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Philippe Le Valois - Marie-Catherine Desjardins dite dame de Villedieu - Giovanni Battista Lulli dit Jean-Baptiste Lully - Johannes ou Jan Vermeer - Baruch Spinoza -

 

Philippe Le Valois (1632-1707)

Marquis de Villette-Mursay

Officier de marine

 

Né en Normandie, petit-fils d'Agrippa d'Aubigné et cousin de Madame de Maintenon. Il épouse le 31 juillet 1662, Marie de Chateauneuf, avec laquelle il aura 2 fils et une fille. Capitaine au régiment d'Infanterie Royal-Marine, il devient par la suite capitaine de vaisseau en mars 1672 et participe à de nombreuses batailles navales, Solebay en 1672, Alicudi, Agosta et Palerme en1676, Tabago en 1678 Cap Béveziers en 1690, campagne du grand large en 1691, Barfleur en 1692, Lagos en 1693, Velez-Malaga en 1704. Après sa conversion au catholicisme, il est nommé en 1686 chef d'escadre et en novembre 1689 lieutenant général. Il devient membre de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1687.

Veuf, il se remarie le 3 avril 1695, avec Mlle Des Champs de Marcilly, qui se remarie en 1718 avec le politicien et philosophe anglais, Henri Saint Jean, vicomte de Bolingbroke.

 

Marie-Catherine Desjardins dite dame de Villedieu (1640-1683)

Écrivaine et dramaturge française.

Née à Alençon elle est issue de la petite noblesse terrienne. Fille d’un couple au service d’une famille illustre, les Rohan-Montbazon, elle ne gardera de son père, Guillaume Desjardins, qu’un souvenir de violentes chicanes. Il dépose, en 1655, une requête contre sa fille et son neveu, François Desjardins de Saint Val, qu’il accuse de s’être liés secrètement par une promesse de mariage. Ses parents se séparent alors qu’elle est encore très jeune, ce qui lui donne une indépendance et une liberté assez rares pour l’époque. Installée dans le Paris de l’après Fronde, elle compense rapidement son manque de naissance et de richesse, mais aussi sa laideur, par l’exercice de son esprit. Elle le prouve notamment à travers les premières poésies qu’elle compose, mais aussi ses portraits. On l’admire dans les salons parisiens, où elle s’acquiert de solides protections, Anne Marie Louise d'Orléans de Montpensier, Marie de Nemours, le duc de Saint-Aignan, Hugues de Lionne….

L’année de ses 18 ans, Marie-Catherine fait la rencontre décisive de son existence en tombant éperdument amoureuse d’Antoine de Boësset, sieur de Villedieu, fils d’un célèbre musicien du roi Louis XIII. Commence une liaison tumultueuse célébrée par l’écrivaine dans un sonnet jugé scandaleusement libertin. Après une promesse solennelle de mariage signée en Provence, devant prêtre et notaire, le 21 juin 1664, survient la rupture définitive en 1667. Au cours de l’été de la même année, elle voit son amant mourir au siège de Lille et sa correspondance amoureuse publiée sans son consentement par le libraire-éditeur Claude Barbin. C’est forte de cette seule promesse que Marie-Catherine put se faire appeler de Villedieu et se faire officiellement considérer, avec l’approbation de sa belle-famille, comme sa veuve.

Elle délaisse son activité de dramaturge pour se tourner résolument vers l’écriture romanesque. Les succès s’enchaînent au prix d’un intense labeur. De 1669 à 1675, pressée par de sérieuses difficultés financières, elle ne cesse d’écrire et de publier. Avec ses Mémoires de la vie de Henriette-Sylvie de Molière, parues en 1671, elle invente le genre littéraire du roman-mémoires.

En 1677, elle se marie avec Claude-Nicolas de Chaste, chevalier, sieur de Chalon. Union éphémère puisque l’officier mourut 2 ans plus tard, non sans avoir permis à Marie-Catherine de devenir mère pour la première fois, à l’âge de 38 ans. Retirée dans la demeure familiale, à Clinchemore, auprès de sa mère et de ses frère et sœur, c’est là que Claude Barbin s’empare des dernières productions de l’écrivaine.

 

Giovanni Battista Lulli dit Jean-Baptiste Lully (1632-1687)

Compositeur

Né à Florence, De très humble extraction, ce fils de meunier florentin vient en France à l'âge de 13 ans à la suite de Roger de Lorraine, pour entrer au service de Mlle de Montpensier dite la Grande Mademoiselle cousine du roi, comme garçon de chambre et qui voulait apprendre l'italien. Les nombreux spectacles et festivités donnés à la Cour sont pour le jeune Lully l'occasion de se familiariser avec la musique et les ballets représentés. Il étudia l’orgue avec Gigault et Roberday.

Bientôt le garçon est page de musique de la Grande Mademoiselle. Peut-être en partie en raison des conseils de Lambert, il a rapidement gagné l’estime de la cour. Mlle de Montpensier l'ayant libéré de son poste en octobre 1652, après s’être exilée pour sa participation a la Fronde. Louis XIV le fait, après la disgrâce de la duchesse, engager aux “vingt-quatre violons” en 1653 non pas comme musicien mais comme danseur dans le Ballet de la Nuit composition à laquelle il a participé. Vers 1660, il à atteint la notoriété. Favori de Louis XIV après la mort de Mazarin en mars 1661, il est nommé surintendant de la musique et compositeur de la musique de la chambre, et reçoit ses lettres de naturalisation et Lulli devient Lully. L’année suivante, il épouse Madeleine Lambert la fille de celui qui a parfait son éducation musicale, Michel Lambert. Il obtient du roi, de la reine et de la reine mère qu’ils signent le contrat de mariage. Il se lie d’amitié en 1662 avec Molière puis avec Corneille et le poète Quinault, créant une forme spécifiquement française d'opéra les comédies ballets. A partir de 1664, il travaille régulièrement avec Molière et compose pour celui-ci les musiques des comédies ballets que sont : Le Mariage forcé, L’Amour médecin, Monsieur de Pourceaugnac, Le Bourgeois gentilhomme Psyché en 1671. Cette dernière oeuvre débouche sur la tragi-comédie ballet, elle constituera une œuvre charnière vers l'opéra. Il jouera même le rôle du moufti dans la scène du mamamouchi. En 1672, l'ascendant du surintendant sur la vie musicale française trouve un accomplissement avec l'octroi du privilège qui lui donne tout pouvoir pour établir l'Académie royale de musique et soumet à son autorisation toute représentation de musique au théâtre. Nul ne peut plus désormais employer plus de 6 violons dans un théâtre. Cette exclusive condamne Molière à ne plus pouvoir concevoir de comédies ballets. Il devint secrétaire du Roi en 1681.

C’est à son librettiste Quinault que pendant 14 ans Lully va avoir recours. Il donnera ainsi Cadmus et Hermione en 1673, qui est le premier grand opéra français, Alceste en 1674, Roland en 1685, Armide en 1686, Acis et Galatée en 1687. Le 8 janvier de cette même année, il se perce le pied d'un coup de canne qu'il s'était donné sur un pied en frappant la mesure du Te Deum chanté pour la guérison du roi. 3 mois et demi plus tard, la gangrène l’emporte.

Lully était également influent dans le choix de la musique et des musiciens pour la chapelle royale. Ses compositions pour l'église incluent un certain nombre de motets, environ 6 grands motets et 14 Petits motets. Il a progressivement transformé le ballet de cour qui, de simple divertissement à usage de la cour, évolue vers une forme plus dramatique. Quant aux comédies ballets, qui réunissent musique, texte et scènes dansées, elles préfigurent l'opéra-comique. Mais ce sont les tragédies lyriques, écrites pour la plupart sur des textes de Quinault, qui constituent sans doute l'apport marquant du compositeur. Empruntant des sujets à la mythologie grecque, aux romans de chevalerie, la " tragédie en musique " lulliste peut être considérée comme la première manifestation du genre de l'opéra en France.

 

Johannes ou Jan Vermeer (1632-1675)

Peintre hollandais

 

Né à Delft, fils de Reynier Janszoon ouvrier en soie ayant une activité dans le commerce d'art et de Digna Vermeer. Peu de choses sont connu au sujet de l'apprentissage de Vermeer en tant qu'artiste. Sa vie entière se passa à Delft, où il a pu être formée par Leonaert Bramer un artiste de Delft qui était un témoin au mariage de Vermeer en 1653, ou Carel Fabritius. Son travail montre en effet une affinité avec celle de Fabritius, mais leurs rapports restent incertains. À la mort de son père en octobre 1652, il lui succède comme marchand de tableaux. Le 23 avril 1653 il épouse Catharina Bolnes à Schipluiden un village proche de Delft. La même année il s'inscrit à la guilde de Saint Luc de Delft et fut élu président de 1662 à 1670/1671. Vermeer, qui avait reçu une éducation protestante calviniste, semble alors s'être converti à la religion de sa femme, et vraisemblablement sa belle-mère, Maria Thins, qui jouissait d’une situation matérielle bien plus confortable que celle du peintre, ne fut pas étrangère à cette décision. Le catholicisme était alors une minorité marginalisée dans les Provinces-Unies. Il y était toléré depuis la guerre de Quatre-Vingts Ans, et c’est dans des églises clandestines, appelées schuilkerken, que les services religieux étaient célébrés. Ceux qui se disaient catholiques étaient par ailleurs freinés dans leur carrière, il leur était notamment impossible d’exercer des fonctions dans l’administration des villes ou d’occuper des postes gouvernementaux. Après 1648, certains semblent s’être lassés de ces discriminations et avoir quitté l’Église catholique. Maria Thins s’était séparée de son mari en 1641 parce que celui-ci la battait. Elle occupait une maison assez spacieuse de l’Oude Langendijk. En 1642, Johannes Vermeer et Catharina emménagent chez elle.

Dans la cité hollandaise rattachée à la Maison d’Orange et qui bénéficiait encore d’un statut privilégié, il semble que Vermeer ait acquis une réputation d’artiste novateur, mais il est fort possible que sa notoriété dépassât peu le territoire provincial de Delft. Il fut fortement considéré durant toute sa vie, bien qu'il ne semble jamais avoir été particulièrement riche. Après avoir été pratiquement oublié durant près d’un siècle, Vermeer fut redécouvert en 1866 lorsque le critique d’art Théophile Thoré-Burger lui consacra une série d'articles. Depuis cette redécouverte, la réputation de Vermeer s’est amplifiée, et il est à présent reconnu, avec Rembrandt, comme l’un des plus grands peintres du siècle d'or néerlandais. Il réalisa surtout, dans un style raffiné, des peintures de genre, principalement des intérieurs montrant des scènes de la vie domestique. Vermeer travaillait sur commande, et lentement, ne réalisant, semble-t-il, pas plus de trois tableaux par an. Il semble par ailleurs avoir été apprécié en qualité d’expert en tableaux, puisqu’en 1672, en même temps que 34 autres peintres dont Jan Lievens, Melchior D'Hondecoeter et Gerbrand van den Eeckhout, il fut convoqué à La Haye pour expertiser une collection de 13 toiles vénitiennes vendues à Frédéric-Guillaume, Grand Électeur de Brandenbourg, par Gerrit Uylenburgh.

En 1672, année appelée en néerlandais la Rampjaar, une crise économique grave frappe les Provinces-Unies et c’est la même année qu’a lieu l’invasion par l’armée française de Louis XIV, ainsi que le début de la 3ème guerre anglo-néerlandaise. Dans la panique, des commerces et des écoles sont fermés. Les affaires de Vermeer, comme peintre mais aussi comme vendeur de tableaux, sont touchées par la chute du marché de l’art. Dans ce contexte désastreux, et afin de pouvoir continuer à subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il est contraint d’emprunter à nouveau de l’argent. Les choses s’aggravent encore l’année suivante avec la mort de Van Ruijven, qui semble avoir été le principal mécène du peintre.

Il meurt à Delft 15 décembre 1675 et laisse 11 enfants, dont 10 étaient des mineurs. Pour couvrir ses dettes Catharina Vermeer en mars 1677, vendit les peintures de Vermeer à la guilde. 21 des peintures du maître furent ainsi dispersés.

 

Baruch Spinoza (1632-1677)

Philosophe néerlandais

Il fut un des premiers philosophes juifs de la période moderne. Né à Amsterdam, fils d'un négociant juif d'Amsterdam. Son père et grand-père étaient à l'origine les crypto Juifs espagnols, c'est-à-dire, les juifs qui ont été forcés d'adopter le christianisme en Espagne, mais secrètement resté juifs et ayant fui l'Inquisition et le climat d'intolérance envers les convertis. Ils sont bien tolérés et insérés dans la société néerlandaise. S'ils parlent néerlandais avec leurs concitoyens non juifs, ils usent du portugais comme langue vernaculaire et de l'espagnol comme vecteur culturel. Pour Spinoza, c'est le latin qui sera la langue de l'expression écrite.

Il fréquente le Talmud Torah, école juive élémentaire, de sa communauté, acquérant ainsi une bonne maîtrise de l'hébreu et de la culture rabbinique. Sous la conduite de Rabbi Mortera, il approfondit sa connaissance de la Loi écrite et accède aux commentaires médiévaux de la Torah ainsi qu'à la philosophie juive. À la mort de son père, en 1654, il reprend l'entreprise familiale avec son frère Gabriel.

Ses spéculations théologiques ont fait naître un conflit avec les autorités juives. Il affirma publiquement que les écritures ne maintiennent pas que Dieu n'a aucun corps, que les anges existent, ou que l'âme est immortelle. Il fut excommunié en 1656 et changea alors son nom hébreu en latin et prit le nom de Benedictus de Spinoza. Après son excommunication de la communauté juive, il gagne sa vie en taillant des lentilles optiques pour lunettes et microscopes, domaine dans lequel il acquiert une certaine renommée.

Pendant un certain temps il fut associé à un ancien Jésuite qui dirigea une école pour des enfants. Il y fut employé et pu parfaire sa propre éducation et pour compléter son revenu il enseigna dans l'école.

A la fin des années 20, il dirigea un groupe de discussion sur les questions philosophiques et théologique. Pendant que ses propres idées se développaient, il partit d’Amsterdam pendant 3 années.

Vers 1660-1661, il s'installe à Rijnsburg, centre intellectuel des collégiants, hétérodoxes protestants. C'est là qu'il reçoit la visite d'Henry Oldenburg, secrétaire de la Royal Society, avec lequel il échange une longue et riche correspondance. En 1663, il quitte Rijnsburg pour Voorburg et commence à enseigner à un élève, Casearius, la doctrine de Descartes. De ces cours, il tire Les principes de la philosophie de Descartes, dont la publication donne lieu à une correspondance centrée sur le problème du mal, avec Willem van Blijenberg, un marchand calviniste qui produira ensuite des réfutations de l'Éthique et du Traité théologico-politique.

Espérant éditer l'éthique, et prévoyant la polémique, il écrit et édite anonymement son Tractatus Thologico-Politicus en 1670 qui défend la liberté philosophique face à l'interférence religieuse ou politique. Il suscite de vives polémiques, y compris chez des esprits ouverts, comme Leibniz, ou chez des hommes que Spinoza rencontre occasionnellement en privé, comme l'entourage calviniste de Louis II de Bourbon-Condé. Pour ceux-ci, il convient de distinguer la nouvelle philosophie de la réflexion plus radicale de Spinoza. Quant aux autorités religieuses, elles condamnent unanimement l'ouvrage. En avril 1671, sur requête des synodes provinciaux, la Cour de Hollande juge qu'une ordonnance doit être prise pour interdire la diffusion du Traité et d'autres œuvres jugées blasphématoires, comme le Léviathan de Hobbes. Elle demande également que des poursuites soient engagées contre les auteurs et autres responsables de la publication des ouvrages. Les États de Hollande rechignent néanmoins à suivre la décision de la cour et à interdire des œuvres écrites en latin. Ce n'est qu'en 1674, après la chute de Witt que les livres visés seront interdits par les autorités séculières. Après l'assassinat des frères Witt en 1672, son indignation est telle qu'il souhaite afficher dans la rue un placard contre les assassins, ce dont l'aurait dissuadé son logeur. Cependant, le philosophe, qui a abandonné Voorburg pour La Haye vers 1670, ne quitte pas le pays. Ainsi refuse-t-il en 1673, par souci d'indépendance, l'invitation de l'Electeur palatin qui proposait de l'accueillir à l'Université d'Heidelberg. Il meurt le 21 février 1677 d'une affection pulmonaire.

Sa pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs. Après sa mort, le spinozisme, condamné en tant que doctrine athée, eut une influence durable.

 

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