur Maxime ayant conquis une grande partie de l'Italie en 387, elle fut obligée de se retirer en Thessalonique; où elle y mourut en 388.

 

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