Dietrich Buxtehude - Bernardo Pasquini - Jean Donneau de Visé - Edme Boursault - Louis XIV le Grand dit le Roi Soleil - Marie Thérèse d’Autriche - Catherine Charlotte de Gramont -

 

Dietrich Buxtehude (1637-1707)

Musicien, organiste et compositeur allemand

 

Fils de Johannes Buxtehude, organiste lui-même, sans doute né à Oldesloe, dans le Holstein, près du Danemark. L'éducation de Dietrich Buxtehude se déroule donc pour l'essentiel au Danemark, où il vit dès 5 ans. Outre de probables études classiques à la Lateinschule d'Elseneur, il étudie la musique, probablement sous la conduite de son père. Il est nommé titulaire de Sainte-Marie de Helsingborg en 1657 ou 1658, dans une région ravagée par la guerre entre le Danemark et la Suède. En 1660, Buxtehude succède à l'organiste Claus Dengel, à Sainte-Marie d'Elseneur et se lie d'amitié avec Marcus Meibom, fidèle de sa paroisse, et surtout humaniste renommé et historien de la musique.

Puis il devint successeur de Franz Tunder à l'église de Lübeck le 11 avril 1668. La vieille capitale hanséatique est une métropole commerçante d'importance, bien qu'une crise économique y sévisse alors. L'organiste est la principale figure musicale de la ville. Son installation est rapide : il acquiert la nationalité lubeckoise le 23 juillet 1668 et le 3 août, il épouse une fille de son prédécesseur, Anna Margaretha, née en 1646, qui lui donnera sept filles entre 1669 et 1686.

Il compose pour la liturgie, mais aussi pour des concerts spirituels ou profanes plaisant au public local, notamment les Abendmusiken, veillées musicales de l'Avent dont il fait une institution qui se perpétue jusqu'au 19ème siècle.

Ce poste prestigieux est aussi l'occasion pour Buxtehude d'entretenir des relations avec les musiciens les plus réputés de son temps, comme Gustav Düben, titulaire de l'église allemande de Stockholm, et Johann Theile, élève de Schütz, qui séjourne à Lübeck entre 1671 et 1673, avant de s'établir à Hambourg comme chef de chapelle du duc Christian Albert jusqu'en 1685. La proximité de cette grande métropole est importante pour Buxtehude, qui s'y rend probablement assez souvent, et y fréquente, outre Theile, Reinken, titulaire de Sainte-Catherine avec lequel il entretient vraisemblablement une sincère amitié, Matthias Weckmann, titulaire de Saint-Jacques, ou encore Christoph Bernhard, cantor de Saint-Jean et directeur de la musique de la ville.

La réputation de Buxtehude lui permet de nouer d'autres amitiés fructueuses, en particulier avec le grand théoricien Andreas Werckmeister, et de susciter l'admiration de ses contemporains, comme Johann Pachelbel qui lui dédie son Hexachordum Apollinis en 1699.

Son prestige et ses concerts, qu'il organisa à Lübeck attire par ailleurs des élèves venus de toute l'Allemagne, Daniel Erich en 1675, Lovies Busbetzky en 1679, puis le talentueux Nicolaus Bruhns en 1682, Georg Dietrich Leyding en 1684, et d'autres encore. Le jeune Jean Sébastien Bach, qui vînt à pied de Arnstad en 1705. Son œuvre, dont une partie importante nous est parvenue, compte parmi les plus riches d'Allemagne pour la génération située après Sweelinck et Schütz, et avant Bach, avec celles de Reinken et de Pachelbel.

Dietrich Buxtehude meurt le 9 mai 1707, et est inhumé le 16 mai dans le caveau de l'église Sainte-Marie où reposent son père et ses quatre filles mortes prématurément. Schieferdecker est élu à sa succession par le conseil de Lübeck le 23 juin, et épouse la fille aînée de Buxtehude, Anna Margreta.

 

Bernardo Pasquini (1637 - 1710)*

Compositeur claveciniste et organiste italien

Né à Massa di Valdinievole près de Pistoia, en Toscane. Installé définitivement à Rome dès 1650, il étudie avec Antonio Cesti et Loreto Vittori, et prend connaissance des œuvres de Palestrina et de Girolamo Frescobaldi. Il devient, vers 1663, organiste à la basilique Sainte Maria Maggiore, puis en 1664, de l'église Sainte Maria dans Aracoeli et de l'Oratoire du Très-Saint Crucifix. Il accompagne à Paris en 1664 la suite du cardinal Flavio Chigi et joue du clavecin devant Louis XIV. C'est pour lui l'occasion d'entendre et de côtoyer les musiciens français. Vers 1670, il entre au service du prince Borghese, comme claveciniste et maître de chapelle, poste qu'il conserve jusqu'à sa mort.

Célèbre à son époque comme virtuose du clavesin, il a fréquemment exécuté des morceaux avec Corelli et tous 2 devinrent des membres, avec Alessandro Scarlatti, de l'académie arcadienne en 1706 association placée sous le patronage du cardinal Ottoboni, neveu du pape Alexandre VIII et mécène fastueux, et qui a pour but de formaliser les règles de l'opéra italien pour en relever le prestige.

Il est le plus grand claviériste italien de la période intermédiaire entre Frescobaldi et Domenico Scarlatti. Il est aussi théoricien de la musique, très recherché comme professeur et a pour élèves Francesco Gasparini, Georg Muffat, Domenico Zipoli, Azzolino della Ciaja, Francesco Durante, Giovanni Maria Casini, etc. Il a composé une quantité considérable de musique vocale, incluant des oratorios environ 17, 14 opéras, et plus de 50 cantates.

 

Jean Donneau de Visé (1638-1710)

Écrivain et publiciste

 

Né à Paris, fondateur du Mercure galant. Il débuta dans les lettres, en 1661, par des nouvelles et par des critiques de Corneille et de Molière, critiquant l'École des femmes et écrivant notamment à l’occasion de cette querelle une pièce en un acte, intitulée Réponse à l'Impromptu de Versailles ou La Vengeance des marquis, vraisemblablement jouée en novembre 1663. Plus tard il devint un admirateur et un défenseur zélé de Corneille, mais il persista dans ses attaques contre Molière, et les étendit à Racine et à Boileau. Il confie à sa troupe la création de la comédie la Mère coquette en 1665, suivie d’autres, et, surtout, après la mort de Molière, de pièces à machines écrites en collaboration avec Thomas Corneille, Circé en 1675, la Devineresse en 1679, qui remportent de vrais succès à l’Hôtel Guénégaud. En 1672, il crée le Mercure galant, périodique consacré aux nouvelles du théâtre, des arts, de l’édition, mais aussi aux potins de salons et aux chansons galantes. Interrompue en 1674, la publication du Mercure reprend en 1677, sous le nom de Nouveau Mercure galant et devient mensuelle. Bien que peu considéré par les grands auteurs contemporains, et prenant parti du côté des Modernes, le Mercure réussit et rapporte à son fondateur une confortable rente, qui s’ajoute à ce qu’il retire de ses pièces et autres œuvres et de sa fonction d’historiographe du roi. Quand il meurt en 1710, sa revue est devenue incontestable. Elle prendra en 1724 le titre de Mercure de France.

En même temps, Donneau de Visé avait abordé le théâtre où il connut un éclatant succès avec des comédies et des tragédies jouées à la Comédie-Française.

Auteur de Mémoires pour servir à l’histoire de Louis le Grand en 10 volumes, il reçut, avec le titre d’historiographe du roi, une pension de 500 écus et un logement aux galeries du Louvre.

 

Edme Boursault (1638-1701)

Dramaturge français

Né à Mussy l’Évêque. Fils d’un ancien militaire, d’une des premières familles de Mussy, qui ne lui fit pas donner d’éducation, il se distingua portant dès sa jeunesse par son esprit et par la délicatesse de son style.

Il vint à Paris en 1651 ne sachant encore que le patois bourguignon, connaissant mal la langue française et complètement ignorant du grec et du latin. Autodidacte, il ne tarda pas à apprendre le français et à l’écrire avec pureté et élégance. Mais il eut plus d’une fois l’occasion de regretter son manque d’instruction première, qui l’empêcha même de se présenter à l’Académie française.

Boursault se vit pareillement forcé de refuser, parce qu’il ignorait le latin, la place de sous précepteur du Dauphin que lui fit offrir Louis XIV après la publication de son ouvrage ad usum Delphini intitulé : la Véritable étude des souverains.

Il fut secrétaire de la duchesse d’Angoulême et toucha quelque temps, pour une gazette rimée, qui était fort goûtée de la cour, une pension de 2 000 francs qui lui fut supprimée à la suite de plaisanteries risquées ridiculisant un capucin qui manquèrent envoyer leur auteur à la Bastille. Ayant repris sa gazette quelques années plus tard, elle fut de nouveau supprimée pour une épigramme contre le roi Guillaume avec lequel la France avait alors le dessein de faire la paix.

Boursault occupait, tout en cultivant les lettres, les fonctions de receveur des tailles à Montluçon, qui lui assurait une existence aisée.

Deux de ses plus illustres contemporains, Molière et Boileau, furent en hostilité avec Boursault qui attaqua l'École des femmes dans une petite comédie intitulée le Portrait du peintre ou la critique de l’École des femmes. Molière se vengea vivement dans l'Impromptu de Versailles. Boileau l’ayant nommé dans plusieurs de ses satires, Boursault fit contre lui la Satire des satires, comédie que le crédit de son adversaire l’empêcha de voir représenter. Leur querelle cessa à la suite d’un prêt de deux cents louis qu’il alla faire à Boileau se trouvant sans argent aux eaux de Bourbonne ; celui-ci retrancha alors de ses satires le nom de Boursault et mit celui de Pradon à la place.

 

Louis XIV le Grand dit le Roi Soleil (1638-1715)

Roi de France (1643-1715)

Le 14 mai 1643, lorsque meurt Louis XIII à Saint-Germain-en-Laye, Louis XIV a 5 ans. Sa mère Anne d'Autriche devient régente du royaume. Auprès d’elle, le cardinal de Mazarin, Premier ministre. C’est contre lui que se dresse, en 1648, le Parlement et le peuple de Paris. La Fronde commence. Les barricades qui se dressent dans la capitale contraignent le roi, la reine mère et Mazarin à se réfugier à Saint-Germain. Humiliation et angoisse. Le jeune Louis XIV n'oubliera jamais les trahisons des Princes de sang, des nobles, des ministres, qu'il avait pu observer durant la Régence de sa mère. La même année, le traité des Pyrénées qui complète celui de Westphalie, signé le 24 octobre 1648, décide du mariage du roi avec l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse. En 1651, le roi âgé de 13 ans, est proclamé majeur. Ceci ne suffit pas à conjurer la Fronde. Après avoir dû écarter Mazarin, le roi le rappelle et fait arrêter le cardinal de Retz. Mazarin ne cesse plus d’avoir le souci d’initier le roi aux affaires de son royaume. Lorsqu’il meurt, le 9 mars 1661, il a parachevé son éducation. Dès le lendemain, le roi signifie qu’il est désormais le seul à gouverner. Très tôt il décide qu'il ne peut y avoir d'autre autorité que la sienne. Louis XIV prend le pouvoir en main et décide qu'il ne prendra pas de premier ministre. C'est le triomphe de la monarchie absolue. Le Conseil d'en haut ne se compose que de trois ministres d'Etat, au départ Fouquet, Le Tellier, Hugues de Lionne, mais il sait s'entourer d'hommes de valeur comme Colbert, Michel Le Tellier, Louvois, Pomponne, Vauban... Gare à celui qui faillit à sa charge ou déplait au roi.

Quelques temps plus tard, l’arrestation du surintendant Fouquet le 5 septembre 1661 signifie à tous que le pouvoir qu’entend exercer le roi ne saurait être qu’absolu. Le pouvoir des parlements était très limité puisqu'il était interdit de présenter des remontrances avant l'enregistrement des ordonnances. Le roi s'entourait dans ses Conseils de représentants de la bourgeoisie, comblés d'honneurs, et de ce fait totalement soumis au pouvoir royal. Colbert est nommé surintendant des finances.

Il nomme des ministres qui sont issus de la bourgeoisie et qui ne sont plus des Grands, et c’est à lui seul que les ministres que sont Colbert, Lionne, Le Tellier, plus tard, Louvois ou Pomponne, rendent compte

de toutes les affaires et à qui ils soumettent la décision qu’il convient de prendre.

Un procès est organisé contre Fouquet, qui est un grand orateur et un juriste de talent, il sauve sa tête et gagne l'exil. Louis XIV use de son droit de «grâce» pour commuer la peine en détention perpétuelle, c'est la seule fois de l'Histoire qu'on aura le cynisme d'user d'un droit de grâce pour aggraver une peine!

En décembre 1664, Fouquet est condamné à la prison à vie.

La première partie du règne de Louis XIV est marqué par de grandes réformes administratives, édits, ordonnances, le Code Louis en 1667, sorte de code civil, Code Criminel en 1670, Code Forestier, Edit sur les classes de la marine en 1669, ordonnance de commerce en 1673 et le Code Noir, en 1685 sur l'esclavage*.

C’est par la guerre et par les arts que le roi assure sa gloire. Nonobstant le renoncement de Marie Thérèse à ses droits sur l'Espagne, Louis XIV réclame les Pays Bas en héritage du roi d'Espagne Philippe IV, en vertu d'une particularité du droit flamand (la «dévolution»). La France entame en 1667 la guerre de Dévolution pour faire respecter les droits de la reine sur les Pays-Bas espagnols. La Triple Alliance de l’Angleterre, de la Suède et de la Hollande y met fin. En 1672 commence une guerre qui va durer 6 ans, la guerre de Hollande, qui s’achève par le traité de Nimègue, signé le 10 août 1678. Des villes de l’Artois, de la Flandre et du Hainaut deviennent françaises comme la Franche-Comté. Puis, trop occupé par la guerre, Louis XIV laisse à Colbert les rênes de l'économie nationale. Colbert essaie de remettre les finances en ordre, mais toutes ces sages résolutions ne pourront tenir devant les exigences financières de Louis XIV concernant les dépenses militaires ou les dépenses de prestige, comme Versailles ou le mécénat des arts.

A l’intérieur, en 1663, le roi a créé l’Académie des inscriptions et belles-lettres. En 1666, celle des sciences. En 1669, celle de musique. En 1661 commencent à Versailles des travaux qui ne sont encore que l’embellissement intérieur du relais de chasse qui a été celui de son père. En 1668, débute des grands travaux décidés par Louis XIV au château de Versailles.

C’est en 1682 que Louis XIV s’installe à Versailles. Les plans du château ont été élaborés par l’architecte Le Vau. Le roi n’a pas hésité, pendant des années, à venir vivre dans la poussière, les plâtras et la boue de l’immense chantier à la direction duquel préside Mansart. C’est là, loin du Paris qui a été celui de la Fronde, du Parlement et du peuple, que le roi muselle par l’étiquette ceux qui ont participé à la Fronde des princes. Les questions religieuses tiennent une place importante durant le règne de Louis XIV et sans doute la partie la plus négative de son règne. Voulant traiter les affaires religieuses comme des affaires d'Etat, il entretenait des rapports très tendus avec la papauté, il soutient le gallicanisme et l'Eglise de France réclame des libertés particulières vis-à-vis du Saint Siège. En 1661a lieu la condamnation du Jansénisme.

En 1676, le conflit éclate avec le nouveau pape Innocent XI, lorsque deux évêques refusent de reconnaître le droit royal à disposer du revenu des évêchés. Finalement le roi cède. Louis XIV veut une France unifiée voire uniforme. Le particularisme religieux n'a pas place dans son Etat où le roi a également la main mise sur l'Eglise catholique, les protestants doivent disparaître.

Les protestants sont persécutés au cours de Dragonnades, tellement acharnées et cruelles que même le Pape s'en indigne.

En 1685, le roi révoque l’édit de Nantes. Le savoir-faire industrieux des huguenots est relégué par la volonté du roi par-delà les frontières. Cet acte aura pour conséquence la fermeture des temples, l'exil de plus de 200 000 personnes vers les pays protestants, puis des conflits intérieurs, "des dragonnades",les Cévennes à feu et à sang, la révolte des Camisards en 1702. Et les guerres reprennent. Alarmés par le comportement agressif et les provocations du roi de France, tous nos voisins sauf la Suisse s'allient dans la «ligue d'Augsbourg». Les exigences de Louis XIV sur la succession de l'électeur de Cologne mettent le feu aux poudres. C’est la guerre de la Ligue d’Augsbourg formée par Guillaume d’Orange qui ne pardonne pas à Louis XIV d’avoir voulu porter secours à Jacques II. C’est la guerre de Succession d’Espagne qui commence en 1701 et qui ne s’achève qu’en 1713 par le traité d’Utrecht. Comme il a chassé les huguenots, le roi combat le quiétisme et le jansénisme. En 1710, il fait raser l’abbaye de Port-Royal.

Les points essentiels de la politique extérieure de Louis XIV sont le renforcement des défenses aux frontières, limiter la puissance des Habsbourg, s'assurer la neutralité des princes de Suède et de Savoie et conclure des alliances. Pour cela la première mesure fut la réorganisation de l'armée. Il confie cette tâche à Michel Le Tellier, puis au marquis de Louvois qui est le fils de Michel Le Tellier).

Ainsi des mesures ont unifié l'organisation des armées, unification des soldes, pouvoir du ministère des armées sur les commandants en chefs qui disposaient de leurs hommes selon leur bon vouloir, réorganisation des approvisionnements pour éviter les trafics, création d'un tableau d'avancement pour les officiers.

L'hôtel des Invalides a été créé pour les soldats infirmes. Ainsi Louis XIV dispose de l'armée la mieux organisée et la plus nombreuse de toute l'Europe. En temps de guerre, Louvois peut mettre 300 000 hommes à la disposition du pouvoir.

Les efforts se concentrèrent aussi sur la défense du territoire. C'est Vauban qui fit construire une véritable ceinture de fortifications riches en artillerie. La marine ne fut pas oubliée, des arsenaux royaux furent crées sous l'impulsion de Colbert pour construire des navires modernes. C'est ainsi qu'au coeur de l'arsenal, l'incroyable corderie royale de Rochefort, pouvait alimenter tous les vaisseaux en cordages. Une vraie marine de guerre alimentée par des compagnies de gardes maritimes s'organise, de sorte que la marine française peut rivaliser avec la flotte anglaise.

Fort de cette armée puissante, Louis XIV va engager la France dans des guerres incessantes.

En 1665 le roi d'Espagne meurt. Aussitôt Louis XIV réclame pour sa femme la "dévolution" immédiate des Pays-Bas. En 1667, les 72 000 hommes de Turenne pénètrent en Flandre, ils enlèvent les places les plus importantes avec la prise de Lille. Pour prendre de vitesse la Triple Alliance, alliance de la Hollande, l'Angleterre et la Suède, les combats sont menés en Franche-Comté qui est enlevée aux espagnols en 15 jours. C'est la signature de la paix d'Aix-la-Chapelle le 2 mai 1668.

La France s'est épuisée dans une guerre contre l'Espagne pour ne gagner qu'une partie des Flandres. Elle a surtout inquiété l'Europe sur les intentions de ce jeune roi belliqueux.

Louis XIV décide d'attaquer ensuite la Hollande pour éliminer la concurrence commerciale hollandaise, principalement la marine marchande. juin 1672: Invasion de la Hollande. Echec suite à l'inondation du pays par les Hollandais qui ont ouvert leurs écluses.

La guerre est menée en dépit du bon sens, on perd un temps précieux à assiéger des villes sans intérêt stratégique pour permettre au roi d'y faire une entrée glorieuse de César romain et se termine en échec quand les Hollandais ouvrent leurs écluses et inondent leur pays. Le seul résultat aura été de changer le stathouder* (chef hollandais) Guillaume d'Orange en ennemi mortel de la France, puis de le pousser sur le trône d'Angleterre sous le nom de Guillaume III.

Les brillantes victoires de Condé, Turenne sur terre, Vivonne et Duquesne sur mer, débouchèrent sur les traités de Nimègue 10 août et 17 septembre 1678 et 5 février 1679: Traités de Nimègue : la France gagne la Franche Comté, le Cambrésis et des villes flamandes

La France a donc gagné quelques territoires, une place d'arbitre en Europe et un ennemi mortel sur le trône d'Angleterre. Le jeune boute-guerre ne pourra plus aller durablement plus loin. Toutes les autres guerres aboutiront inexorablement aux frontières de Nimègue. Le 30 septembre 1681, réunion de la ville de Strasbourg à la France. Du 20 septembre au 30 octobre 1697 à lieu les Traités de Ryswick avec le renoncement à nos conquêtes et le retour aux frontières de Nimègue. Le roi d'Espagne Charles II est sans enfants. Comme c'est un Habsbourg, il y a à craindre que l'Espagne et son empire colonial reviennent aux Habsbourg d'Autriche. Le spectre de l'Empire de Charles Quint semble planer sur l'Europe. Pour éviter cela, la France, l'Angleterre et les provinces Unies signent des traités de partage des possessions espagnoles à la mort de Charles II le 13 octobre 1698 par les accords de La Haye entre la France et l'Angleterre. Il manque deux signatures essentielles au bas de ces traités, celle de l'empereur Léopold 1er et celle du roi d'Espagne!

Louis XIV alterne victoires et défaites. Victoires pour Friedlingen en 1702, Eckeren en 1703, Malpaquet en 1709, Denain en 1712, défaites de Höchstädt en 1704, Ramillies en 1706, Audenarde en 1706. Ces guerres agrandissent le territoire, mais les défaites obligent aussi à abandonner Terre-neuve, l'Acadie et le Canada...

Sa gloire et ses ambitions sont sans limites, le Roi Soleil brille sur toute l'Europe, le roi du Siam lui envoie des émissaires, En avril 1682, le français Cavalier de la Salle découvre le delta du Mississipi et baptise le sud de l'Amérique la "Louisiane" en son honneur, mais cette gloire l'aveugle, il ne voit pas les forces de haine qu'il déclenche en Europe, ni l'état de la France, exsangue, ruinée par les guerres et les famines successives.

La grandeur de la France et le prestige de son image poussent Louis XIV à mettre en place un véritable mécénat culturel. Il achète la manufacture des Gobelins en 1662, créé l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres en 1663, l'Académie de Peinture et de Sculpture en 1664, l'Académie des Sciences en 1666, l'Académie d'Architecture en 1671, fait construire l'Observatoire de 1667 à 1672.

A Paris, il fait ériger la porte Saint-Martin, la place des Victoires et la place Vendôme. Le Bernin édifie la colonnade du Louvre en 1665. Tous ces projets supervisés par Colbert, avaient pour visées de faire de la culture française une référence universelle, et de Paris une capitale qui célébrerait la grandeur de son règne.

Pourtant, Louis XIV n'aime guère Paris et le Louvre : trop de mauvais souvenirs d'enfance s'y rattachent. Bientôt, les affaires de l'Etat se décideront à Versailles.

A l'origine, Louis XIII, avait fait construire un petit château de gentilhomme, rendez-vous de chasse, sur des terres marécageuses de Versailles. Il le fait agrandir par Philibert Le Roy. Le jeune roi Louis XIV demande à l'architecte qui avait travaillé sur le château de Nicolas Fouquet à Vaux-Le-Vicomte, Louis Le Vau de l'embellir, mais ce petit château devint trop étroit pour la gloire du Roi-Soleil !

Le Vau conçut un nouveau château, très différent du premier : de grandioses façades de pierres blanches encerclant les vieux bâtiments. A la mort de Le Vau, les travaux continuèrent sous les directives de François d'Orbay, puis de Jules-Hardouin Mansart. Un immense parc paysagé par Le Nôtre entoure bientôt le château et Versailles devient, avec toutes ses dépendances une véritable ville, une seconde capitale. Les travaux durèrent quarante ans !

Le 6 mai 1682, Versailles devient la résidence officielle du roi et de sa cour. Tout y est pensé pour évoquer la puissance royale. Les grands artistes qui avaient décoré Vaux-Le-Vicomte se retrouvent à Versailles : Charles Le Brun, le grand peintre décorateur, Le Vau l'architecte, Le Nôtre le paysagiste. Il faut y ajouter Antoine Coysevox le sculpteur, les frères Coustou, Pierre Mignard et Hyacinthe Rigaud. La chapelle fut le dernier chantier du règne de Louis XIV. Dessinée par Robert de Cotte, elle sera achevée en 1710.

La galerie des glaces décorée par Le Brun, mesure 73 m de long, 10,50 m de large, 12,30 m de haut.On peut y voir dix-sept fenêtres correspondant aux dix-sept arcades ornées de miroirs. Ces glaces, d'une taille exceptionnelle, furent réalisées par la manufacture de miroirs créée par Colbert. Elle est le symbole de la grandeur de Louis XIV.

La cour vit là, dans un luxe inégalé : tourbillon de fêtes et de plaisirs, mais obéissant à une étiquette particulièrement rigide ponctuée par l'emploi du temps du roi. Tout comme le soleil, symbole choisi par Louis XIV, les courtisans assistent au lever, aux repas, au coucher du Roi Soleil. L'approcher et être vu par le roi devient la préoccupation essentielle de la Cour. Dans cette débauche de luxe et d'or, des écrivains présentent leurs oeuvres, le théâtre fait partie des réjouissances.

Molière, qui avait créé spécialement "les Fâcheux" pour la fête somptueuse donnée par Nicolas Fouquet à Vaux-Le-Vicomte, présente ses pièces au Roi, Corneille et Racine leurs tragédies. Avec Boileau, Racine est nommé historiographe du roi en 1677.

De grands écrivains enrichissent le siècle de Louis XIV, La Bruyère, Madame de Sévigné, Bossuet, Fénelon, La Fontaine, Saint Simon. La musique de Lully, directeur de l'Académie Royale de Musique en 1672 et de Charpentier illustrent les fêtes, des opéras sont créés, les ballets et spectacles de feux d'artifices accompagnent les carrousels et réceptions donnés aux souverains et ambassadeurs étrangers.

Louis XIV est bien sur le roi de Versailles. Le palais somptueux de Versailles est à la fois un symbole, un refuge et un instrument de gouvernement.

C'est d'abord un symbole car il montre à la face du monde la magnificence du roi de France qui trouve, dans un pays en guerre avec tous ses voisins, les ressources pour construire une telle merveille.

C'est aussi un refuge, car éloigné de Paris, il n'est plus à la merci des soulèvements de la rue qui ont mis en péril tant de rois, Philippe le Bel, Charles V quand il était régent, Henri III... et même Louis XIV enfant pendant la Fronde!

C'est enfin un instrument de pouvoir car le palais devenant siège du gouvernement, on n'existe politiquement que si l'on se montre à Versailles. Le château deviendra ainsi une prison dorée pour les Grands qui seront définitivement muselés. Réduits à l'état de courtisans, ils ne se disputeront plus désormais que pour le privilège de tenir la robe de chambre du roi! Jamais plus ils ne défieront l'autorité royale, la Fronde aura été leur dernier sursaut.

Le 6 mai 1682, Louis XIV fait de Versailles la résidence officielle de la Cour et le siège du gouvernement.

En un sens, Versailles est un coup de maître, car il résout le problème des rebellions des Grands, qui empoisonnent la vie du royaume depuis les Carolingiens.

Il a cependant un effet néfaste que le Roi Soleil n'a pas aperçu : tout ce beau monde, et en particulier le roi, va désormais vivre en vase clos, dans un univers fermé et doré et perdront le contact avec le peuple, la base et la réalité du monde.

Avec Versailles, c'est fini. Le roi devient à son tour prisonnier de la cage dorée qu'il a forgé pour les Grands. Le roi, maître incontesté d'un monde de courtisans, ne gouverne plus que d'après les informations indirectes de son administration. La Noblesse, jadis classe combattante censée protéger le reste de la société, n'est plus qu'une caste parasite et inutile, vivant du labeur des autres dans un monde de luxe étourdissant, et sourde aux réalités

Depuis la mort de Marie-Thérèse, Louis XIV s'est secrètement marié à Madame de Maintenon, qui avait apporté une certaine austérité à la cour de Versailles. Elle influence le roi, le menant vers une pratique religieuse plus stricte. Les dernières années du règne de Louis XIV furent assombries par des deuils à répétition, le décès du Grand Dauphin puis de son fils le duc de Bourgogne.

Il ne reste comme héritier direct qu'un arrière petit-fils de Louis XIV, Louis d'Anjou âgé de 5 ans à peine. Des défaites militaires, les famines, les caisses de l'Etat vidées par les dépenses de la Cour, affaiblissent le royaume.

Le 10 août 1715, le roi ressent une terrible douleur à la jambe gauche. Fagon son médecin diagnostique une sciatique, lui donne du lait d'ânesse! Les douleurs empirent, la gangrène gagne la jambe du roi. Après une longue agonie, épuisé, Louis XIV meurt à Versailles le dimanche 1er septembre 1715.

 

Marie Thérèse d’Autriche (1638-1683)

Reine de France

Mazarin négocie le traité des Pyrénées signé le 7 novembre 1659. S’il a accepté que la France restreigne ses prétentions territoriales à quelques places fortes en Flandre et en Lorraine, à l’Artois et au Roussillon, c’est pour réussir le mariage de l’infante Marie-Thérèse, fille de Philippe IV d’Espagne et d'Élisabeth de France, avec Louis XIV, roi de France. Dans le cadre du traité, elle renonce à ses droits sur l’Espagne contre la somme de 500 000 écus d’or. Cette dot est si énorme que l’Espagne ne pourra la payer. Elle perdit sa mère en 1644 à 6 ans. De tous ses frères et sœurs ne survivait que l'infant Baltasar Carlos, héritier du trône qui mourut 2 ans plus tard âgé de 17 ans. À 8 ans, elle était le seul enfant survivant de Philippe IV et l'héritière des immenses possessions espagnoles sur lesquelles "le soleil ne se couchait jamais".

Son éducation a été étroite, rigide, et profondément catholique. Depuis son plus jeune âge, il était question qu'elle épouse, pour des raisons dynastiques son cousin, chef de la branche autrichienne et impériale des Habsbourg, d'abord l'archiduc Ferdinand qui mourut en 1654 puis le frère de celui-ci qui devint l'empereur Léopold 1er en 1658.

Marie-Thérèse vécut cependant dans l’intime conviction qu'elle épouserait le roi de France Louis XIV, son cousin doublement germain mais ennemi de sa maison. Velasquez envoya d'elle à la cour de France une caricature, qui ne réussit pas à dissuader Louis de l'épouser. Toutefois à la cour de France on voulait savoir si elle était au moins blonde. Une mèche de ses cheveux blonds fut envoyée. La France et l'Espagne étaient d'ailleurs encore une fois en guerre depuis 1635. Plus tard, après son mariage, on demanda un jour à Marie-Thérèse si elle avait éprouvé quelque penchant de jeune fille lorsqu'elle était encore en Espagne. « Mais non bien sûr, répondit-elle avec candeur, il n'y avait qu'un seul roi et c'était mon père ! ». À son mariage, elle ne parlait toutefois pas un mot de français mais elle apportait le chocolat et la première orange.

Elle épousa le 10 janvier 1660, en l'église Saint-Jean Baptiste de Saint-Jean-de-Luz, conformément au traité des Pyrénées, Louis XIV. Œuvre du cardinal de Mazarin, premier ministre français, ce mariage n'était pour le roi que raison d'État. Il avait jusqu'au dernier moment espéré épouser la nièce du cardinal Marie Mancini, mais le ministre et la reine mère, Anne d'Autriche, s'opposèrent à cette mésalliance. Cependant Marie-Thérèse était certaine que son futur époux était épris d'elle, à la manière de son grand-père Henri IV, Louis XIV avait fait porter à sa future épouse de nombreuses lettres et cadeaux avant leur mariage.

À son arrivée au Louvre, sa belle-mère et tante Anne d'Autriche la prit sous sa protection. Elle tenta de lui enseigner le métier de reine, mais Marie-Thérèse ne se montra jamais réellement à la hauteur. La princesse n'était pas une femme du monde. Même si elle finit par atteindre une bonne maîtrise du français, elle n’avait pas les capacités requises, et les représentations publiques ne furent pour elle que des occasions où elle laissait paraître sa gaucherie. Anne d'Autriche ne vit plus en sa nièce que la femme devant lui donner des petits-enfants.

Louis XIV délaissa bien vite son épouse pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants

Marie-Thérèse resta toute sa vie très pieuse. Elle invitait les "courtisanes" de son mari à venir faire des prières avec elle. Marie-Thérèse finit par se replier sur elle-même, vivant au sein d'une petite cour, isolée au milieu de la Cour, recréant l'atmosphère de Madrid, entourée "de ses femmes de chambre espagnoles, de moines et de nains", mangeant de l'ail et buvant du chocolat, chaussant des talons très hauts qui la faisaient souvent tomber. Pour faire venir à Versailles un confident, elle joua au jeu avec lui et perdit beaucoup d'argent. Le roi fut obligé d'intervenir. D'une dévotion toujours plus intense, l'essentiel de son activité concerne les soins aux malades, aux pauvres et aux déshérités. Elle fréquente l'hôpital de St Germain en Laye, assurant les soins les plus pénibles.

En 1665, son père meurt, laissant le trône à un fils souffreteux âgé de 4 ans issu d'un second lit. Louis XIV en profite pour demander une part d'héritage ce sera la guerre de Dévolution.

En 1666, la mort lui enlève le seul soutien qu'elle avait à la cour, sa belle-mère et tante, la reine mère Anne d'Autriche.

En 1680, le roi marie le Dauphin à Marie Anne Christine de Bavière sans la consulter, car le grand Dauphin était épris d'une autre femme. Elle est bientôt grand-mère d'un petit duc de Bourgogne.

À partir de l'été 1680, sous l'influence de Madame de Maintenon, Louis XIV se rapprocha de son épouse, qu'il avait publiquement délaissée.

Mais Marie-Thérèse ne profita guère de ce regain de faveur. Elle mourut brusquement, le 30 juillet 1683, à Versailles, des suites d'une tumeur bénigne sous le bras gauche mais mal soignée.

 

Catherine Charlotte de Gramont (1638-1678)

Princesse de Monaco

Fille du duc Antoine de Gramont, maréchal de France, l'un des courtisans les plus spirituels de la cour, elle épousa en 1660 Louis Grimaldi dit Louis Ier de Monaco, petit-fils d'Honoré II, prince de Monaco et duc de Valentinois, filleul de Louis XIV et d'Anne d'Autriche.

Catherine -Charlotte avait hérité de l'esprit et du charme de son père. Etablis à la cour de France, les méchantes langues affirment qu'elle entretenait une liaison avec son cousin Puyguilhem, le futur duc de Lauzun. Après quelques intrigues, le couple ducal fut frappé d'une disgrâce passagère et s'installa à Monaco. A la mort d'Honoré II en 1662 le duc de Valentinois prit le nom de Louis 1er. Mais le nouveau prince de Monaco et sa femme furent rappelés à la Cour, Catherine Charlotte de Gramont devint surintendante de la maison d'Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans belle-sœur de Louis XIV. Sa grande beauté attira alors de nombreux courtisans.

Louis XIV, qui commençait à se désintéresser de sa favorite en titre, Louise de la Vallière, entreprend alors une relation de quelques mois avec Catherine. En vérité, Henriette d'Angleterre espérait que le roi se détournerait de Louise pour qu’il lui revienne, et mit en évidence la princesse de Monaco dans ce but. Louise ne reprocha rien à son amant, qui lui en sut gré. Le Roi Soleil préférait les femmes dociles. Le prince de Monaco, Louis, quitta la cour pour aller s’illustrer à la guerre où il se couvrit de gloire.

Mais le roi, au tempérament décidément ardent, délaissa vite Catherine, au profit de Madame de Montespan. Certains affirment que pendant le peu de temps que dura la faveur de Catherine, la princesse aurait eu des relations intimes avec Henriette d'Angleterre. Les deux époux se séparèrent en 1672. Catherine de Gramont mourut le 4 juin 1678 à Paris.

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