Françoise Louise de La Baume Le Blanc dite Louise de la Vallière  - Heinrich Ignaz Franz Von Biber - William Penn - François de Callières ou Caillières - Nicolas Lémery -

 

Françoise Louise de La Baume Le Blanc dite Louise de la Vallière (1644-1710)

Duchesse de La Vallière et de Vaujours

Née à Tours au manoir de La Vallière, fille d'un militaire et de la riche veuve d'un conseiller au Parlement de Paris. Elle a passé son enfance à l'hôtel de la Crouzille à Tours, et au château de la Vallière à Reugny, possessions de sa famille. Au décès de son père, en 1651, sa mère épouse en troisièmes noces Jacques de Courtavel, marquis de Saint Remy et maître d'hôtel de l'oncle du roi Gaston de France, duc d'Orléans à Blois.  Elle sera éduquée avec les trois filles du duc dont elle a le même âge.

À dix-sept ans, elle devient dame d'honneur de Henriette d'Angleterre dite Madame, première épouse de Monsieur, frère du roi.

Dès 1661, peu après son arrivée à la Cour, François Honorat de Beauvilliers, comte de Saint-Aignan, la pousse dans les bras du jeune Louis XIV. Le jeune roi l’a d’abord choisie, au lendemain de son mariage, pour lui servir de “chandelier”, au moment où il trouvait des charmes à sa belle-sœur, Madame, Henriette d’Angleterre. Il en arriva ce qui devait en arriver : Louis XIV se prend au jeu et Mlle de La Vallière devient sa maîtresse en 1661, d’abord cachée puis bientôt déclarée devant toute la Cour et provoque la colère des dévots comme Bossuet.. Elle a alors 17ans et est fille d’honneur de Madame, blonde aux yeux bleus, excellente écuyère, douce et modeste, excellente danseuse, malgré une légère boiterie, elle a infiniment de charme. Pendant 5 années, c’est le plus beau roman d’amour, qui donne le ton à la jeune cour galante de Saint-germain et de Fontainebleau. On sait qu’un jour de dispute, elle se réfugie chez les Bénédictines au couvent de Chaillot où Louis XIV va lui-même la rechercher. Pendant plusieurs années, La Vallière connaît le bonheur auprès de son royal amant. Après la mort d'Anne d'Autriche en 1666, Louis XIV affiche publiquement sa liaison, ce qui déplaît beaucoup à Louise qui, aux fastes d'une liaison publique avec le roi, préfère les démonstrations de tendresse en aparté. C'est à ce moment que la Cour voit le retour de la splendide Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, devenue suite à son mariage Marquise de Montespan.

Créée duchesse de Vaujours en mai 1667 et sa fille est légitimée, Le roi attendra ensuite deux ans avant de légitimer le fils qu'elle lui donne en octobre de la même année. Une longue période de cohabitation débute alors entre les deux favorites. Elle doit partager la faveur royale avec Mme de Montespan, aussi ambitieuse que Louise est modeste. En 1670, après une longue maladie - peut-être une fausse couche - qui lui fait entrevoir la mort, Louise se tourne vers la religion, rédigeant d'émouvantes « Réflexions sur la miséricorde de Dieu ».

Sur les conseils de Bourdaloue, du Maréchal de Bellefonds Premier maître d'hôtel du roi et de Bossuet, elle décide de quitter la Cour pour entrer au très strict couvent des Grandes Carmélites du faubourg Saint-Jacques.

Obligée de solliciter l'autorisation de Louis XIV pour se retirer, Louise rejette toute solution de couvent « plus douillet ». Afin de la dissuader, Madame de Montespan lui fait dépeindre, par la voie de Madame Scarron qui deviendra plus tard Madame de Maintenon, les privations et les souffrances auxquelles elle s'exposerait en entrant au Carmel, ainsi que le scandale que ne manquerait pas de susciter une telle décision. Mais ces tentatives resteront vaines. Avant de se retirer, Louise tient même à faire des excuses publiques à la reine Marie-Thérèse, ce qui fait grand bruit.

A partir de 1674 elle prononce ses vœux perpétuels, prenant le nom de Louise de la Miséricorde. Au couvent, elle reçut plusieurs fois la visite de la reine, de Bossuet, de la marquise de Sévigné et de la duchesse d'Orléans, belle-sœur du roi à qui elle avait confié l'éducation de son fils le comte de Vermandois.

Elle mourut le 6 juin 1710 après 36 ans de vie religieuse et fut inhumée dans le cimetière de son couvent, loin de son duché-pairie

Elle eu du roi 4 enfants dont deux survivront et seront légitimés: Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti, et le comte de Vermandois.

 

Heinrich Ignaz Franz Von Biber (1644-1704)

Violoniste et compositeur autrichien

Né à Wartenberg* (aujourd'hui Stráž pod Ralskem), il reçoit sa formation principale de Johann Heinrich Schmelzer à Vienne et en 1670 avant d'être nommé maître de chapelle auprès du prince évêque de Salzbourg où à partir de 1677 où il dirige le chœur d'enfants de la cathédrale de cette ville.

Il fut nommé vice maître de chapelle en 1679 et maître de chapelle en 1684 et entra comme violoniste à la cour d'Olmütz et de Kremsier en Autriche.

Jouissant d'une grande réputation parmi ses contemporains, il fut ennobli par l'Empereur Léopold 1er   le 5 décembre 1690 pour son mérite de violoniste et compositeur.

Il effectua divers voyages dans les cours d'Europe, notamment à celle de Munich.

Violoniste virtuose, spécialiste de musique à programme, il est surtout connu pour la suite des sonates du Rosaire, écrites pour « violon à cordes ravalées », c'est-à-dire sur lequel on a modifié l'accord habituel par quintes. Ce recours à des contraintes nouvelles modifie la palette sonore de l'instrument et permet des effets inédits. Il est l'un des fondateurs de l'école allemande de violon

Musicien virtuose, il a publié un certain nombre de sonates pour violon dont les Sonates sur les 15 mystères du Rosaire en1674, ses 8 Sonates pour violon et basse continue en 1681 révèlent sa connaissance des styles français, italiens et allemand. Sa Passacaille pour violon seul sur une basse contrainte est une œuvre exceptionnelle ; il a composé deux opéras dont un seul est conservé, Chi la dura la vince  en 1687

Sa musique religieuse, considérable, est dominée par une messe concertante Missa Sancti Henrici, mais il a également composé deux Requiem, des Vesperae longiores ac breviores pour 4 voix et instruments, des offertoires à 4 et un Stabat Mater.

 

William Penn (1644-1718)

Fondateur de la Pennsylvanie

Il naît dans une famille anglaise des plus aisées. Son père est un héros de la marine anobli, l'amiral Sir William Penn, sa mère, Margaret Jasper, la fille d’un marchand de Rotterdam. Élève brillant, le jeune William dévie cependant de la voie qui lui semble promise en adhérant aux principes du quakerisme*. Après l’acquisition d'une éducation vigoureuse dans les classiques grecs et romains, il devint rebelle quand il entra à l'université d'Oxford. Il se rebella contre l’assistance forcée aux offices protestant et fut expulsé à l'âge de 17 ans.

Ses parents l'envoyèrent en France où il leur causerait moins d'embarras. Il s'est inscrit l'université protestante française la plus respectée, située à Saumur. Il étudia avec l'humaniste chrétien Moïse Amyraut, qui a soutenu la tolérance religieuse.

De retour en Angleterre en août 1664, Penn a bientôt étudié à Lincoln, l'école de droit la plus prestigieuse de Londres. Il appris la base du droit coutumier et a acquis une certaine expérience sur la stratégie a adopté dans un auditoire de tribunal. Il allait avoir besoin d'elle.

Son père fut affecté à reconstruire la marine britannique pour la guerre contre les Néerlandais, il demanda que son fils soit  affecté pour son aide personnel et employa son fils comme courrier fournissant les messages militaires au Roi Charles II. William développa un rapport cordial avec le roi et son frère le duc d'York, le futur Roi jacques II.

Sa recherche spirituelle le mena à assister à des réunions de quaker quoique le gouvernement ait considéré ceci comme un crime. En septembre 1667, la police pénétra par effraction dans une réunion et toutes les personnes arrêtées. Puisque Penn ressemblant plus à un aristocrate à la mode plutôt qu'à un quaker, la police le libéra. Il protesta qu'il était en effet un quaker et devrait être traité à égalité avec les autres. Il préparera sa défense.

La gestation de sa conversion définitive est longue ; elle intervient finalement en Irlande, où son père l’a envoyé en 1667 pour l’éloigner de Londres et de l’influence des sectes puritaines avec lesquelles William a manifesté une certaine proximité de pensée.

William est alors persécuté comme les autres quakers sur le sol britannique: de décembre 1668 à juillet 1669, il est notamment incarcéré à la Tour de Londres. Il se rallie progressivement à l’idée de fonder une colonie dans les territoires d’Amérique du Nord. Quelques quakers se sont déjà installés dans le New Jersey en 1677.

En 1668, un de ses principaux soutiens était Isaac Penington, un homme riche du Buckinghamshire. Penn pris contact avec lui.

Par la suite, Penn attaqua la doctrine Anglicane, et l'évêque Anglican le fait emprisonner à la tour de Londres. Avant qu'il fût libéré 7 mois plus tard, il avait écrit des brochures définissant les principaux éléments du Quakerisme. Il ne fut pas libre pour longtemps.

Pour limiter la puissance potentielle des catholiques, notamment le Stuarts, le Parlement vote le “Conventicle Act”, qui visait à supprimer la dissidence religieuse comme sédition. Mais la loi fut appliquée principalement contre des quakers, peut-être parce que peu politiquement reliés. Des milliers ont été emprisonnés pour leur croyance. Le gouvernement saisi ses propriétés, y compris le domaine de la famille de son épouse.

Il  décida de défier le “Conventicle Act”, en tenant une réunion publique le 14 août 1670. Le maire de Londres le fit arrêter ainsi que ses amis quakers dès qu'il commença à exprimer ses opinions religieuses non conformistes.

Il insista sur le fait que puisque le gouvernement refusait de présenter un acte d'accusation formel, le jury ne pourrait jamais prononcer un verdict coupable. Il fit appel à l'héritage du droit coutumier de l'Angleterre.

Le jury acquitta tous les défendeurs, mais le maire de Londres refusa d’accepter ce verdict. Il frappa les membres du jury et les fit enfermer dans la prison de Newgate. Mais, ils réaffirmèrent leur verdict malgré un emprisonnement d’environ 2 mois, la cour des réclamations communes publia un mandat de corpus de habeas pour les placer en liberté. Alors ils poursuivirent le maire de Londres pour arrestation fausse. Le juge en chef de l'Angleterre, ainsi que ses 11 associés décida unanimement que des jurys ne doivent pas être contraints ou punis pour leurs verdicts.

Il voyagea en Allemagne et en Hollande pour voir comment les quakers vivaient. La Hollande lui fit une forte impression.

Avec la bénédiction du Roi Charles II et du duc d'York, il présenta son point de droit pour la tolérance religieuse devant le Parlement sans succès. Penn devint convaincu que la tolérance religieuse ne pourrait pas être réalisée en Angleterre.

Mais William a désormais les moyens d'un projet plus ambitieux ; la mort de son père l'a en effet laissé à la tête d’une fortune importante. Il hérite en particulier d’une créance de 16 000 livres due par la couronne auprès de son père. Il négocie auprès de la Cour son remboursement contre des terres en Amérique du Nord. Le 4 mars 1681, Charles II lui octroie par charte un vaste territoire situé à l'ouest du New Jersey.

En 1682, le quaker y fonde la ville de Philadelphie, en y appliquant les préceptes de gouvernement d'une société libérale idéale. La jeune colonie quaker devient rapidement prospère. Il souhaitait que cette cité servît de port et de centre politique. Même si Charles II lui en avait donné la propriété, William Penn acheta la terre aux Amérindiens afin d’établir avec eux des relations pacifiques.

William Penn signa un traité d’amitié avec Tamanend, le chef de la nation Delaware, à Shackamaxon.

Le texte original de la Déclaration d'Indépendance et de la Constitution a été signé au Capitole de Philadelphie aujourd'hui appelé Independence Hall. La colonie rachète également d'autres terres, dont l'ouest du New Jersey à William Berkeley en 1674. Les idéaux qui y furent mis en pratique eurent une influence importante sur les futures institutions américaines.

Il envisagea une ville de 10.000 acres, mais ses amis ont pensé qu’il était trop optimiste. Ils acceptèrent un plan de 1200 acres.

Le 1er gouvernement, que Penn et les acheteurs initiaux de terre avaient adoptée 25 avril 1682, exprimait des idéaux prévoyant une déclaration de l'indépendance et serait piloté par un gouverneur dont les puissances étaient limitées. Il travaillerait avec un Conseil de 72 membres qui proposerait la législation et une Assemblée générale jusqu'à 500 membres que les approuverait ou les rejetterait. Tous les ans, environ un tiers des membres serait élu pour 3 ans. Comme gouverneur, Penn demanda le maintient d’un droit de veto sur la  législation proposée et établie la tolérance religieuse. Considérant que le code pénal anglais la peine de mort pour environ 200 griefs, il l'a réserva seulement pour 2, meurtre et trahison. En tant que quaker, il encouragea les femmes à avoir une éducation et à prendre la parole comme les  hommes. Il  insista pour l’établissement de bas impôts. Une loi de 1683 a établi un impôt sur le cidre et la boisson alcoolisée, un tarif sur des importations et sur les exportations des fourrures. Pour aider à favoriser le règlement de ceux-ci, il suspendit tous les impôts pendant une année. Quand le temps est venu pour réimposer des impôts il  rencontra une résistance féroce et dû reporter.

La 1ère constitution prévoyait son adaptation par des amendements. Pour être intégré un amendement proposé exigeait le consentement du gouverneur et de 85 % des représentants élus.

La constitution a été modifiée plusieurs fois. La version adoptée le 28 octobre 1701 est alors devenue la base pour la constitution de l'état de la Pennsylvanie, adoptée en 1776.

Il réalisa des relations paisibles avec les Indiens. Les Indiens ont respecté son courage, parce qu'il a osé allez parmi eux sans gardes ou armes personnelles. Il apprend des dialectes indiens, ainsi il pouvait conduire des négociations sans interprètes. Dès le début, il a acquis de la terre indienne par l'échange paisible et volontaire. Il a conclu un "grand Traité" avec les Indiens à Shackamaxon, près de ce qui est maintenant la zone de Kensington de Philadelphie.

Durant la fin du 17ème siècle, lorsque les protestants persécutèrent des catholiques, des juifs, des quakers. Il établi un décret qui protégeait la liberté de conscience. Presque partout, les colons volèrent la terre des Indiens, mais Penn voyagea non armé parmi les Indiens et négocia les achats paisiblement. Il insista sur le fait que les femmes méritaient l'égalité des droits avec les hommes. Il donna à la Pennsylvanie une constitution écrite qui limita la puissance du gouvernement et un code pénal garantissant beaucoup de libertés fondamentales.

Pour la première fois dans l'histoire moderne, une grande société offrit l'égalité des droits aux gens de différentes religions. L'exemple donné par Penn  causa une agitation en Europe. Le philosophe français Voltaire, en fit un éloge somptueux.

En dépit de la clarté remarquable de sa vision pour la liberté, il ferma les yeux au sujet de l’esclavage. Il possédait quelques esclaves en Amérique ainsi que les quakers. Sa position n’était pas largement partagée par les quakers jusqu'en 1758.

 

Source : Traduction de wiki par mes soins

 

François de Callières ou Caillières (1645-1717)

Sieur de Rochelay et de Gigny

Diplomate et homme de lettres français

 

Né à Thorigny, frère d'Hector de Callières et fils de Jacques de Callières, gouverneur de Cherbourg il fut envoyé en 1672 en Pologne par la maison de Longueville, pour faire le duc de Longueville sur le trône de Pologne. Mais ce dernier est tué en 1672 en passant le Rhin., l'habileté qu'il y montra le fit employer par Louis XIV aux négociations secrètes qui préparèrent la paix de Ryswick, où il fut un des plénipotentiaires français. Il mène ensuite plusieurs autres missions pour le compte de souverains européens. Il écrit des nouvelles et fait paraître en 1688 un ouvrage sur la querelle des Anciens et des Modernes. La même année, un panégyrique du roi lui vaut d'être admis à l'Académie française.

En 1697 a lieu la mission la plus importante de sa carrière : avec Louis de Verjus et Nicolas Auguste de Harlay-Bonneuil, il est l'un des trois plénipotentiaires de Louis XIV qui signent le Traité de Ryswick. De retour en France, il est nommé secrétaire du cabinet du roi. Il fréquente Saint-Simon, qui l'évoque dans ses Mémoires et admire ses talents. À la mort de Louis XIV, il rédige à l'intention du Régent une longue lettre sur l'importance de la négociation qui, publiée en 1716, deviendra De la manière de négocier avec les souverains. Celle-ci est devenu au 20ème siècle un classique international de la négociation, passant ainsi de la sphère de la diplomatie à celle du management.

Juste avant sa mort en 1717, François de Callières écrit De la science du monde et des connaissance utiles à la conduite de la vie en complément à De la manière de négocier avec les souverains. Très tôt traduit en anglais, ce dernier ouvrage a été particulièrement prisé dans le monde anglo-saxon, entre autres par Thomas Jefferson et Harold Nicolson.

Resté célibataire, et bien qu’il ait eu des vues sur Mlle de Comminges, dame pourtant d’un certain âge qui partageait avec lui une dévotion pour le bien public, il légua la majeure partie de ses biens aux pauvres de Paris. Les murs de sa résidence parisienne de la rue Saint Augustin, étaient couverts de toiles flamandes, allemandes et italiennes, ce qui en faisait un modèle avisé dans l’art.

 

Source: wikipedia.org : Liste des membres de l'Académie française par fauteuil

 

Pierre Joseph Cantel (1645-1684)

Savant jésuite

 

Il a écrit un bon abrégé d'antiquités romaines “De romanâ republicâ”. Il publia le Justin et le Valère-Maxime de la collection ad usum Delphini.

 

Nicolas Lémery (1645-1715)

Apothicaire et Chimiste

Né à Rouen, La famille de Nicolas Lémery de religion protestante, appartenait à la bourgeoisie de robe de Rouen. Son père, Julien Lémery, était procureur au Parlement de Normandie et ses deux frères aînés, Louis et Pierre étaient respectivement avocat et procureur au parlement de Rouen, son plus jeune frère Thomas s'établit comme marchand dans cette même ville.

Après des études en pharmacie qu'il fit au collège protestant de Quevilly, Nicolas entra en apprentissage en 1660 chez son oncle maternel Pierre Duchemin, apothicaire à Rouen. Au bout de six années passées chez son oncle à apprendre le métier d'apothicaire, il vint à Paris en 1666 pour travailler avec Christophe Glaser qui était l'apothicaire ordinaire de Louis XIV et démonstrateur de chimie au Jardin du Roi à Paris. Mais celui-ci le rebuta par son caractère dur et mystérieux et quitta au mois de juillet 1668 le laboratoire de Glaser. Il se mit alors à voyager et se rend alors à Montpellier où de 1668 à 1672, il est pensionnaire d'Henry Verchant, maître apothicaire à Montpellier dans l'île du Puits des Esquilles au Sixain Sainte Croix. De retour à Paris en 1672, il se mit en relation avec Bernadin Martin qui était l'apothicaire du prince de Condé et profita de son laboratoire installé à l'hôtel de Condé dans le quartier de l'Odéon. Il fit découvrir la chimie au prince et aux membres de son entourage tel l'abbé Bourdelot qui était son médecin. Il y professa durant 25 ans et compta parmi ses auditeurs Tournefort et le grand Condé.

Le premier, il parla chimie en français, professa une science sage et réservée. Il racheta le 18 septembre 1674 la charge d'apothicaire privilégié d'Antoine Régnier décédé. Peu de temps après il ouvrit une officine et un laboratoire dans les caves d'une maison à l'enseigne de la Porte dorée située rue Galande près de la place Maubert. Il put alors donner libre cours à ses talents d'enseignant et de démonstrateur auprès d'une assemblée nombreuse et choisie qui venait assister émerveillée à la révélation des secrets de la chimie jusqu'ici cachés aux profanes.

En 1675, il publia son Cours de chimie qui fut traduit dans toutes les langues.

Il se marie en janvier 1676 avec Madeleine Bellanger, fille de François Bellanger, bourgeois de Paris et de Marie de La Cour.

À partir de 1681, les protestants commencèrent à être inquiétés dans la pratique de leur religion. Le 4 mars 1683, un arrêt du conseil du roi ordonna à tous les protestants de se démettre de leur charge dans les deux mois. Nicolas Lémery fut contraint de vendre sa boutique de la rue Galande le 6 février 1683 à Jean Fradin, maître apothicaire à l'Hôtel-Dieu de Paris, puis il démissionna de sa charge d'apothicaire le 23 avril 1683 au profit de Denis Machuraux. Forcé d'abandonner son pays, il se réfugia en Angleterre en 1683 espérant que Charles II accueillerait favorablement ses propositions de services, mais il comprit rapidement qu'il ne pourrait rien entreprendre en Angleterre du fait des troubles qui paraissaient alors devoir s'élever. Au bout se quelques mois il regagna la France et on le retrouve vers la fin de l'année à l'Université de Caen où il se fait recevoir docteur en médecine. Il revint en France et, après 3 ans de misère et conscient qu'il ne pourrait plus professer longtemps la religion protestante compte tenue de la Révocation de l'Édit de Nantes, le 18 octobre 1685, interdisant aux protestants l'exercice de la médecine et de la pharmacie, sans mener sa famille à la ruine et à l'enfermement, il abjura sa foi le 8 janvier 1686, avec femme et enfants

Il retrouva alors tous ses droits et le 8 avril 1686, Louis XIV pour honorer son retour à la religion catholique, et, eu égard à ses talents, lui accorda de nouvelles lettres patentes qui lui permettent d'ouvrir à la fin de l'année une nouvelle boutique d'apothicaire et un laboratoire de chimie au bas de la rue Saint-Jacques près de la fontaine Saint-Séverin. Après le renouvellement de l'Académie royale des sciences par Louis XIV, le 20 janvier 1699, il est nommé associé chimiste le 28 janvier de la même année, puis pensionnaire chimiste le 23 novembre 1699 à la mort de Claude Bourdelin.

En 1712, il est nommé directeur, mais gravement malade, il est contraint de démissionner le 6 mars 1715. Il reçoit alors le titre de pensionnaire vétéran. Il meurt le 19 juin 1715 dans sa maison de la rue Saint André des Arts qu'il occupait depuis le mois de décembre 1693, et où il avait installé boutique et laboratoire.

Son Cours de chymie publié en 1675 destiné avant tout à l'enseignement et à la vulgarisation. Des générations de chimistes en profitèrent et s'en inspirèrent jusqu'à la fin du 18ème siècle. Il n'eut pas moins de treize éditions et fut traduit dans la plupart des langues européennes. Si son Cours de Chymie a fait autorité pendant un siècle, ses autres publications n'en ont pas moins connu au siècle des Lumières un réel succès populaire.

On compte la Pharmacopée universelle en 1697, le Traité universel des drogues simples qui deviendra un Dictionnaire universel des drogues en 1698, et le Traité de l’antimoine en 1707 dont des procédés d'analyse et autres mesures d'empoisonnement étaient encore usités dans les laboratoires en 1860.

Le mélange de limaille de fer et de soufre, qui réagit vivement au contact de l'eau chaude, porte encore le nom de volcan de Lémery. Parmi ses recherches fructueuses en chimie et en médecine, on lui doit notamment la découverte du fer dans le sang.

 

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