Isaac de Larrey - Antoinette de Lafon de Boisguérin Deshoulières  - Nicolas de Malebranche - Daniel Georg Morhof - Jean Racine - Noël Alexandre - Guillaume Anfrye de Chaulieu - Jean Berain -

 

 

Isaac de Larrey (1638-1729)

Historien

Sieur de Chandchamp et de Courménil

 

Pour exercer librement ses croyances religieuses, car il était protestant, il s'exila en Hollande après la révocation de l'édit de Nantes. Ses travaux historiques lui valurent le titre d'historiographe des États Généraux. Peu de temps après, l'électeur de Brandebourg, en offrant le titre de conseiller de cour et d'ambassade à Larrey, l'attira à Berlin, où il meurt le 17 mars 1719.

 

Antoinette de Lafon de Boisguérin Deshoulières (1638-1694)

femme de lettres française

Fille de Melchior du Ligier, seigneur de la Garde, Chevalier de l'ordre du roi et de Claude ou Claudine Gaultier. Son père jouissait d'une fortune assez considérable et avait été d'abord maître d'hôtel de la reine Marie de Médicis puis attaché en la même qualité, à la reine Anne d'Autriche. Sa mère était la nièce de Benoit Milon, seigneur de Wideville, premier Intendant des finances sous le règne de Henri III et président de la Chambre des comptes à Paris.

Belle et instruite, Antoinette du Ligier de la Garde sait le latin, l'espagnol et l'italien quand elle épouse en 1651 Guillaume de Lafon de Boisguérin, seigneur des Houlières, officier distingué, ancien Maître d'hôtel du roi, devenu lieutenant colonel, ayant suivi la fortune du Grand Condé et qui mourut en 1693, la laissant ruinée. Le couple fut présenté entre les années 1654 et 1661 au jeune roi Louis XIV, à la reine mère Anne d'Autriche et au cardinal Mazarin par Michel Le Tellier, alors Secrétaire d'État de la Guerre puis Chancelier de France. Madame Deshoulières et son mari venaient d'accepter d'abandonner le parti du prince de Condé et de profiter de l'amnistie que le roi accordait à ceux qui voulaient revenir d'exil. Monsieur Deshoulières fût ensuite nommé Maréchal de bataille et gouverneur de la ville de Sète dans le Languedoc.

Elle passa peu de temps avec son époux, Guillaume Deshoulières, gentilhomme ordinaire de Condé, mais le rejoignit pourtant à Bruxelles lorsqu’il fut exilé. Elle se fit même emprisonner pour avoir réclamé avec trop de véhémence aux Espagnols la pension qui était due à son conjoint. En 1657, on la retrouve à Paris. Sa maison, rue de l’Homme Armé, au Marais, située dans le voisinage de celles de Mlle de Scudéry et de Mme de Sévigné, accueille les plus hautes personnalités

Elle est la première femme à avoir été élue membre d’une académie de France, l’Académie d’Arles, en 1689. Elle fit partie aussi des “Ricovrati” de Padoue et fut fréquemment mise à l’honneur par ses contemporains en dépit de sa modestie. Ce n’est en effet qu’en 1688, sur l’insistance de ses proches, qu’elle se décida à rassembler des poèmes dont les premiers avaient été composés dès 1672.

Mais sa vie s’assombrit dans les dernières années. Tous les biens de son mari avaient été saisis lors de leur long séjour en Belgique.

Elle connaît la misère et souffre d’un cancer au sein. Antoinette Deshoulières est inhumée le 19 février 1694 en l'Église Saint-Roch à Paris.

 

Nicolas de Malebranche (1638-1715)

Oratorien et philosophe

Né d’un père trésorier de Richelieu, il est le dernier de 10 ou 13 enfants. À cause d’une malformation de la colonne vertébrale, il suit des cours chez lui jusqu'à 16 ans et fait ensuite des études au Collège de la Marche où il obtient en 1656 le grade de maître des arts à l'université de Paris. Il étudie pendant trois années la théologie à la Sorbonne. Après avoir été nommé secrétaire du roi en 1658, il entre à l'Oratoire en 1660, après la mort de sa mère, puis de son père, à quelques semaines d'intervalle.

Dans ses œuvres, il a cherché à synthétiser la pensée de saint Augustin et Descartes. Pour Malebranche, Dieu seul est la cause de la coïncidence entre les activités de l’âme et les mouvements du monde matériel, en réservant la connaissance des causes à Dieu seul, c’est-à-dire à la métaphysique, tandis que la science humaine se borne à rechercher les lois de la nature. Il se trouve être le premier positiviste. En 1699, il devient membre honoraire de l’Académie royale des sciences.

 

Daniel Georg Morhof (1639-1691)* (traduit par mes soins)

Écrivain et érudit allemand

 

Né à Wismar, fils d’un notaire cultivé qui le fait instruire et développe son goût pour la littérature. À 16 ans, il étudie d'abord la jurisprudence à l’Académie de Stettin, puis en 1657 à Rostock où il termine son droit.

Mais une pièce en vers, qu’il compose en 1660, le rend célèbre comme poète et il se voit proposer une chaire de poésie en 1660. Il l’accepte un an plus tard, après avoir visité les principales universités de Hollande et d’Angleterre. Sa dissertation inaugurale De enthusiasmo et furore poetico est très applaudie. Le duc de Holstein le charge en 1665 d’enseigner les Belles- Lettres à la toute nouvelle université de Kiel. En 1673, il est nommé professeur d’histoire et en 1680 bibliothécaire de l’Académie. Infatigable et malgré sa double fonction, il compose un nombre impressionnant d’ouvrages, dont une thèse sur les dangers de la vie sédentaire. Il meurt d’épuisement à Lübeck, alors qu’il n’a que 53 ans.

Il allie à une vaste érudition, un sens poétique incontestable. De ses nombreux écrits, les plus importants sont Unterricht von der deutschen Sprache und Poesie en 1682, la première tentative en Allemagne à une étude systématique de la littérature européenne. Son ouvrage le plus célèbre, Le Polyhistor constitue un véritable recueil encyclopédique des sciences de son temps.

 

Jean Racine (1639-1699)

Poète dramatique français

Né à La Ferté-Milon, dans une famille de la moyenne bourgeoisie et orphelin dès son plus jeune âge. Sa grand-mère, qui est aussi sa marraine, fait élever Jean Racine, orphelin par les religieuses des Petites Écoles du monastère de Port-Royal chez qui sa tante Agnès avait elle-même fait profession. Le petit Racine est autorisé à suivre gratuitement l'enseignement que dispensent les maîtres des " Petites Ecoles " rattachées au monastère.

Envoyé au collège de Beauvais, foyer du jansénisme, il en revint pour recevoir, aux Granges de Port-Royal, l'enseignement d'Antoine Lemaistre et poursuivre de très sérieuses études de grec de 1655 à 1658. Ces trois années d'études, essentielles pour sa formation intellectuelle, philosophique et stylistique, font de Racine l'un des rares grands écrivains du 17ème siècle à pouvoir lire dans le texte original les auteurs tragiques grecs. Après un an de philosophie au collège d'Harcourt à Paris, le jeune homme s'installe en 1659 dans la capitale, où il a pour guide son cousin Nicolas Vitart, secrétaire intendant de la puissante famille des Chevreuse fort liée à Port-Royal, lequel l'introduit dans les milieux aristocratiques et les cercles littéraires.

C’est par une Ode consacrée au mariage du roi qu’en 1660 Jean Racine se fait connaître. Faute d’avoir pu obtenir un bénéfice ecclésiastique, il obtient du roi une pension en 1664, pour une Ode sur la convalescence du roi. Il rentra à Paris où il fit représenter sa première pièce, La Thébaïde en 1664, puis Alexandre en 1665. Racine rencontra une troupe de théâtre et décida d’écrire une pièce dramatique.

Il fut à l’origine de Andromaque en 1667, produite par la troupe de Molière. Mais Racine était peu satisfait de la production et donna le texte à la compagnie de Bourgogne qui était plus habile à la tragédie pour une deuxième production. Il tomba amoureux de Thérèse du Parc. Racine convaincra la jeune actrice, de laisser la troupe de Molière et de le rejoindre à l’Hôtel de Bourgogne. Molière, qui avait maintenu les portes ouvertes pour Thébaïde même lorsque la production fonctionnait à perte, fut profondément blessé par cette trahison et rompu toutes relations avec Racine.

Racine continua à composer des tragédies, qui seront présentées par l’Hôtel de Bourgogne. En 1677, Racine avait réalisé une quantité remarquable de pièces. Onze tragédies et une comédie, 9 de ses tragédies sont basés sur les sujets historiques du monde antique, et 2 sur les sujets bibliques. En fait il était le premier à vivre presque entièrement des revenus de ses pièces. Ces ennemis ont été déterminés pour détruire la carrière de Racine et sont même allés acheter des billets pour la première de Phèdre, simplement pour laisser leurs sièges inoccupés. Etre nommé alors historiographe du roi lui permet, à 37 ans, de prendre ses distances avec le théâtre. S’il écrit encore, des livrets d’opéras, des vers de circonstances, il ne revient au théâtre que parce que madame de Maintenon lui demande une pièce pour ses pensionnaires de Saint-Cyr. Esther fut présenté avec un grand succès en janvier 1689, mais Athalie, bien qu'édité, n’obtint aucun succès. Ces deux pièces lui valent le titre de Gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Racine n'a pas échappé à la critique. Voltaire a ricané au sujet de la similitude de ses héros; et les encyclopédistes ont déprécié ce qu'elles ont nommé l'accès de la sensibilité dans le drame. Il résolu à ne plus écrire pour le théâtre et épousa la petite fille d'un notaire parisien, Catherine de Romanet. Il prépara sa réconciliation avec les solitaires de Port-Royal et s'engagea dans la voie d'une existence bourgeoise, désormais vouée à l'éducation de ses nombreux enfants et à la piété la plus austère. Racine meurt du cancer du foie le 21 Avril 1699. Il est inhumé, selon ses désirs et avec l'autorisation du roi, à Port-Royal, auprès de la tombe de l'un de ses anciens maîtres.

 

Noël Alexandre (1639-1724)

Homme d’Église

Historien ecclésiastique et théologien janséniste français

 

Né à Rouen, il entre à l’âge de 15 ans dans l’ordre dominicain où il est ordonné prêtre. Il enseigne la philosophie au couvent Saint-Jacques de Paris, puis devient en 1675 docteur en Sorbonne où il enseigne également la théologie et le droit ecclésiastique. Il est nommé tuteur de Jacques-Nicolas Colbert et fait des prédications auxquelles assiste Louis XIV, qui lui accorde une pension.

Janséniste proclamé, il est exilé à Châtellerault en 1709, puis privé de sa pension lorsqu’il s’oppose à la bulle Unigenitus en 1713.

Son principal ouvrage est une vaste histoire ecclésiastique en 26 volumes, publiée en latin entre 1676 à 1686 sous le titre “Selecta historiae ecclesiasticae capita, et in loca ejusdem insignia dissertationes historicae, chronologicae, dogmaticae”. Parce qu’il défendait des thèses gallicanes, l’ouvrage sera mis à l’Index par le pape Innocent XI. Il est l’auteur également d’une histoire de l'Ancien Testament en huit volumes, “Selecta historiae Veteris Testamenti capita”, parue en 1689 et d’un traité théologique en 10 volumes, “Theologia dogmatica et moralis secundum ordinem catechismi concilii Tridentini”, d’inspiration thomiste, paru en 1694.

En 1700, il publie un ouvrage intitulé Conformité des cérémonies chinoises avec l’idolâtrie grecque et romaine ainsi qu’une série de sept Lettres sur les cérémonies de la Chine, où il prend la défense des dominicains dans ce que l’on a appelé la « querelle des Rites », qui oppose missionnaires dominicains et jésuites au sujet du confucianisme.

 

Guillaume Anfrye de Chaulieu (1639-1720)

Abbé de Chaulieu, poète libertin français

Il est né probablement à Fontenay dans le Vexin normand. Son père, maître des comptes à Rouen, l’envoya faire ses études au collège de Navarre, où il montra tôt l’esprit qui devait le distinguer. Il se lia avec les fils de La Rochefoucault, l'abbé et le prince de Marsillac, qui fut grand veneur de France et gouverneur du Berry. Le duc de Vendôme et son frère Philippe, grand prieur des chevaliers de Malte en France, se réunissaient à cette époque au Temple où ils formaient autour d’eux une société épicurienne.

Chaulieu devint le compagnon de toujours et le conseiller des deux princes et c'est surtout à leur influence qu'il dut les avantages matériels de sa situation dans la suite. Il profita également de l'enseignement de La Chapelle. Il eut également une très grande affection pour le marquis de la Fare, si bien que la postérité les a fait, eux et leur œuvre poétique, presque inséparable.

Il s'attache alors au princes de Vendôme, et obtint, grâce à l'influence du grand prieur, un nombre estimable de bénéfices, celui de Saint Georges en l'île d'Oléron, qui pouvait valoir de 27 000 à 28 000 livres de rentes, ceux de Pouriers, de Renel, de Saint Etienne. Il fut également abbé d'Aumale, non pas dès 1680 comme on l'a cru, mais en juin 1682, remplaçant Geoffroy-Alexandre de Jarente. Il commença par en retirer des procès.

En 1765, il accompagna en Pologne le marquis de Béthune, envoyé extraordinaire vers Jean Sobieski, nouvellement marié à Mlle de la Grange d'Arquiem, belle-sœur du marquis de Béthune. L'amitié que lui portait l'envoyé de Louis XIV lui faisait espérer trouver, à l'occasion de ce voyage, une carrière profitable. Il ambitionnait une place de résident général ou de chargé d'affaire de Pologne à Paris. Les lettres qu'il écrit à sa belle-sœur, son frère Jacques était conseiller au Parlement de Rouen, nous renseignent sur les incidents du voyage et nous disent l'impression que lui firent les Polonais.

Il ne cultiva sérieusement son talent poétique qu'à partir de 56 ans. Il conçut une vive et délicate passion pour Mlle de Launay qui le consola de la perte de son ami La Fare dont les poésies sont inséparables des siennes. Voltaire et Rousseau furent quelque temps de leur école.

Sa première œuvre fut un rondeau satirique contre Benserade, à propos de la traduction en rondeaux des métamorphoses d'Ovide. Dans la suite, il chanta les voluptés, l'amour, les femmes. Plusieurs de ses vers ont été inspirés par Mme d'Aligre aussi célèbre par son esprit que par la bonté de son âme, d'autres par sa maîtresse, Mlle Rochois, de l'Opéra.

Dans ses dernières années, Chaulieu passa beaucoup de son temps à la petite cour de la duchesse du Maine à Sceaux où il devint l’ami de confiance et dévoué de Marguerite de Launay, avec qui il a entretenu une correspondance intéressante.

Il décéda le 27 juin 1720 et mourut dans des sentiments tout opposés à ceux qu'il avait affiché durant sa vie, s'attirant les sarcasmes de Voltaire.

 

Jean Berain (1639-1711)

Ornemaniste

Né à Saint-Mihiel, il est peintre, aquarelliste, dessinateur, graveur et décorateur de théâtre français. Après avoir étudié avec Charles Le Brun, il est nommé à la cour de Louis XIV en 1674 comme dessinateur de la Chambre et du Cabinet du Roi. Il confectionne les costumes pour les pièces de théâtre et opéras représentés à la cour et devient le décorateur officiel de l'Académie royale de musique en 1680, succédant à Carlo Vigarani.

Il dessinera les cartons de nombreuses tapisseries pour la manufacture de Beauvais comme pour celle des Gobelins.

Décédé à l'âge de 72 ans, dans son appartement aux galeries du Louvre, il fut inhumé en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Son fils, Jean Bérain, continuera son œuvre.

 

Voir la suite

Retour au 17ème siècle