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John Locke - Dom Jean Mabillon - Nicolas Pradon - Sébastien le Prestre de Vauban -

 

John Locke (1632-1704)

Philosophe anglais

Né à Bristol en Angleterre dans une famille de Puritain. Son père était un avoué, puis capitaine au service du parlement en 1648 et propriétaire foncier mineur et un mandataire chargé de rassembler les impôts des villes des ports maritimes, il fut ruiné pendant la guerre civile. En 1646 il fut inscrit à l'école de Westminster. En 1652 il rentre à l'université d'Oxford ou il étudia la médecine et ou il fut influencée par John Owen, doyen de l'université. Owen fut le premier a présenté à Locke l'idée de la liberté religieuse et l'idée que les gens ne devraient pas être punis pour avoir différentes opinions religieuse. Par ses études de médecine il est devenu ami avec Robert Boyle, un des premiers scientifiques anglais de l'académie royale. En 1656 il reçu sa maîtrise, et en 1660 il est devenu conférencier en Grec, rhétorique, et philosophie. Il a étudié la médecine, et sa connaissance avec la pratique scientifique a eu une influence forte sur sa pensée et méthode philosophiques. En 1664 il fut nommé censeur de philosophie morale à Oxford.

En 1665 il accompagna Walter Vane pour une mission diplomatique auprès de l'électeur de Brandebourg en Allemagne. Il revient à Oxford pour reprendre ses études de philosophie. En 1666, Locke rencontra Anthony Ashley, le futur 1er comte de Shaftesbury et devint son ami, médecin, et conseiller.

Après l'université, il continua à étudier et lire avec passion. Il exprima ses opinions au sujet de la liberté religieuse et des droits des citoyens. Après 1667, il occupa plusieurs postes diplomatiques et civils mineurs, la plupart d'entre eux pobtenu grâce à Shaftesbury.

En 1675 ayant perdu la faveur politique et ayant des problèmes de santé, il fut contraint de se déplacer en France à Montpellier puis à Paris. En France son cercle d’amis s’élargi considérablement, des médecins aux astronomes, aux avocats, aux linguistes. En 1679 il retourne à Londres

En 1682 ses idées furent vues par le gouvernement anglais comme un défi à l'autorité du roi. Il se sauva en Hollande ou il dû se cacher d'abord à Amsterdam, se déplaçant alors à Rotterdam pour vivre avec d'autres exilés anglais. Néanmoins il commença le travail sur son essai au sujet de la compréhension humaine et en 1688 il fit édité en français une version récapitulative de son travail. En 1688 le Parlement renversa Jacques II et font appelle à Mary et guillaume d'orange. Il revint en Angleterre en 1689 sur le même bateau que la nouvelle reine après la guerre civile et commença à éditer ses écrits, dont beaucoup se sont concentrées sur le gouvernement. La lettre sur la tolérance et deux traités de gouvernement en 1689, et l'essai au sujet de la compréhension humaine dans sa pleine version en 1690.

Locke ne croyait pas que Dieu avait choisi un groupe ou famille des personnes pour régner sur des pays. Il rejeta "le droit divin" que beaucoup de rois et reines avaient l'habitude de justifier pour régner. Au lieu de cela, il a argué du fait que les gouvernements devraient seulement fonctionner avec le consentement du peuple qu'ils régissent. De cette façon, il soutint la démocratie comme forme de gouvernement. Il a écrit, "nous avons appris de l’histoire que nous avons raison de conclure que tous les commencements paisibles de gouvernement ont été étendus dans le consentement du peuple." Des gouvernements ont été formés, selon Locke, pour protéger le droit à la vie, le droit à la liberté, et le droit à la propriété. Locke estimait que la puissance d’un gouvernement devrait être divisée également en 3 branches de sorte que les politiciens n’ont pas la tentation de recourir à la puissance d'absolu. Si n'importe quel gouvernement maltraitait ces droits au lieu de les protéger, alors le peuple a le droit de se rebeller et de former un nouveau gouvernement. Il fut l'un des principaux précurseurs des Lumières. Sa théorie politique est l'une de celles qui fondèrent le libéralisme et la notion d'État de droit

 

Dom Jean Mabillon (1632-1707)

Moine bénédictin

Érudit et historien français

Moine de la congrégation bénédictine réformée de Saint-Maur, principalement connu comme étant le fondateur de la diplomatique. Né à Saint Pierremont, dans les Ardennes Il était le 5ème enfant d'Estienne Mabillon, un paysan et de Jeanne Guérin, laquelle descendait par sa mère d'une branche des seigneurs de Saint Pierremont. Enfant précoce, il surpassait facilement ses camarades de classe, mais l'agrément de son caractère lui valait l'estime de tous. Après avoir reçu les premiers rudiments d'instruction par le clerc magister de la paroisse, maître Gerson Rousselin, à l'âge de neuf ans on l'envoya chez son oncle, Jean Mabillon, alors prêtre de paroisse à Neufville, qui lui enseigna de façon correcte les rudiments et lui donna l'argent nécessaire pour lui permettre de continuer ses études. Grâce à ce dernier, il entra en 1644 au Collège des Bons Enfants à Reims puis étudia à l'université, vivant moitié comme élève, moitié comme domestique, dans la maison de Clément Boucher, chanoine de la cathédrale et abbé commendataire. En 1650, Clément Boucher le fit entrer au séminaire diocésain, où il resta 3 ans, mais en 1653, pourtant, la conduite scandaleuse et la mort de l'oncle qui l'avait aidé le dégoûtèrent de la vocation de prêtre séculier et il quitta le séminaire, pour rejoindre la Congrégation de Saint-Maur, à l'abbaye de Saint Remi de Reims.

De santé fragile, il doit renoncer à l'éducation des novices qui lui avait été confiée. À partir de 1656, il s'adonne pleinement à l'étude des Antiquités, c'est-à-dire des documents anciens, à Nogent, puis à Corbie, où il est successivement envoyé. Il élabore alors progressivement les règles d'une méthode servant à discerner les faux. Ce faisant, il fonde les principes de la critique de documents.

Après un séjour comme trésorier à l'abbaye de Saint-Denis en 1653, rapidement remarqué par les membres de son ordre en raison de ses capacités, il est envoyé à Saint-Germain-des-Prés, en 1664 comme aide bibliothécaire.

Il y rejoint un cercle d'érudits formés autour du bibliothécaire de l'abbaye, Jean-Luc d'Achery, auquel il est appelé à succéder. Il commence alors à assister ce dernier dans la collecte de documents en vue de la rédaction des Actes de l'Ordre de Saint-Benoît. Ses efforts colossaux font que l'œuvre issue de ce projet, dont le premier volume paraît en 1703, lui est attribuée.

En 1681, il publie un traité De re diplomatica, qu'il rédige en réponse à la mise en question de l'authenticité de certaines chartes de l'abbaye de Saint-Denis par un jésuite, le hollandais Daniel van Papenbroeck. À l'instar de son détracteur, il y propose des outils permettant d'authentifier un document et de le dater, mais il les développe et les met si bien en pratique que son point de vue triomphe. Outre l'admiration générale des érudits du royaume, le retentissement de cette œuvre vaut à Jean Mabillon d'apparaître comme le fondateur de la science diplomatique. Cet ouvrage eut un tel retentissement que Louis XIV se fit présenter son auteur.

Devenu le protégé de Colbert il effectue pour ce dernier, deux voyages, en Bourgogne en 1682, puis en Suisse et en Allemagne en 1683 afin de collecter et d'authentifier des documents sur l'histoire de la couronne, puis sur celle de l'Église en France. Le successeur du ministre, l'archevêque de Reims, est également un grand admirateur de Mabillon et fait en sorte que le roi lui confie, en 1685, la tâche de visiter les principales bibliothèques d'Italie afin d'acquérir des livres et des manuscrits pour la Bibliothèque royale. Il accomplira cette mission avec l'aide et la compagnie de son confident et collaborateur Dom Claude Estiennot de la Serrée, procureur de la Congrégation de Saint-Maur près le Saint-Siège, avec lequel il entretint une correspondance riche et assidue.

Sa passion sans concession pour la critique historique, sa connaissance de la tradition monastique, plus que les faveurs des grands, lui valent des ennemis. Il entre notamment en controverse avec l'abbé de La Trappe, Rancé, sur la place que doivent tenir les études par rapport au travail manuel dans la vie monastique. Il répond à ce dernier par un Traité des études monastiques en 1691. En 1698, il proteste en vain sous le pseudonyme d'Eusebius Romanus contre la vénération des reliques des saints anonymes dans les catacombes de Rome, ce qui lui vaut d'être convoqué pour s'expliquer et d'avoir à modifier certains passages. Finalement, en dépit des attaques qu'il subit principalement en raison de son criticisme, la réputation de Mabillon ressort intacte et, en 1701, il est nommé membre de l'Académie royale des Inscriptions et Médailles par le roi. Il meurt en 1707 à Saint-Germain-des-Prés.

 

Nicolas Pradon (1632-1698)

Dramaturge français

 

Il alla assez jeune à Paris. Tôt dans sa carrière, il reçu l’aide de Pierre Corneille et d’Antoinette Des Houlières qui le présentèrent dans les salons de l’Hôtel de Nevers et de l’Hôtel de Bouillon.

Pradon est l’auteur de huit tragédies qui ont joui d’un succès modéré, mais qui ont été sévèrement jugées par Boileau et son rival Racine. Il serait tombé dans un oubli complet s'il ne fût devenu un moment, par le fait d'une intrigue, l'antagoniste heureux de Racine. Le grand poète venait de donner sa Phèdre, une cabale, à la tête de laquelle étaient la duchesse de Bouillon et le duc de Nevers son frère, lui opposèrent une Phèdre et de Pradon, et, pendant les 6 premières représentations des deux premières pièces, ils louèrent toutes les premières loges, donnant à l'une les spectateurs qu'ils refusaient à l'autre. Il fut du parti des Anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes. Les pièces de Pradon ont été largement décriées par les critiques modernes pour leur manque d’imagination ou de réalité historique.

 

Sébastien le Prestre de Vauban (1633-1707)

Maréchal de France et ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français

Marquis de Vauban

Petit gentilhomme de Bourgogne, né à Saint-Léger de Foucherets, petit village du Morvan. Il s'engage à 17 ans dans les troupes du prince de Condé, lors de la Fronde.

C’est Mazarin qui convainc le cadet de se mettre au service du roi. Formé par l'ingénieur militaire de Clerville il participe à diverses opérations comme officier d'infanterie du régiment de Picardie. Ingénieur ordinaire du roi en 1655, il est chargé, en 1662, de fortifier la ville de Dunkerque.

Commissaire général des fortifications en 1678, il est 10 ans plus tard lieutenant général des armées du roi, le plus haut grade de l’armée de Louis XIV. Durant ces 10 ans il a aménagé près de 300 places fortes, en a construit une trentaine, et au cours de 53 sièges et de près de 140 combats, il a été blessé à 8 reprises.

En étudiant les travaux de Blaise de Pagan, Vauban perfectionne les méthodes d'attaque et de défense des places. Il veut à tout prix éviter les pertes en hommes en réduisant la durée des sièges. Il conçoit un système de tranchées souterraines tracées en lignes brisées et reliées entre elles par des parallèles ceignant les fortifications de la ville.

Il fut un des rares catholiques à ne pas craindre de s'opposer au roi lors de la révocation de l'édit de Nantes en 1685 dont il souligne les conséquences catastrophiques pour l'économie. Il se préoccupe d'analyser les remèdes à la misère du peuple et les conditions économiques du maintien de la puissance française.

En 1705 il est maréchal de France et chevalier du Saint Esprit. En 1706, sans avoir obtenu l’autorisation du roi, il publie un Projet d’une dîme royale qui propose la création d’un impôt proportionnel sur les revenus et l’abandon des privilèges. Cette liberté de ton provoque sa disgrâce en 1707. Vauban en meurt de désespoir.

Il préfigure, par nombre de ses écrits, les philosophes du siècle des Lumières. Il a toujours cherché à résoudre et à améliorer des situations concrètes au service des hommes : d’abord, des soldats dont il a voulu à tout prix protéger la vie dans la boue des tranchées ou dans la fureur sanglante des batailles. Mais il n’a cessé aussi de s’intéresser aux plus humbles sujets du roi, « accablés de taille, de gabelle, et encore plus de la famine qui a achevé de les épuiser ».

Il est aussi dans le grand mouvement de penseurs précurseurs des physiocrates par son intérêt pour l'agronomie et l'économie. Il prône les valeurs qui seront défendues au 18ème siècle par Quesnay, et il encourage les nobles à quitter la cour pour le service des armes mais aussi la mise en valeur de leurs domaines dans un mémoire intitulé Idée d’une excellente noblesse et des moyens de la distinguer par les Générations.

Il fut un précurseur de Montesquieu par sa conception d'un État chargé avant tout d'assumer la protection de tous et leur bien-être et veut lutter contre la misère, la corruption, l’incompétence, le mépris du service public.

Il pris, à partir de la fin des années 1680, une distance de plus en plus critique par rapport au roi, en fustigeant une politique qui lui semble s’éloigner de ses convictions de grandeur et de défense de sa patrie, le tout au nom du bien public. Bien qu'il soit militaire, Vauban n'hésite pas à donner son avis dans les affaires de l'État, ainsi, en 1683, il propose un traité de paix avec l'Allemagne en précisant les conditions soit « la cession pure et simple de la part de l'empereur des pays nouvellement réunis aux trois évêchés, de toute l'Alsace et notamment de la ville de Strasbourg ». En échange, Louis XIV donnerait les villes de Brisach et de Fribourg. Cette proposition était loin d'être innocente puisque d'après l'intéressé, ces deux places étaient plus une charge qu'autre chose pour le royaume de France. Cette proposition lui vaudra une remontrance de Louvois par un courrier du 24 août 1683.

Ce divorce avec la politique du roi est particulièrement apparent dans son Mémoire sur les huguenots, dans lequel il tire les conséquences, très négatives, de la révocation de l’Édit de Nantes en 1685, en soulignant que l’intérêt général est préférable à l’unité du royaume quand les deux ne sont pas compatibles. D’autant que travaillant sur le canal du Midi en 1685-1686, il a vu les effets des dragonnades sur la population. Dans ce mémoire, Vauban estime le nombre des protestants sortis du royaume à « 80 000 ou 100 000 personnes de toutes conditions, occasionnant la ruine du commerce et des manufactures, et renforçant d’autant les puissances ennemies de la France ». À la fin de sa vie, on sent Vauban littéralement écartelé entre sa fidélité au roi et son amour de la patrie au nom du bien général qui ne peut plus être confondu avec celui du roi. Cet écartèlement, il l’exprime dès le 26 avril 1697 dans une lettre au marquis de Cavoye.

En octobre 1706, Vauban se trouve à Dunkerque, une ville forte qu’il considérait comme sa plus belle réussite, qu’il avait transformé en une cité imprenable. Pourquoi est-il à Dunkerque ? Parce que le roi lui a confié le commandement de la frontière maritime des Flandres alors sérieusement menacée. Il a aussi obtenu l’autorisation de construire un camp retranché à Dunkerque, puis un deuxième entre Dunkerque et Bergues. Mais les fonds nécessaires n’arrivent pas et il s’en plaint au maréchal de Villeroy, qui lui répond le 17 juillet “vous être le seul à pouvoir obtenir de la cour l’argent et les moyens nécessaires pour terminer les travaux des camps retranchés qui sont bien utiles.” Vauban écrit à Chamillard, le ministre de la guerre et des finances, le 10 août : “si M. Le Pelletier s’obstine davantage sur ce que je lui demande, je serai obligé d’en écrire au roi et de le prier de me retirer d’ici.” C’est ce qu’il fait le 25 octobre 1706. C’est là, à Dunkerque, que Vauban demande à être relevé de son commandement. Il avait 73 ans.

Dans les derniers jours de l’année 1706, il rentre à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Vincent dans la paroisse Saint-Roch loué aux neveux de Bossuet, où il s’était installé à partir de 1702. Il y retrouve, semble-t-il, Charlotte de Mesgrigny, sa fille. Plus que jamais sa bronchite chronique ne fait qu’empirer, son vieux corps est miné, mais son esprit a gardé toute sa vivacité. C’est alors qu’il décide d’imprimer son livre, cette Dîme royale, celui, de tous ses écrits, qu’il estime le plus.

En effet, la contribution majeure de Vauban à la réforme des impôts est la publication en 1707 malgré son interdiction de cet ouvrage dans lequel il met en garde contre de forts impôts qui détournent des activités productives. Vauban propose dans cet essai de remplacer les impôts existants par un impôt unique de dix pour cent sur tous les revenus, sans exemption pour les ordres privilégiés, le roi inclus. Plus exactement, Vauban propose une segmentation en classes fiscales en fonction des revenus, soumises à un impôt progressif de 5 % à 10 %.

Bien qu'interdit, cet ouvrage bénéficie de nombreuses éditions à travers toute l'Europe, une traduction anglaise paraît dès 1710, et ce texte alimente les discussions fiscales pendant une grande partie du 18ème siècle.

Il fut inhumé dans l'église de Bazoches, petit village du Morvan proche du lieu de sa naissance et dont il avait acheté le château en 1675. Mais son cœur est aux Invalides depuis la décision de Napoléon en 1808.

Vauban était un humaniste, passionné pour la justice sociale, il est réputé, par exemple, pour avoir partagé ses primes et ses soldes avec les officiers moins fortunés, et il prenait même parfois sur lui les punitions des soldats sous son commandement lorsqu'il les trouvait injustes. C'était en même temps un homme de caractère, exigeant dans son travail et très soucieux du respect de ses instructions.

Il eut aussi une vie de simplicité et des rapports très humains avec son entourage, qu'ils soient des gens de sa région natale, où il aimait à revenir lorsqu'il le pouvait, ou des proches. Il faut rappeler qu'il été éduqué très jeune par son père, Urbain le Prestre, au respect des autres, quelles que soient leurs origines.

De par ses écrits progressistes, Vauban est considéré comme un précurseur des encyclopédistes, des physiocrates et de Montesquieu.

 

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